Réforme du Code du travail: de la campagne aux manifestations
Engagement phare du programme présidentiel d'Emmanuel Macron, la réforme du Code du travail par ordonnances a été l'une des...

Réforme du Code du travail: de la campagne aux manifestations

Engagement phare du programme présidentiel d'Emmanuel Macron, la réforme du Code du travail par ordonnances a été l'une des...
Public Sénat

Par Olivier THIBAULT

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Engagement phare du programme présidentiel d'Emmanuel Macron, la réforme du Code du travail par ordonnances a été l'une des premières à être engagées par le gouvernement d'Edouard Philippe.

Rappel des principales dates:

- avril 2017: la promesse d'aller vite -

Le candidat Emmanuel Macron déclare au JDD le 9 avril 2017 : "je souhaite introduire dès l'été un projet de loi d'habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation (...), le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace".

Le président nouvellement élu engage le 23 mai des consultations à l'Élysée avec les responsables syndicaux et patronaux. La concertation se poursuit les jours suivants à Matignon et au ministère du Travail.

- 6 juin: programme et calendrier -

Le calendrier et le programme de la réforme sont présentés le 6 juin par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud: plafonnement des indemnités prud'homales, fusion des instances représentatives du personnel, articulation entre négociations de branche et négociations d'entreprise.

Le projet de loi permettant de réformer le Code du travail par ordonnances est présenté en conseil des ministres le 28 juin. La CGT appelle immédiatement à une journée d'action pour le 12 septembre, tandis que CFDT et FO se montrent plus nuancées et attentistes.

- 10 juillet: à l'assemblée -

La réforme entame son parcours parlementaire le 10 juillet avec l'examen à l'Assemblée du texte sur les futures ordonnances. Aucun suspense sur le vote final grâce à la confortable majorité présidentielle, mais Insoumis et communistes livrent bataille, déposant des motions de rejet.

Les premiers rassemblements contre le projet ont lieu le 13 juillet à Paris et dans d'autres villes, à l'appel des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, le jour où le texte est adopté en première lecture par les députés.

- 2 août: feu vert parlementaire -

Le projet de loi autorisant l'exécutif à réformer le droit du travail par ordonnances est approuvé le 1er août à l'Assemblée et le 2 août au Sénat.

L'ultime round de concertation entre gouvernement et partenaires sociaux sur les ordonnances se déroule le 22 août.

- 31 août: les ordonnances dévoilées -

Les ordonnances sont dévoilées le 31 août: plafonnement des indemnités prud'homales, nouveaux barèmes pour les indemnités de licenciement, ruptures conventionnelles collectives...

Saluée par les organisations patronales mais fraîchement accueillie par les syndicats, cette réforme fait la part belle aux PME, avec l'ambition de leur donner "un droit du travail adapté".

Le texte prévoit notamment la possibilité de négocier des accords directement avec des salariés non élus pour les entreprises de moins de 20 salariés.

- septembre: "fainéants" et manifestants -

"Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes": les propos d'Emmanuel Macron depuis Athènes le 8 septembre font grimper la tension. Edouard Philippe martèle lui que les manifestations ne changeront rien à la réforme.

Le 12 septembre, la mobilisation à l'initiative de la CGT rassemble entre 223.000 (chiffre police) et près de 500.000 personnes (source CGT) dans toute la France.

Les appels à manifester se multiplient: nouvelle journée à l'appel de la CGT prévue le 21, défilé de la France Insoumise le 23 septembre, grève des routiers à partir du 25 à l'appel de FO et de la CGT...

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le

BORDEAUX : second round of mayoral elections
17min

Politique

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.

Le

« Le gouvernement est à l’action », tient à rassurer Sébastien Martin.
4min

Politique

Prix des carburants : « Il n’y a pas de risque de pénurie », déclare Sébastien Martin

En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.

Le