Réforme du code du travail : les syndicats méfiants
Le projet de loi d'habilitation sur les ordonnances sur le code du travail porte notamment sur une barémisation « obligatoire » des indemnités prud'homales ou le recours au CDI de projet. « Le gouvernement ne doit pas nous squeezer. S'il le fait, nous nous mobiliserons » met en garde la CFDT.

Réforme du code du travail : les syndicats méfiants

Le projet de loi d'habilitation sur les ordonnances sur le code du travail porte notamment sur une barémisation « obligatoire » des indemnités prud'homales ou le recours au CDI de projet. « Le gouvernement ne doit pas nous squeezer. S'il le fait, nous nous mobiliserons » met en garde la CFDT.
Public Sénat

Par Public Sénat (avec AFP)

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ça commence à se préciser sur les ordonnances pour réformer le code du travail. Le projet de loi d'habilitation transmis au Conseil d'Etat le 14 juin comporte neuf articles, portant notamment sur des planchers et plafonds « obligatoires » des indemnités prud'homales, une « simplification » du compte pénibilité et le recours au CDI de projet, selon Le Monde. Ce projet d'habilitation à réformer le Code du travail par ordonnances sera examiné en conseil des ministres le 28 juin.

CDI de projet

Selon le quotidien, les articles portent sur la barémisation des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif ; le périmètre pris en compte pour le licenciement économique dans une filiale d'un groupe international serait changé. Une mesure qui avait été retirée de la loi El Khomri. Elle risquait de permettre à un grand groupe de licencier en France tout en faisant des bénéfices à l’international.

Autre article : la réduction du délai de recours contentieux en cas de rupture de contrat ; le CDI de projet ; la simplification du compte pénibilité ; l'élargissement du champ des accords d'entreprise ; la consultation des salariés et l'implantation syndicale ; enfin la fusion des instances représentatives du personnel. Le neuvième article concerne une mesure qui n'est pas liée à la réforme du Code du travail: la retenue à la source.

« Pas acceptable »

Ces nouvelles révélations de la presse ne contribuent pas à rassurer les syndicats, au contraire. « Si ce texte est fondé (…) il reste beaucoup de problèmes majeurs. Par exemple, dans l’articulation des niveaux de négociation, le rôle accordé à l’entreprise est beaucoup trop fort. Il n’est pas acceptable. On veut conserver un rôle important à la branche » réagit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par Public Sénat (voir le sujet vidéo de Stéphane Hamalian).

Aujourd’hui, seul le temps de travail peut être négocié au sein de l’entreprise. Mais le gouvernement veut ouvrir les champs de négociation à d’autres thèmes, sans dire lesquels. « Si c’est par exemple l’organisation du travail, ça ne pose pas de problème. Si ça touche à d’autres thèmes, ça posera problème » met en garde Jean-Claude Mailly.

Le numéro 1 de la CFDT, Laurent Berger, est tout aussi méfiant : « S'il y a des désaccords profonds, nous le dirons car nous sommes libres et engagés », prévient-il. « Le gouvernement ne doit pas nous squeezer. S'il le fait, nous nous mobiliserons ». Il ajoute : « Un pays qui fonctionne bien est un pays qui articule démocratie politique et démocratie sociale ».

« Je ne vais pas me prononcer sur ce document, mais on retrouve effectivement le cadre dans lequel la ministre du Travail veut discuter avec les partenaires sociaux », a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, sur France Inter.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le

Liffre: Matthieu Pigasse at Le Souffle Breton
12min

Politique

Création d'une fondation, Radio Nova, festivals de musique...Revivez les temps forts de l'audition de Matthieu Pigasse au Sénat

Face à la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, ce 11 juin, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse dit assumer son engagement en faveur de la « bataille culturelle », tout en affirmant défendre l'indépendance et l’identité des médias dont il est actionnaire. « Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », a-t-il insisté.

Le