Réforme ferroviaire: terminus au Parlement, la grève se poursuit
Terminus au Parlement pour le toujours contesté projet de réforme ferroviaire, mais la grève se poursuit: l'Assemblée a adopté en dernière...

Réforme ferroviaire: terminus au Parlement, la grève se poursuit

Terminus au Parlement pour le toujours contesté projet de réforme ferroviaire, mais la grève se poursuit: l'Assemblée a adopté en dernière...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Terminus au Parlement pour le toujours contesté projet de réforme ferroviaire, mais la grève se poursuit: l'Assemblée a adopté en dernière lecture le projet de loi mercredi, avant le Sénat jeudi, alors qu'au même moment l'intersyndicale appelait les cheminots à poursuivre la mobilisation, déjà la plus longue depuis trente ans.

Le vote a été acquis à l'Assemblée à une très large majorité de 452 voix contre 80, et 27 abstentions. Le projet de loi "pour un nouveau pacte ferroviaire" prévoit de transformer la SNCF en société anonyme, de fixer le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et de supprimer l'embauche au statut dans l'entreprise historique.

Outre la majorité LREM-MoDem et les UDI-Agir, les trois quarts des LR ont voté pour. Les groupes de gauche (socialistes, communistes et Insoumis) et les élus FN se sont prononcés contre.

La ministre des Transports Elisabeth Borne a assuré avoir "mené cette réforme avec détermination et dans un esprit de dialogue", critiquant ceux cherchant à "nourrir les colères".

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, a lui plaidé sur franceinfo que "la grève avait pour objectif de modifier ou pour certains de rejeter cette loi, cette loi a été adoptée par le Parlement donc oui, cette grève doit s'arrêter".

En forme de baroud d'honneur, les communistes ont défendu une motion de rejet contre un texte qui permettra selon Fabien Roussel de "revendre notre grande entreprise publique à la découpe". La réforme "coûtera des défaites électorales" au pouvoir en place, a lancé l'Insoumis Alexis Corbière.

Egalement contre la réforme, Olivier Faure, numéro un du PS, a accusé le gouvernement d'avoir "tout fait pour attiser les tensions".

Le texte a été retouché depuis trois mois dans les deux chambres, sur fond de concertations avec les syndicats, avec de nouvelles garanties pour les salariés du groupe ferroviaire et un recours moindre qu'annoncé aux ordonnances.

L'adoption définitive jeudi au Sénat, à majorité de droite, ne sera qu'une formalité, après l'accord députés-sénateurs sur une version commune du texte lundi en commission mixte paritaire. La gauche a critiqué "un pacte LR-LREM" au détriment des cheminots.

- Mobilisation le 28 juin -

Grèves à la SNCF
Evolution du pourcentage de grévistes à la SNCF, par catégorie de métier
AFP

S'il a salué des "avancées", Jean-Marie Sermier (LR) a jugé la réforme "loin d'une révolution".

"Transformer la SNCF, beaucoup s'y sont essayés" et "le gouvernement a trouvé un chemin", selon le rapporteur Jean-Baptiste Djebbari (LREM).

Au moment même du vote au Palais Bourbon, l'intersyndicale de la SNCF (CGT, Unsa, SUD, CFDT) a appelé les cheminots à poursuivre la grève et à se mobiliser "massivement" le 28 juin, dernier jour du calendrier fixé pour des arrêts de travail deux jours sur cinq.

La date coïncidera avec un appel des centrales CGT, FO et des organisations de jeunesse UNL et Fidl à une journée de mobilisation avec des "initiatives" sur tout le territoire, pour la défense des étudiants, travailleurs, chômeurs et retraités.

Le secrétaire général de la CGT-cheminots Laurent Brun veut le 28 juin "affirmer que (les agents SNCF) restent déterminés si le gouvernement joue le jeu irresponsable du pourrissement".

Il a aussi prévenu que si la réunion vendredi patronat-syndicats-gouvernement sur la future convention collective du secteur ferroviaire était "improductive, de nouvelles mobilisations seront programmées". Cette convention remplacera le statut des cheminots à partir du 1er janvier 2020 pour les nouveaux embauchés.

La grève s'est poursuivie mercredi pour son 30e jour, avec deux TGV sur trois, trois Transilien sur cinq, un TER ou Intercités sur deux en moyenne, et devrait donc reprendre dimanche. Mais la mobilisation a atteint son niveau le plus bas, avec 12,78% de grévistes recensés dans la matinée par la direction.

S'ajoutant à ces perturbations, une panne "exceptionnelle" de signalisation a paralysé une grande partie de la matinée tout le trafic à la gare de Paris Saint-Lazare, la deuxième gare française en terme de trafic.

Depuis le début de la semaine, les appels à cesser la grève se multiplient. Les syndicats "doivent mesurer leur responsabilité s'agissant de tous ceux qui vont passer le baccalauréat" la semaine prochaine, a lancé Edouard Philippe mardi. "Le gouvernement a pris ses responsabilités, en indiquant que l’État reprendrait 35 milliards d’euros de dette", a plaidé le Premier ministre.

La CFDT-Cheminots (4e syndicat) avait appelé mardi à suspendre le conflit durant la période du baccalauréat (18 au 25 juin inclus), du moins sur les TER et RER. La semaine dernière, l'Unsa-ferroviaire (2e syndicat) avait proposé vainement à l'intersyndicale de "mettre la grève entre parenthèses".

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme ferroviaire: terminus au Parlement, la grève se poursuit
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le