Refus des jauges dans les meetings : « Ce n’est pas être responsable », juge Rachid Temal (PS)
Les jauges ont été rétablies pour les rassemblements. Mais, elles ne peuvent concerner les meetings politiques conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel. D’eux-mêmes, certains partis comme LREM, le PS ou LR ont décidé d’instaurer des jauges et/ou la présentation du passe sanitaire. D’autres partis s’y refusent.

Refus des jauges dans les meetings : « Ce n’est pas être responsable », juge Rachid Temal (PS)

Les jauges ont été rétablies pour les rassemblements. Mais, elles ne peuvent concerner les meetings politiques conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel. D’eux-mêmes, certains partis comme LREM, le PS ou LR ont décidé d’instaurer des jauges et/ou la présentation du passe sanitaire. D’autres partis s’y refusent.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

La France a dépassé, mercredi, le seuil des 200 000 cas de contamination par jour. Une flambée épidémique fulgurante qui a poussé le gouvernement à prendre de nouvelles mesures sanitaires. Parmi elles : le rétablissement des jauges pour les rassemblements.

Ces jauges ne peuvent, cependant, pas concerner les meetings politiques alors que la campagne présidentielle repartira de plus belle à la rentrée. Le Conseil constitutionnel s’est prononcé contre une telle disposition à deux reprises. Il juge que les activités politiques (mais aussi syndicales et cultuelles) sont exclues du champ du passe sanitaire dans la mesure où elles relèvent « du droit d’expression collective des idées et des opinions ».

L’exception faite pour les meetings politiques a soulevé l’indignation de certains artistes dont les concerts sont reportés. Certains partis politiques ont toutefois décidé, d’eux-mêmes, d’établir des règles sanitaires. Il en va ainsi du parti de la majorité présidentielle, du Parti socialiste, des Républicains et d’Europe-Ecologie-Les-Verts qui instaureront des jauges pour leurs réunions publiques.

Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon se positionnent contre les jauges dans leurs meetings

La France insoumise, le Rassemblement national se refusent, eux, à limiter le nombre de participants. Une position identique pour Éric Zemmour. Le directeur national des événements du candidat d’extrême droite argue, auprès de l’AFP, que « le Conseil constitutionnel a été très clair là-dessus : masque obligatoire et passe sanitaire recommandés ». « Plus il y a de monde, mieux ce sera » sur le plan électoral, ajoute aussi Olivier Ubéda.

« Ce n’est pas être responsable », juge le sénateur socialiste, Rachid Temal. « La campagne électorale doit être menée, même en cette période de crise sanitaire. La démocratie ne peut pas être mise en suspens », insiste le sénateur du Val-d’Oise. Seulement, « il faut être exemplaire ».

« Éric Zemmour et Marine Le Pen flirtent avec le complotisme et Jean-Luc Mélenchon a quitté le domaine de la raison »

Pour Rachid Temal, la décision d’instituer des règles sanitaires dans les réunions publiques est « normale et saine » puisqu’elle vise à assurer la sécurité sanitaire des sympathisants ». A contrario, les réticences des autres partis « démontrent le niveau de ces candidats ». « Éric Zemmour et Marine Le Pen flirtent avec le complotisme et Jean-Luc Mélenchon a quitté le domaine de la raison », tacle l’élu du Val-d’Oise.

Lors de l’examen du projet de loi relatif au passe vaccinal, un amendement en ce sens du député LR, Guillaume Larrivé, a été adopté hier. Il vise à permettre aux organisateurs de soumettre l’entrée de leurs meetings politiques au passe sanitaire (et non vaccinal). Le député LR a, par contre, échoué sur la mise en place des jauges pour ces réunions publiques.

Jauges dans les meetings : « Cette mesure me semble une réponse proportionnée »

René-Paul Savary, sénateur LR de la Marne, espère que cet amendement survivra au Conseil constitutionnel. « Vu les circonstances, cette mesure me semble une réponse proportionnée. Elle permettra également de mettre les candidats sur un pied d’égalité », estime le sénateur LR.

Tout comme son collègue socialiste, René-Paul Savary juge qu’il est indispensable de pouvoir « concilier le débat électoral et la sécurité sanitaire ». Les mesures anticipées de certains partis relèvent pour lui d’une « attitude responsable et républicaine ».

Au Sénat, le débat risque d’être tendu pendant l’examen du texte les 5 et 6 janvier, notamment avec les quelques parlementaires qui s’opposent à l’existence même du passe sanitaire. Le sénateur centriste, Loïc Hervé, est sur cette ligne et le justifie, entre autres, parce que le passe n’empêche pas complètement la transmission du virus.

Le rôle des médias dans la campagne présidentielle

Les médias auront un rôle à jouer affirme Rachid Temal : « Là, où il y a un vrai sujet, c’est sur la présence d’émissions politiques renforcées sur le service public et même sur les chaînes privées ». Et d’évoquer la récente mise en demeure adressée par le CSA à Cnews. Le gendarme de l’audiovisuel reprochait à la chaîne du groupe Bolloré d'avoir relégué aux horaires de nuit la parole du gouvernement et celle de la France insoumise.

« Plus que jamais, il faut que chacun soit responsable », prévient le sénateur socialiste. Lui reste tout de même optimiste et convoque l’exemple de la campagne américaine qui a abouti à la victoire de Joe Biden, « Il a fait des grandes réunions publiques en distanciel et il a gagné ». Un exemple qui fait forcément rêver.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le