Régionales dans le Grand Est : la droite veut incarner l’union pour distancer le Rassemblement national
Alors que le président sortant de la région Grand-Est Jean Rottner vient d’officialiser sa candidature à sa succession, il devra mener une campagne offensive contre le Rassemblement national, qui caracole en tête des sondages, si bien que certains élus plaident en faveur d’un rapprochement avec la liste de la majorité présidentielle, portée par Brigitte Klinkert.

Régionales dans le Grand Est : la droite veut incarner l’union pour distancer le Rassemblement national

Alors que le président sortant de la région Grand-Est Jean Rottner vient d’officialiser sa candidature à sa succession, il devra mener une campagne offensive contre le Rassemblement national, qui caracole en tête des sondages, si bien que certains élus plaident en faveur d’un rapprochement avec la liste de la majorité présidentielle, portée par Brigitte Klinkert.
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Les lignes bougent dans la région Grand-Est. A quelques semaines des élections régionales, qui doivent se tenir les 20 et 27 juin, le président de la région Grand-Est, Jean Rottner, s’est officiellement déclaré candidat à sa succession, dans une interview accordée aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA). Au quotidien régional, l’élu Les Républicains explique vouloir faire de la région, particulièrement éprouvée par l’épidémie de Covid-19, « le quartier général de la relance », en axant son projet sur l’emploi et la sécurité. Si Jean Rottner se présente à la tête d’une liste d’union de la droite et du centre, il se dit aussi résolument Républicain. « C’est tout à fait légitime qu’il revendique un nouveau mandat », soutient le sénateur Les Républicains René-Paul Savary. « Le bilan régional me semble positif dans un certain nombre de domaines : il a mutualisé ce qui pouvait l’être, avec notamment le dossier de l’installation de la fibre optique, ou le transport scolaire. J’apporte mon soutien entier à Jean Rottner. »

« Nous repartons avec l’ambition d’y aller haut-les-cœurs et d’arriver à reconduire un deuxième mandat », espère la sénatrice Véronique Guillotin, troisième sur la liste menée par Jean Rottner. « Il y a eu des actions très marquantes sur ce Grand-Est, qui réunit trois régions qui n’avaient, de base, pas envie de se marier, mais nous avons malgré tout réussi à commencer à exploiter le potentiel qu’offre cette grande et stratégique région qu’est le Grand-Est. » Pour autant, certains membres de sa famille politique reprochent à Jean Rottner son changement de position vis-à-vis de la région Grand-Est. « Je ne soutiens en aucun cas Jean Rottner aux élections régionales. Je ne peux pas soutenir une liste qui vise simplement à maintenir la politique mise en œuvre à l’heure actuelle », soutenait auprès de Public Sénat le sénateur du Bas-Rhin André Reichardt apparenté LR, qui qualifie d’ « ineptie » la région Grand-Est.

« Notre ligne est celle du rassemblement »

Régionales : "Il faut un rassemblement dans le respect des projets" estime Jean Hingray
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« Notre ligne est celle du rassemblement », se défend Véronique Guillotin. « On ne cherche pas à diviser. Jean Rottner avait affirmé qu’il n’était pas favorable à cette grande région, pour autant il faut respecter cette décision dans un esprit républicain, et avancer dans ce sens. » « On ne va pas remettre en cause l’unité régionale, on perdrait du temps à détruire ce qu’on a construit, ça ne me parait pas la demande de nos concitoyens. Il faut faire avec, je suis partisan de ne pas la démanteler, de lui donner sa chance pour qu’elle se développe », abonde René-Paul Savary. D’autant que le président sortant, pressenti pour conserver son poste, devra mener campagne contre son principal adversaire Laurent Jacobelli, tête de liste du Rassemblement national.

Selon un sondage du 20 avril, mené par Harris Interactive et commandé par Europe Ecologie-Les Verts, ce dernier arriverait en tête, avec 28 % des intentions de vote, talonné par Jean Rottner, crédité de 24 %, devant la liste de la majorité présidentielle (18 %), menée par la ministre Brigitte Klinkert. La gauche, quant à elle, se présente dispersée sur la ligne de départ, divisée entre, d’une part, une liste conduite par Eliane Romani, créditée de 16 % des intentions de vote et soutenue par Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste et le Parti communiste, et d’autre part, une liste portée par Aurélie Filippetti et soutenue par La France insoumise, Génération. S et le Parti radical de gauche, créditée de 10 % des intentions de vote.

« Il n’y aura pas d’union avec LREM »

Régionales dans le Grand Est : "Jean Rottner est l'homme de la situation" affirme Claude Kern
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« Cela fait des années que le Rassemblement national ne cesse de monter », réagit le sénateur des Vosges Jean Hingray (Union centriste) au micro de Public Sénat. « Les politiques que nous sommes doivent aussi se poser les bonnes questions. Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, et affronter les problèmes d’immigration, d’emploi et d’insécurité. Le vote RN est plutôt un vote de défiance des citoyens contre le pouvoir en place qui ne les associe pas aux décisions. Il y a un écart qui se creuse entre les politiques et les citoyens », estime l’élu centriste.

Et, pour faire barrage au Rassemblement national, certains militent pour une union entre la liste de la majorité présidentielle et celle de Jean Rottner. « C’est à eux de le décider », affirme Jean Hingray. « On a vu en région Paca, une alliance entre LREM et LR avec Renaud Muselier (voir les derniers développements ici). Je pense qu’il faut un rassemblement large des sensibilités aussi dans le respect des projets. » Un constat que tous les élus de la région ne partagent pas. « Pour moi Jean Rottner est l’homme de la situation pour renforcer la région Grand Est », affirme le sénateur Claude Kern. « Contrairement à Brigitte Klinkert, il n’est inféodé à personne, c’est ce qui fait sa force. Sa liste est une liste d’ouverture, avec les centristes, les Républicains, des élus du Modem et de la société civile. Il n’y aura pas d’union avec LREM, car Jean Rottner est un homme de conviction, qui défendra ses convictions », assure l’élu.

 

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