Régis Debray, Laurent Gaudé… À la recherche d’un idéal européen
À quelques semaines d’un scrutin majeur, l’Europe - une utopie qu’il faut enterrer ou réanimer ? - au cœur de cette édition de Livres et Vous.On la dit fracturée, désincarnée, elle inquiète, elle déçoit mais toujours elle inspire les écrivains, les poètes et nos invités : l’inclassable Régis Debray, que l’on découvre ici lecteur passionné de Paul Valéry, un amoureux européen déçu, et l’iconoclaste Laurent Gaudé, auteur d’une ode à ce continent né de l’épopée et de l’oubli.

Régis Debray, Laurent Gaudé… À la recherche d’un idéal européen

À quelques semaines d’un scrutin majeur, l’Europe - une utopie qu’il faut enterrer ou réanimer ? - au cœur de cette édition de Livres et Vous.On la dit fracturée, désincarnée, elle inquiète, elle déçoit mais toujours elle inspire les écrivains, les poètes et nos invités : l’inclassable Régis Debray, que l’on découvre ici lecteur passionné de Paul Valéry, un amoureux européen déçu, et l’iconoclaste Laurent Gaudé, auteur d’une ode à ce continent né de l’épopée et de l’oubli.
Public Sénat

Par Soumaya Benaissa

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3 min

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Mis à jour le

La poésie comme un refuge

Passé des révolutions aux désillusions, le philosophe Régis Debray, que l’on présente souvent comme un démystificateur, tant rares sont les sujets qui échappent à sa plume incisive, nous raconte la puissance de la poésie… Un refuge : En période de captivité les poètes « viennent à nous » … Et c’est ainsi que renaît à lui, Paul Valéry.

Livres & vous, Régis Debray à propos de Paul Valery qu’il découvre alors qu’il est en prison en Bolivie
01:31

La poésie comme une alerte

 Avec Debray, ce Valéry « une montagne qu’on peut gravir par plusieurs faces » qu’il souhaite « décongeler », devient un lanceur d’alerte, un poète visionnaire qui a pressenti la mondialisation, l’avènement des technocraties et d’une certaine manière « la déliquescence de l’Europe ».

Livres & vous, Qui était Paul Valery pour Régis Debray ?
01:04
Livres & vous, Régis Debray, la vision visionnaire de Paul Valery
01:29

La poésie pour une Europe déjà « sortie de l’histoire »

Son intuition d’une Europe « finie » en 1945, déjà « sortie de l’histoire » est entérinée par l’ancien conseiller de François Mitterrand dans un court essai « L’Europe fantôme » dont on ne pourrait lire qu’une seule phrase pour en traduire l’idée :

« Au Ve siècle, on attendait le Christ, c’est l’Église qui est venue. Au XXe, on attendait Érasme, c’est M. Moscovici qui est arrivé. (...) »

Livres & vous, Régis Debray, L’Europe d’Erasme à Pierre Moscovici
01:13

La poésie pour nourrir le désir européen

Engagé en faveur de l’idéal européen, le romancier et dramaturge mais aussi poète, Laurent Gaudé relate quant à lui un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’espoirs et d’enthousiasme ! Une véritable épopée politique sous forme d’un long poème en vers libres. Il fait le pari de ce genre littéraire pour nourrir le désir européen. 

Livres & vous, pour Laurent Gaudé, la poésie peut porter la voix de l’Europe
01:02
Livres & vous, pour Laurent Gaudé, il faut nourrir le désir européen chez les électeurs
01:32

 Ainsi les deux auteurs se font l’écho d’un manque, celui d’un sentiment d’appartenance fort…

Livres & vous, pour Laurent Gaudé, ce qu’il manque dans le projet européen c’est l’idée de la « plus grande patrie »
02:22


… Et finalement d’un désir sans cesse renouvelé.

 

 

 

 

 

 

 

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A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». 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