Règlement du Sénat : pas de suite automatique pour les pétitions citoyennes
La commission des lois a adopté le projet de réforme du règlement du Sénat. Elle a confirmé qu’il ne devait y avoir aucune automaticité pour les suites à donner aux pétitions adressées au Sénat, lorsqu’un seuil de signatures est atteint.

Règlement du Sénat : pas de suite automatique pour les pétitions citoyennes

La commission des lois a adopté le projet de réforme du règlement du Sénat. Elle a confirmé qu’il ne devait y avoir aucune automaticité pour les suites à donner aux pétitions adressées au Sénat, lorsqu’un seuil de signatures est atteint.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

La proposition de résolution « visant à améliorer le suivi des ordonnances, rénover le droit de pétition, renforcer les pouvoirs de contrôle du Sénat, mieux utiliser le temps de séance publique et renforcer la parité » a passé sans difficultés l’étape de l’examen en commission des lois, ce 26 mai. Ce projet de réforme du règlement, déposé par le président du Sénat Gérard Larcher, reprend les conclusions d’un groupe de travail de décembre 2020 à mars 2021 (relire notre article).

Après avoir approuvé cette démarche et ces dispositions, en y apportant quelques précisions, la commission des lois a souligné ce mercredi que « la majeure partie » des points de la réforme faisait « consensus parmi les groupes politiques ». Ce sont principalement les modalités relatives à la réception des pétitions adressées au Sénat et à l’expression des sénateurs en séance publique font partie des points de friction, dans les groupes de gauche.

Concernant les pétitions d’origine citoyenne destinées à déclencher une action parlementaire au Sénat, la commission des lois a confirmé le principe de non-automaticité lorsque le seuil d’une pétition est franchi. Elle a voulu « préserver en dernier ressort le pouvoir d’appréciation des instances du Sénat ». Un amendement du rapporteur François-Noël Buffet (LR), adopté, a clarifié la répartition des compétences entre elles. Le Bureau du Sénat sera chargé de fixer les règles de recevabilité, de caducité ou de publicité des pétitions, quand la Conférence des présidents (l’instance où est arrêté l’agenda parlementaire) sera la « seule juge de l’opportunité des suites » à donner aux pétitions.

Un amendement du groupe socialiste (non adopté) aurait souhaité que la commission compétence s’en charge à sa place : la Conférence des présidents se serait limitée à vérifier la recevabilité d’une pétition. Les communistes ont tenté, en vain, de permettre un examen « le plus large » des pétitions atteignant le seuil nécessaire, en précisant que seule une majorité des 4/5e en Conférence des présidents pourrait s’opposer.

Accord nécessaire du président de la commission des lois pour la formation d’une commission d’enquête quand le Sénat ne siège pas

Le reste des amendements adoptés, déposés par le rapporteur François-Noël Buffet, sont principalement des amendements de précision rédactionnelle. L’article 6 du projet de réforme prévoyait, sauf opposition d’un président de groupe de commission ou de groupe, l’approbation tacite par le Sénat de l’attribution des prérogatives de commission d’enquête à une commission permanente ou spéciale lorsque le Sénat ne siège pas. François-Noël Buffet, à la tête de la commission des lois, a fait écrire noir sur blanc qu’il reviendrait au président de la commission des lois d’examiner la conformité de cette demande, après consultation de ses membres. L’idée étant de s’assurer du bon respect de l’ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des commissions d’enquête.

Une autre modification de la proposition de résolution, sous l’impulsion du rapporteur, a davantage précisé les modalités de transmission par le gouvernement du calendrier de publication des ordonnances, autre volet important de la réforme du règlement du Sénat. Celle-ci devra couvrir les publications attendues pour un semestre.

En revanche, l’amendement du sénateur LR Rémy Pointeau, demandant à la fin de chaque session ordinaire, un rapport de suivi des questions écrites, n’a pas été adopté. « On compte ainsi, au 4 mars 2021, pas moins de 3 868 questions en souffrance, dont près de 1 000 remontent à 2019 ! On est donc très loin du délai de 2 mois fixé par notre règlement », faisait valoir le questeur.

Pas de publicité des travaux de commission

Sur d’autres sujets, certaines propositions du groupe socialiste ont aussi été rejetées. Il souhaitait par exemple graver dans le marbre du règlement deux « gentlemen’s agreements » ou règles d’usage en cours. Il s’agit du fait pour un groupe, à l’origine de l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi, d’obtenir aussi la fonction de rapporteur pour ce texte. La règle – tacite – de la présidence de la commission des finances qui doit revenir à un groupe d’opposition, était la seconde concernée. Le groupe socialiste demandait également à faire de la publicité des travaux des commissions le « principe d’organisation » des travaux sénatoriaux, avec une possibilité de déroger à la règle. L’amendement n’a pas été adopté.

La proposition de résolution du règlement sera débattue en séance publique le 1er juin. Ses modalités devraient entrer en vigueur le 1er octobre si le texte est adopté et validé ensuite par le Conseil constitutionnel.

Partager cet article

Dans la même thématique

Règlement du Sénat : pas de suite automatique pour les pétitions citoyennes
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Règlement du Sénat : pas de suite automatique pour les pétitions citoyennes
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le