Paris: Emmanuel Macron Receives President Of Guinea-Bissau Umaro Sissoco Embalo
French President Emmanuel Macron awaits the President of Guinea-Bissau Umaro Sissoco Embalo at the Elysee Palace in Paris, FRANCE - 09/12/2024.//JEE_gbissau.04/Credit:J.E.E/SIPA/2412091941

« Réguler les égos » : comment Emmanuel Macron conçoit son rôle dans son camp

Au moment où le chef de l’Etat s’apprête à nommer un nouveau premier ministre, Emmanuel Macron a reçu ce mercredi à déjeuner les sénateurs Renaissance, à l’Elysée. Une rencontre prévue de longue date. L’occasion d’évoquer les collectivités, mais aussi les « 30 mois à venir » et les appétits pour 2027…
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Je l’ai trouvé très en forme, très déterminé ». C’est un Emmanuel Macron visiblement requinqué, et de retour pour un temps au centre du jeu, qui a reçu les sénateurs du groupe RDPI (Renaissance) à déjeuner, ce mercredi, à l’Elysée. Un déjeuner prévu de longue date, sans lien avec la situation politique actuelle. Une « discussion à bâtons rompus », où le chef de l’Etat n’a néanmoins pas révélé le nom de son prochain premier ministre. Pour cela, il faudra a priori attendre demain.

Il s’est peu étendu sur les discussions en cours pour constituer un éventuel pacte de non-censure. « Il pense qu’on a obtenu hier un accord des communistes, et même d’Olivier Faure pour le PS », glisse un participant. Comme évoqué la veille devant les responsables des partis politiques, il a répété son souhait de ne pas dissoudre d’ici la fin de son quinquennat. « C’est clair qu’il n’a pas envie de dissoudre dans les 30 mois à venir », selon l’un des participants, tout en se justifiant à nouveau sur sa décision mal comprise de juin dernier.

« Beaucoup d’arrière-pensées »

S’il n’a pas donné le nom de la personne qui va occuper Matignon, il a en revanche évoqué l’avenir, au détour d’une réponse. Celui de sa famille politique, du bloc central, où les prétendants à sa succession se bousculent déjà en vue de 2027, le chef de l’Etat ne pouvant se représenter. « Il a dit que son rôle était de « réguler les égos » », rapportent des sénateurs, avec l’idée que le « bloc central soit solide » pour éviter un second tour Mélenchon/Le Pen à la prochaine présidentielle. Autrement dit, ne pas se diviser. « Il y a beaucoup d’arrière-pensées. Beaucoup ont dans le viseur l’échéance présidentielle. Il estime que c‘est trop tôt, que tous ceux qui se voient déjà candidat, ne le seront probablement pas en 2027 », ajoute l’un des convives.

Alors que le projet de loi spécial vient d’être présenté en Conseil des ministres, il a affirmé que « ce sera le ou la premier(e) ministre qui sera chargé de faire un budget ». Précision utile : « Il a dit qu’il fallait trouver des pistes d’économies, mais pas par l’impôt », à une exception près : « Il n’est pas contre un prélèvement sur les très hauts revenus ».

« Le pays a besoin de stabilité »

Point encore évoqué par Emmanuel Macron : « Il a dit que le pays avait besoin de stabilité, notamment pour les acteurs économiques, considérant que la politique de l’offre avait réussi, qu’elle ne doit pas être remise en cause. Il dit qu’il faut « garder les curseurs » », rapporte un sénateur du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, alors que la gauche attend une main tendue du bloc central, pour permettre de s’entendre a minima sur une non-censure.

Outre l’aide de la France en Ukraine ou les questions relatives aux territoires ultramarins – 10 des 20 sénateurs du groupe RDPI sont élus d’Outre-Mer – les sénateurs ont évidemment questionné le chef de l’Etat sur les collectivités. « Il a dit que le rapport Woerth et Ravignon étaient une bonne base de départ pour engager enfin une vraie décentralisation », selon l’un des convives.

Emmanuel Macron « pas favorable » à un nouvel impôt local, selon les sénateurs

La suppression de la taxe d’habitation, réforme d’Emmanuel Macron, a aussi été ajoutée au menu par les sénateurs. Alors qu’elle bénéficiait aux collectivités, la question du retour d’une forme d’impôt local a fait de nouveau débat ces dernières semaines. Sur ce point, « il n’y est pas favorable », soutient un sénateur RDPI, « mais il a abordé la piste autour de la CSG ou la CRDS », dont une part pourrait être reversée aux collectivités, pour recréer ce lien entre les citoyens et les collectivités.

Les sénateurs sont ressortis convaincus de leur déjeuner. « Si le Président faisait ça à la télé, il reconquerrait tout le monde ! La spontanéité de l’entretien lui donnait une valeur persuasive » s’enthousiasme un sénateur Renaissance. Une autre semble ravie : « Ça nous a fait un grand bien de nous revoir ». Emmanuel Macron a au moins son fan club au Sénat.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le