« Les Français veulent la réindustrialisation souveraine, mais leurs enfants n’ont pas envie de travailler dans l’industrie. Donc l’immigration de travail est probablement indispensable. Ensuite, il faut pouvoir la choisir », a-t-il déclaré. Invité de Bonjour chez vous, il assume cette position dans un contexte politique marqué par la montée de l’extrême droite et les débats récurrents sur la réduction des flux migratoires.
Pour illustrer son propos, Nicolas Dufourcq a évoqué des situations concrètes observées sur le terrain. « Quand on visite les usines automobiles de Stellantis à Sochaux, on compte 57 nationalités. Quand je rentre chez moi en Bretagne et que je regarde dans les champs, qui ramasse les cocos de Paimpol ? Ce sont des Sénégalais », a-t-il souligné, avant de conclure : « Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. L’immigration de travail est inévitable. »
« Un tiers disent avoir besoin de l’immigration de travail »
Du côté des entreprises, le constat apparaît toutefois plus nuancé. Selon le patron de la banque publique d’investissement, les enquêtes menées auprès de plusieurs milliers d’entrepreneurs montrent un paysage contrasté : « Un tiers disent avoir besoin de l’immigration de travail, et un tiers disent avoir été déçus, notamment par la qualité, et ne souhaitent pas y recourir à nouveau. C’est donc très partagé. »
Ces déclarations font écho à des travaux académiques récents. Présenté mardi 27 janvier, un ouvrage du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) dresse une synthèse de cinquante années de recherches consacrées aux effets de l’immigration sur le marché du travail. Les auteurs y concluent que si l’immigration entraîne une hausse de la population active, elle n’a pas d’effet significatif sur la rémunération des travailleurs nationaux. Cette absence d’impact s’expliquerait par les spécificités du marché du travail français, où les mécanismes classiques de l’offre et de la demande fonctionnent de manière imparfaite.