Rejet du budget : « Les sénateurs ne voulaient pas dire quelles dépenses il ne fallait pas faire », tacle Laurent Saint-Martin
Alors que les sénateurs LR ont rejeté le budget 2022, le rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale était invité de la matinale de Public Sénat. Laurent Saint-Martin a défendu le budget 2022 présenté par la majorité présidentielle, ainsi que le « sérieux budgétaire » du quinquennat face à des LR « en campagne interne. »

Rejet du budget : « Les sénateurs ne voulaient pas dire quelles dépenses il ne fallait pas faire », tacle Laurent Saint-Martin

Alors que les sénateurs LR ont rejeté le budget 2022, le rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale était invité de la matinale de Public Sénat. Laurent Saint-Martin a défendu le budget 2022 présenté par la majorité présidentielle, ainsi que le « sérieux budgétaire » du quinquennat face à des LR « en campagne interne. »
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un peu son budget que les LR ont rejeté ce mardi. Après avoir passé plusieurs semaines à construire ce projet de loi de finances (PLF) pour 2022 à l’Assemblée nationale, Laurent Saint-Martin a donc vu sa proposition rejetée  après seulement quelques heures d’examen par une droite sénatoriale qui ne semblait pas très encline à amender son travail. Face au refus du groupe centriste de rejeter le budget d’emblée, les sénateurs du groupe LR ont en effet simplement laisser passer l’examen de la première partie du budget sur les dépenses en quelques jours et l’ont finalement rejeté.  

>> Pour plus de détails sur le rejet du budget au Sénat : Le Sénat rejette le budget 2022 pour dénoncer la « folie dépensière » du gouvernement

Le député (LREM) du Val-de-Marne ne semble pas l’avoir pris personnellement, et y voit plutôt une manœuvre du groupe LR « en campagne interne », qui affiche une « rigueur budgétaire » de façade, sans vouloir discuter des dépenses à réduire : « Les sénateurs ne veulent pas nous dire quelles dépenses il ne fallait pas faire. C’est toujours la même chose, les LR, qui sont en campagne interne, nous disent qu’on dépense trop. Je leur réponds ‘citez-moi une ligne budgétaire dont vous diminueriez le montant’. Silence radio. Parce qu’ils savent très bien qu’il faut augmenter le budget de la justice, de la sécurité, de mieux rémunérer nos soignants et nos professeurs. Et pour ne pas se dédire, il est plutôt commode de vouloir débattre de la partie dépense. »

Dette : « Je ne suis pas inquiet, mais je suis vigilant »

Mais la majorité avait tout de même formulé quelques propositions, sur l’indemnité-inflation notamment, en ciblant un nombre de bénéficiaires plus réduits, mais en en augmentant le montant de 100 à 150 euros. Le coût affiché de la mesure diminuerait ainsi de 3,8 à 1,5 milliards d’euros. Pour le coup, ce serait contre la philosophie de la mesure pour Laurent Saint-Martin, qui se félicite que l’Assemblée nationale ait rétabli le dispositif du gouvernement : « Seuls 8 millions de Français auraient été bénéficiaires dans la version du Sénat. Là encore, halte à l’hypocrisie. On ne peut pas dire au début de l’automne, qu’il faut vite réagir face à l’inflation et quand nous le faisons, nous dire que c’est mal ciblé. Ce n’est pas sérieux. » Face à la critique sur le coût important de la mesure, le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale assume : « C’est un coût important pour la collectivité, mais nous l’avons jugé nécessaire. Ce n’est pas un problème pour la dette, c’est une réaction transitoire et exceptionnelle à un choc conjoncturel dû à la reprise économique dans le monde. »

Plus généralement, Laurent Saint-Martin se montre confiant sur la politique budgétaire du gouvernement et sa gestion du déficit public : « La signature française sur les marchés est excellente et la dette est soutenable. Je ne suis pas inquiet, mais je suis vigilant. Si les prochains gouvernements ne savent pas montrer un sérieux budgétaire, alors la dette pourra devenir une inquiétude à terme. » Avant d’en tirer une conclusion bien commode pour le député LREM : « Il faut laisser ceux qui savent maintenir le sérieux budgétaire aux responsabilités. »

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le

Liffre: Matthieu Pigasse at Le Souffle Breton
12min

Politique

Création d'une fondation, Radio Nova, festivals de musique...Revivez les temps forts de l'audition de Matthieu Pigasse au Sénat

Face à la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, ce 11 juin, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse dit assumer son engagement en faveur de la « bataille culturelle », tout en affirmant défendre l'indépendance et l’identité des médias dont il est actionnaire. « Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », a-t-il insisté.

Le

Pierre-Yves Bournazel Holds Major Campaign Rally in Paris
8min

Politique

Présidentielle 2027 : « Le comité de liaison a acté qu’il y avait sur la primaire un désaccord entre Edouard Philippe et Gabriel Attal »

Le comité de liaison du bloc central, qui réunit Horizons, Renaissance, Modem, UDI et Parti radical, ne suit pas Gabriel Attal, qui n’écarte pas de recourir à une primaire, début 2027, pour départager les candidats. « Très majoritairement, cette idée de primaire a été plutôt mise de côté », confie un membre du conclave, qui s’est réuni ce mercredi à la questure du Sénat. Prochaines réunions : en juillet, puis les mois suivants.

Le