Rejet du CETA par le Sénat : « On a coupé la parole à ceux qui n’étaient pas d’accord », s’insurge Claude Malhuret

A la sortie d’une séance houleuse lors de laquelle le Sénat a rejeté le CETA, le président du groupe les Indépendants-République et Territoire, Claude Malhuret a fortement déploré le recours à l’article 38 du règlement demandé par le groupe LR pour clôturer les explications de vote.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Examiné dans la niche parlementaire des communistes, l’examen de l’accord économique et commercial global signé entre l’Union européenne et le Canada (CETA) se faisait dans un temps limité de 4 heures. Dans la crainte de voir l’examen ne pas arriver à son terme et donc que le Sénat n’ait pas le temps de rejeter le texte, Bruno Retailleau le président du groupe LR, a décidé de dégainer l’article 38 du règlement afin de mettre un terme aux explications de vote en dénonçant une volonté manifeste « d’obstruction » des sénateurs Renaissances, Indépendants mais aussi d’une bonne partie de ses alliés traditionnels, les centristes. En effet, la majorité sénatoriale était divisée. Les sénateurs communistes, écologistes, socialistes et une majorité des LR ont permis le rejet à une large majorité du CETA.

Dénonçant un débat « escamoté » les sénateurs Les indépendants et centristes avaient quitté la séance avant la fin de l’examen. Après avoir rejeté l’article 1 sur le volet économique de l’accord, le Sénat a toutefois adopté l’article 2 sur le volet de partenariat stratégique entre l’Union européenne et le Canada. « C’est une manière hypocrite de dire qu’on n’arrête pas le traité mais en fait on l’arrête complètement », a dénoncé Claude Malhuret, le président du groupe Les Indépendants à la sortie de l’hémicycle.

En ce qui concerne le recours à l’article 38, Claude Malhuret rappelle que « le Parlement s’est fait pour parler. On nous enlève la parole en plein milieu du débat sans qu’on ait fait la moindre obstruction. On n’a même pas déposé d’amendements qui auraient pu retarder la discussion », s’insurge le sénateur avant d’ajouter :

Je ne comprends pas pourquoi Bruno Retailleau a perdu ses nerfs

Claude Malhuret estime que le débat « était escamoté » dès le départ par l’utilisation d’une niche parlementaire pour examiner le texte. « Si on doit discuter d’un traité fondamental comme le CETA, ce n’est pas dans une niche parlementaire parfaitement limitée pour qu’on peut le faire […] Et comme on n’était pas sûr à 99 % que l’escamotage pouvait aller jusqu’au bout, on a décidé de couper la parole à ceux qui n’étaient pas d’accord. Ça ne rehausse pas l’image du Sénat, c’est le moins qu’on puisse dire ».

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Gare SNCF Toulouse MATABIAU
7min

Politique

« Rien n’a été prévu » : un rapport du Sénat dresse un bilan sévère sur l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence

Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.

Le

International Women’s Day – Demonstration – Lyon
6min

Politique

Masculinisme : « Le mode de radicalisation est exactement le même que lorsqu'on radicalisait des gens pour les faire partir en Syrie », alerte Dominique Vérien

Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ». Après sept mois d’enquête, elles décrivent un mouvement politique structuré, alimenté par les réseaux sociaux, qui menace l’égalité entre les femmes et les hommes et constitue, selon elles, un risque croissant pour « la démocratie ».

Le