Relance de l’économie : le Sénat vote le déblocage de l’épargne salariale
Les sénateurs ont adopté, contre l'avis du gouvernement, un amendement au troisième budget rectifié qui vise à autoriser les salariés à débloquer, de façon exceptionnelle et temporaire, leur épargne salariale, afin de favoriser les investissements des ménages dans la transition écologique.

Relance de l’économie : le Sénat vote le déblocage de l’épargne salariale

Les sénateurs ont adopté, contre l'avis du gouvernement, un amendement au troisième budget rectifié qui vise à autoriser les salariés à débloquer, de façon exceptionnelle et temporaire, leur épargne salariale, afin de favoriser les investissements des ménages dans la transition écologique.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En 2019, l’encours de l’épargne salariale en France représentait près de 140 milliards d’euros. Une somme conséquente qui pourrait constituer, selon les sénateurs, un levier supplémentaire pour stimuler la consommation et accompagner le rebond économique, après la chute d’activité historique entraînée par le coronavirus. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, le Sénat a adopté un amendement au troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR 3) qui autorise les salariés à débloquer de manière anticipée les sommes dont ils bénéficient au titre de la participation et de l’intéressement, afin de favoriser la relance économique. Les demandes pourraient se faire avant le 31 décembre 2020, et les sommes seraient exonérées d’impôt sur le revenu.

Actuellement, il faut rappeler que les salariés qui n’optent pour le versement immédiat de leur épargne salariale sont tenus d’attendre au minimum cinq années avant de pouvoir la débloquer. Quelques cas sont prévus pour un retrait anticipé mais ils sont restreints : mariage, Pacs, naissance, acquisition de la résidence principale ou encore licenciement.

Comme pour le déblocage de l’épargne retraite des indépendants, permis par l’article 4 du projet de loi, le montant pouvant être débloqué sera toutefois plafonné à 8000 euros. Le déblocage anticipé de l’épargne salariale est aussi conditionné à l’achat d’un véhicule électrique, hybride ou à faibles émissions de CO2, ou encore à des travaux de rénovation énergétique dans la résidence principale.

Le rapporteur général de la commission des finances, Albéric de Montgolfier (LR), a défendu une « mesure qui a fait la preuve de son efficacité par le passé ». Sa proposition n’a pas reçu le soutien du gouvernement. Le ministre chargé des comptes publics, Olivier Dussopt, a évoqué le « risque » qui pouvait peser sur le financement de l’économie, car 60 % de l’épargne salariale est constituée de placements en actions. Il a cependant reconnu que les conditions posées par l’amendement étaient des « pistes intéressantes », mais que leur contrôle pouvait également poser des « difficultés ». « Comment fait-on aujourd'hui ? » a répliqué le rapporteur.

Examiné durant tout ce week-end, le projet de loi doit faire l’objet d’une commission mixte paritaire entre députés et sénateurs en début de semaine prochaine.

Partager cet article

Dans la même thématique

Relance de l’économie : le Sénat vote le déblocage de l’épargne salariale
5min

Politique

Départ de David Lisnard des Républicains : « La droite est rattrapée par le syndrome d’autodestruction », déplore Agnès Evren

Quatre jours après le second tour des élections municipales, la droite se projette vers la présidentielle 2027. Les adhérents des Républicains seront appelés à choisir en avril pour le mode de désignation de leur candidat à ce scrutin. Un vote qualifié de « truqué » par le maire de Cannes David Lisnard, qui a claqué la porte du parti. « Je le regrette profondément, parce qu'il fait partie des talents de notre famille politique », réagit ce jeudi 26 mars Agnès Evren, sénatrice LR de Paris, au micro de Public Sénat.

Le

Illustration of the posters for the 2026 municipal elections
6min

Politique

Personnalisation, vote utile en faveur de la gauche ?… Au lendemain des municipales, quel bilan tirer du nouveau mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille ?

Pour la première fois cette année, les électeurs de Paris, Lyon et Marseille ont voté directement pour leur maire, en plus des maires d'arrondissement. Une personnalisation du scrutin qui n’a pas eu les effets escomptés à droite pour Rachida Dati et Jean-Michel Aulas. A l’inverse, l’ampleur des victoires de la gauche à Paris et Marseille semble avoir été accentuée. Explications.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
10min

Politique

« Atmosphère de putsch » au PS, où les opposants d’Olivier Faure cherchent à le mettre en minorité

Rien ne va plus au PS, où l’après municipales se transforme en règlement de compte. Le bureau national du PS en a été le cadre, avec un renversement d’alliance sur un texte. « Il y a une crise ouverte de direction du PS, car la majorité a changé et elle n’est plus celle du premier secrétaire », soutient l’ex-sénateur David Assouline. « Ça veut dire quoi mis en minorité ? » rétorque le porte-parole du PS, Arthur Delaporte, qui rappelle que le premier secrétaire est élu « jusqu’en 2028 ».

Le