Relation avec l’Algérie : « La France ne fait pas assez en matière de pression et de rétorsion », dénonce Julien Odoul

Le gouvernement a annoncé mercredi 26 février le réexamen des accords de 1968 qui lient la France et l’Algérie. François Bayrou a menacé de les remettre en cause à l’issue de cette procédure. « Le compte n’y est pas », a regretté le député de l’Yonne et porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul, invité ce jeudi sur Public Sénat. « Ça fait des années qu’il faut engager un rapport de force avec l’Algérie, (...) on en est toujours au stade de la réflexion », déplore le parlementaire.
Théodore Azouze

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Pour lui, les annonces ne sont pas suffisantes. Le député de l’Yonne et porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul dénonce ce jeudi 27 février « l’hypocrisie » du gouvernement après le comité interministériel sur l’immigration qui s’est tenu mercredi autour de François Bayrou. Ce dernier a notamment indiqué vouloir réexaminer l’ensemble des accords de 1968 qui lient la France et l’Algérie dans un délai d’« un mois à six semaines ». Ceux-ci pourraient même être totalement remis en cause à l’issue de cette période, a précisé le Premier ministre. « Le compte n’y est pas », réagit cependant au lendemain de cette prise de parole Julien Odoul, invité de la matinale de Public Sénat.

Malgré cette volonté affichée de François Bayrou, mais aussi de son ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, très actif sur le dossier, « on sent beaucoup d’attentisme, beaucoup de prudence de la part du gouvernement », estime Julien Odoul. « Ça fait des années qu’il faut engager un rapport de force avec l’Algérie, […] on en est toujours au stade de la réflexion. » Une crise ouverte entre Paris et Alger s’est déclarée depuis le début de l’année. La France reproche entre autres à l’Algérie de refuser les expulsions vers son territoire de ses ressortissants sous le coup d’obligations de quitter le territoire français (OQTF).

« Il faut passer au rapport de force », exhorte Julien Odoul

Des tensions qui se sont ravivées après l’attentat de Mulhouse, samedi 22 février, qui a fait un mort et six blessés. L’assaillant, un Algérien sous le coup d’une OQTF, a selon François Bayrou été « quatorze fois » présenté à son pays d’origine pour organiser son rapatriement, sans qu’Alger ne réponde favorablement à cette demande d’expulsion. « Il faut passer au rapport de force, il en va de notre sécurité », déclare Julien Odoul, qui fustige par ailleurs une nouvelle fois l’incarcération en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal pour atteinte à la sûreté de l’État.

Quelles sont les mesures attendues par le RN ? « Il faut une escalade des sanctions, […] ça fait des années qu’on se fait marcher dessus, piétiner, insulter », pointe Julien Odoul. Le député appelle à « dénoncer » les accords de 1968 entre les deux pays qui n’ont selon lui « plus lieu d’être ». Ceux-ci créent notamment un statut particulier pour les Algériens, leur octroyant notamment des facilités pour obtenir des titres de séjour. « Il faut couper les visas », réclame le porte-parole du RN. « Il y a tout un panel de mesures qui permettraient […] à notre pays de se faire respecter. »

De manière générale, « la France ne fait pas assez en matière de pression et de rétorsion contre un régime qui visiblement fait de l’hostilité et de la haine de la France son carburant », assure Julien Odoul. L’élu critique aussi la position ferme sur le dossier de Bruno Retailleau, qui ne serait d’après lui « que la pâle copie de ces robots de droite qui parlent comme le Rassemblement national, mais qui agit comme la gauche ».

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