FRA : SENAT : Allocution de Gabriel ATTAL
Pour faire suite au discours de Politique Generale du Premier Ministre devant les parlementaires, Gabriel ATTAL a redefini devant les Senateurs les points de sa politique, Senat, Paris, France, le 31 Janvier 2024.Following the Prime Minister's General Policy speech to parliamentarians, Gabriel ATTAL redefined the points of his policy before the Senators, Senate, Paris, France, January 31, 2024.//04NICOLASMESSYASZ_2024_01_31b_049a/Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/2401311911

Remaniement : les sénateurs LR ne croient pas « à des débauchages de plus »

A quelques heures du remaniement, les rumeurs bruissent sur les potentiels candidats pour intégrer le gouvernement. Certains sénateurs LR qui ont été cités dans la presse, dont Dominique Estrosi Sassone, démentent avoir été contactés. Et les sénateurs LR ne croient pas de nouveaux « débauchages » au sein de leur groupe. En revanche, l’arrivée de sénateurs du groupe centriste ou Horizons semble plus crédible.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

C’est une petite intox habituelle avant l’annonce de chaque remaniement. Les noms cités dans la presse pour intégrer le gouvernement, ne sont pas forcément les heureux élus à l’arrivée.

Alors que la seconde vague de nominations du gouvernement Attal est attendue pour le début de la semaine, difficile d’y voir clair sur les intentions de l’exécutif. Plusieurs rumeurs font état d’un intérêt prononcé de Matignon vers des élus de la chambre haute et pas n’importe lesquels. Il s’agirait de deux présidents LR de commission. François-Noël Buffet, le président de la commission des lois, aurait été sondé pour un poste de ministre délégué à l’Immigration, comme le rapporte Politico et le Parisien. Le sénateur du Rhône avait rédigé un rapport sur le sujet dont s’est inspiré en partie Gérald Darmanin pour rédiger sa loi. Politico cite également deux autres noms, la présidente de la commission des affaires économiques et spécialiste des questions de logement, Dominique Estrosi Sassone. Enfin, un autre nom est cité, celui de Christine Lavarde, sénatrice LR des Hauts-de-Seine, cheffe de file de son groupe lors de l’examen du budget.

« Ce serait un non catégorique. Je suis très bien au Sénat »

Contactée par publicsenat.fr, Dominique Estrosi Sassone dément avoir été approchée « de près ou de loin par des personnes qui gravitent autour de l’exécutif ». « Il y a 15 jours, on m’a dit que mon nom circulait pour un portefeuille au logement. Même des sénateurs qui ne sont pas de mon groupe m’en ont parlé. Et voilà comment mon nom ressort dans la presse », explique-t-elle. La sénatrice des Alpes-Maritimes indique également avoir eu François-Noël Buffet au téléphone, ce lundi, qui lui aurait confirmé lui aussi n’avoir jamais été approché.

Et si jamais un coup de fil tardif de Matignon intervenait dans les prochaines heures, l’interlocuteur en serait pour ses frais. « Ce serait un non catégorique. Je suis très bien au Sénat. J’ai la chance de présider une commission qui traite de sujets divers et variés. J’ai plus de possibilités ici pour peser sur les textes, que dans un gouvernement où je n’aurais aucune marge de manœuvre. Si c’est pour avoir son nom sur une carte de visite, ça ne m’intéresse pas. Ce gouvernement a à peine un mois et me semble déjà carbonisé », tranche Dominique Estrosi-Sassone.

« Ce sont des bouteilles à la mer qu’on jette pour voir ce qui remonte », analyse la vice-présidente du Sénat, Sophie Primas (LR) qui considère qu’en l’absence d’accord de gouvernement sur une ligne politique avec les Républicains, toute arrivée de sénateurs de son groupe au gouvernement « ne serait que « des débauchages de plus ».

Un autre sénateur du groupe majoritaire de la chambre haute abonde : « Ça ne changera rien pour nous. Ce n’est pas une question de personne, c’est une question de politique. Les deux ou trois personnes évoquées ont des positions claires contre la politique menée. S’ils ont des garanties que la politique changera, ce sont des garanties qui seront difficilement tenues ».

« Est-ce que la barque n’est pas déjà assez chargée à droite ? »

Un cadre de Renaissance est mitigé sur la perspective de voir des sénateurs LR intégrer le gouvernement. « Est-ce que la barque n’est pas déjà assez chargée à droite ? Bon, si ça permet d’élargir un peu plus la majorité, et d’embêter Retailleau (le président du groupe LR du Sénat), c’est tant mieux. Le problème, c’est que sur les 40 ministres du gouvernement sortant, la plupart de ceux qui n’ont pas encore été reconduits me confirment qu’ils vont l’être. Or, comme le nouveau gouvernement sera resserré à 30 ministres, il faut déjà en enlever 10 avant d’en faire entrer de nouveaux ».

Depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, on compte sur les doigts d’une seule main, les sénateurs en fonction nommés ministres ou Secrétaire d’Etat. Jacqueline Gourault, Jacques Mézard et Jean-Baptiste Lemoyne font partie des rares sénateurs à avoir été nommés au cours de leur mandat.

Et si d’autres devaient compléter cette courte liste, il serait plus probable de les retrouver dans des groupes plus « macron compatibles » : le groupe Union centriste ou Les Indépendants-République et Territoires (Horizons), présidé par Claude Malhuret. Contacté par publicsenat.fr, le patron du groupe centriste, Hervé Marseille qui a réservé un accueil bienveillant à Gabriel Attal, la semaine dernière, lors de son discours de politique générale, ne souhaite pas « commenter les rumeurs ». Un autre sénateur centriste confirme, néanmoins, par message être dans « la short-list » pour le ministère des Transports. Un autre nom circule au sein des centristes, celui de Françoise Gatel, la présidente de la délégation aux collectivités territoriales.

Quant au groupe RDPI, à majorité Renaissance, son président, François Patriat « voudrait bien » qu’un élu de son groupe intègre le gouvernement, notamment parmi les onze élus ultramarins. Patience, « le suspense insoutenable », comme ironise Dominique Estrosi-Sassone, prendra fin dans les prochaines heures.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Mairie illustration
5min

Politique

Municipales 2026 : la France insoumise « dangereuse pour la démocratie » et les idées de droite en hausse, selon une enquête d’Ipsos

Inquiétudes sur la sécurité, devoir d’exemplarité des maires, désaffection à l’égard de plusieurs partis de gauche… L’institut de sondage Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs a publié une nouvelle étude pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès. Les Français y dressent un paysage politique qui se droitise à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Le

Paris: Pierre-Yves Bournazel Municipal Elections Campaign
5min

Politique

Municipales : pour Horizons, la formation d’Edouard Philippe, un scrutin déterminant   

La formation d’Edouard Philippe a beaucoup à perdre aux prochaines élections municipales. L’ancien Premier ministre, qui a fait de sa réélection aux Havre l’une des conditions de sa candidature à la présidentielle, n’est pas au mieux dans les sondages, tout comme le vice-président du parti, Christian Estrosi à Nice. Et à Paris, le positionnement de Pierre-Yves Bournazel sera scruté de près entre les deux tours. 

Le

Le fils d’Ali Khamenei désigné comme nouveau Guide suprême d’Iran est un signe de faiblesse pour Frédéric Encel
4min

Politique

Guerre en Iran : le fils d'Ali Khamenei désigné comme nouveau Guide suprême est « un signe de faiblesse », considère le géopolitologue Frédéric Encel

Ce dimanche 8 mars, Mojtaba Khamenei, le fils du défunt ayatollah Ali Khamenei, a été choisi par l’Assemblée des experts, pour être le nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran. Une nomination qui prouve l’affaiblissement du régime des mollahs selon le géopolitologue Frédéric Encel, invité dans l’émission Bonjour chez vous. Le spécialiste revient également sur la situation libanaise où le Hezbollah pourrait disparaître militairement.

Le