Rémunération des fonctionnaires: peu d’annonces, un rendez-vous « manqué », selon les syndicats
Le gouvernement a confirmé lundi le gel du point d'indice servant au calcul de la rémunération de plus de cinq millions de...

Rémunération des fonctionnaires: peu d’annonces, un rendez-vous « manqué », selon les syndicats

Le gouvernement a confirmé lundi le gel du point d'indice servant au calcul de la rémunération de plus de cinq millions de...
Public Sénat

Par Lucie AUBOURG

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement a confirmé lundi le gel du point d'indice servant au calcul de la rémunération de plus de cinq millions de fonctionnaires pour 2019 et la reprise d'un programme de revalorisation des carrières, un rendez-vous salarial "manqué" selon les syndicats, sortis "mécontents" et "déçus" de la réunion.

Alors que les organisations syndicales réclamaient des "mesures générales", et notamment la revalorisation de la valeur du point d'indice, gelé entre 2010 et 2016 puis de nouveau en 2018, l'exécutif a maintenu ce gel pour 2019 et n'a annoncé que des mesures "périphériques", a déploré Baptiste Talbot (CGT, 1er syndicat de la fonction publique), qui relèvent plus "de l'action sociale", abonde Solidaires (6e).

Le secrétaire d'Etat à la fonction publique Olivier Dussopt a par ailleurs confirmé la reprise de l'application du protocole d'accord PPCR, conclu sous le gouvernement précédent et que l'actuel avait suspendu pour 12 mois par mesure d'économies. Son financement représentera 840.000 euros en 2019, selon un communiqué de Bercy, 11 milliards sur la période 2017-2021.

Ce programme prévoit par exemple "le passage de la catégorie B à la catégorie A (la plus haute, ndlr) de la filière sociale", a rappelé M. Dussopt. Il représente "un effort considérable", et "c'est une des raisons, (...) qui nous amènent à ne pas programmer de revalorisation du point d'indice", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le gouvernement "se retranche" derrière l'accord sur les carrières, a dénoncé Christian Grolier (FO, 3e). Si "sa politique salariale pour la fonction publique, ce n'est que financer les mesures du gouvernement précédent, c'est très réducteur", a-t-il critiqué, faisant part à l'AFP de son "mécontentement" et de sa "déception".

PPCR ne concerne "pas les agents contractuels", rappelle pour sa part l'Unsa (4e) dans un communiqué, fustigeant "une obstination qui paraît aujourd'hui de plus en plus idéologique" et un rendez-vous salarial sous forme de "rendez-vous manqué".

-Pas "à la hauteur"-

Pour ce qui est des annonces, le gouvernement a fait savoir qu'il revaloriserait de dix euros les jours de congés rachetés dans le cadre du compte épargne temps (CET), de façon uniforme pour toutes les catégories (par exemple de 60 à 70 euros pour la catégorie C, la plus basse), mais uniquement pour les fonctionnaires d'État et territoriaux.

"On demande l'auto-financement aux agents de l'augmentation de leur pouvoir d'achat", a cinglé Gaëlle Martinez (Solidaires). "Injuste" pour les agents qui n'ont pas de CET, comme ceux "à temps partiel", a renchéri l'Unsa.

En outre, pour le versant hospitalier -le plus concerné, relève la CGT- le gouvernement renvoie à une concertation menée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Même chose pour les annonces "catégorielles" promises par le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, en faveur des fonctionnaires les plus "mal payés", comme les infirmières.

M. Dussopt a enfin annoncé que la garantie individuelle de pouvoir d'achat (GIPA) serait reconduite en 2018, et les indemnités de mission des agents revalorisées. Sur ce dernier point, "les taux de nuitées seront significativement augmentés" et l'indemnité kilométrique sera revalorisée "de 17%", précise Bercy.

Ces mesures, que Bercy n'a pas chiffrées, sont "loin d'être à la hauteur d'un rendez-vous salarial", a reproché Mylène Jacquot (CFDT, 2e syndicat). Aucune "ne concernera l'ensemble des personnels", a-t-elle regretté.

La FSU (5e) a fustigé dans un communiqué des annonces qui "vont encore pénaliser les agents". "Emmanuel Macron ne tient pas sa promesse" de campagne "d'améliorer le pouvoir d'achat de tous les salariés", souligne le syndicat.

Avant la réunion, environ 200 agents s'étaient réunis "symboliquement" devant le ministère de l'Economie.

Malgré les journées de grève et de manifestation du 22 mars et du 22 mai -à l'appel unitaire de toutes les organisations pour cette dernière-, les syndicats n'ont pas réussi à peser sur ce "rendez-vous salarial" qu'ils étaient pourtant parvenus à décaler. Initialement prévu en octobre, il avait été avancé à leur demande afin de se tenir avant les arbitrages budgétaires.

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Rémunération des fonctionnaires: peu d’annonces, un rendez-vous « manqué », selon les syndicats
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le