Renaud Muselier adoube Didier Raoult : «  Nobélisable, génial et exceptionnel »
Lors d’une audition des représentants des collectivités locales devant le Sénat, le président des Régions de France, Renaud Muselier, est revenu sur la gestion de la crise sanitaire dans sa région Sud et affirme s’être « battu », dans le sillage du professeur Raoult, contre les protocoles mis en place ailleurs en France.

Renaud Muselier adoube Didier Raoult : «  Nobélisable, génial et exceptionnel »

Lors d’une audition des représentants des collectivités locales devant le Sénat, le président des Régions de France, Renaud Muselier, est revenu sur la gestion de la crise sanitaire dans sa région Sud et affirme s’être « battu », dans le sillage du professeur Raoult, contre les protocoles mis en place ailleurs en France.
Louis Mollier-Sabet

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« Nous avons un individu nobélisable, génial et exceptionnel. »

Renaud Muselier adoube Didier Raoult : "Nobélisable, génial et exceptionnel"
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Le président des Régions de France, ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin et membre du conseil d'Administration de l'IHU de Marseille, ne tarit pas d’éloges sur l’infectiologue marseillais : « Nous, on a un individu nobélisable, qui a déjà fait un rapport remarquable pour le Sénat. Le personnage est atypique, génial et exceptionnel. Il a fabriqué son IHU tout seul. »

Renaud Muselier est d’autant plus dithyrambique qu’il estime injuste les critiques dont a fait l’objet Didier Raoult : « Parce qu’il a les cheveux longs, il a souvent été moqué. Ce n’est pas grave, on a l’habitude dans le Sud. »

Protocole sanitaire mis en place dans la région Sud : « Nous sommes les derniers à être rentrés en zone rouge et les premiers à en sortir »

Sommes-nous là simplement face à une querelle de région qui rejoue le Classico en visioconférence plutôt que sur la pelouse ? On sent autre chose dans les propos de Renaud Muselier qu’une simple critique de la gestion parisienne de la crise qui lui confère une portée autrement plus générale. « Nous sommes quand même collés à l’Italie, et nous sommes les derniers à être rentrés en zone rouge ainsi que les premiers à en sortir. » 1-0 pour Marseille, donc.

« Je ne sais pas si le traitement du professeur Raoult est le bon » concède-t-il, mais le constat dressé par le président des Régions de France est sans appel : « Ce que l’on a fait est simple : nous avons dépisté Toulon, Nice et Marseille. On a isolé, mais pas à domicile (ce qui fait en sorte que toute la famille soit contaminée) et on a traité ! »

Le résultat ? Entre le 1er mars et le 20 avril 2020, une augmentation des décès en région PACA de 15% par rapport à la même époque en 2019, contre 60% pour le Grand Est et 95% en Île-de-France. Peut-on imputer cette différence de résultats à la différence de protocoles sanitaires ? « Je ne dis pas que notre système est parfait et il y aura des commissions d’enquête » admet Renaud Muselier. Notons tout de même que la surmortalité par rapport à 2019 en région PACA est comparable à celle observée en Auvergne-Rhône Alpes ou en Centre-Val de Loire, qui n’ont pas mis en place ces protocoles spécifiques.

« J’avais un cluster, je n’ai eu personne en réanimation, personne n’est mort et mon institution marche. »

L’expérience montrerait que le protocole Raoult fonctionne et le président de la région PACA en veut pour preuve la gestion du « cluster » de son hôtel de région : « J’ai eu 8 membres de mon cabinet et 25 membres de mon hôtel de région contaminés, je suis le premier en France à avoir fermé mon institution parce que j’avais un cluster. Je les ai tous faits dépister, je les ai tous faits soigner, je les ai tous faits hospitaliser : je n’ai eu personne en réanimation, personne n’est mort et j’ai mon institution qui marche. »

« Renvoyer les patients chez eux, c’est de la folie pure »

Médecin de profession, Renaud Muselier oppose son sentiment de médecin de terrain face aux consignes des instances sanitaires : « Je me suis battu face à des académiciens qui disaient n’importe quoi sous prétexte qu’ils étaient académiciens. » Et d’ajouter : « Quand vous êtes médecin, c’est très difficile d’avoir un patient en face de soi et de lui dire qu’on ne peut pas le soigner, sans savoir pourquoi on n’a plus le droit d’ailleurs. De lui dire : « tu vas rentrer chez toi, tu vas prendre du doliprane et quand ça ne va pas tu téléphones au SAMU parce qu’on va t’hospitaliser et te mettre en réanimation. »Le président des Régions de France renchérit : « C’est de la folie pure, quand on est médecin on ne peut pas accepter ça et nous avons été globalement démunis. » Renaud Muselier ne retient pas ses coups, mais comme il le dirait lui-même : « Ce n’est pas grave, on a l’habitude dans le Sud. »

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