Aujourd’hui, quelques 200 apprentis étaient invités au Sénat pour participer aux Rencontres sénatoriales pour l’apprentissage. Un coup de projecteur sur une formation empreinte de clichés, qui permet pourtant à nombre d’entre eux de trouver un métier.
Rencontres sénatoriales pour l’apprentissage : paroles d’apprentis passionnés
Aujourd’hui, quelques 200 apprentis étaient invités au Sénat pour participer aux Rencontres sénatoriales pour l’apprentissage. Un coup de projecteur sur une formation empreinte de clichés, qui permet pourtant à nombre d’entre eux de trouver un métier.
Par Alice Bardo
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Cet après-midi, pas de Gérard Larcher sur le perchoir, ni de sénateurs dans l’hémicycle. Près de 200 apprentis ont pris place sur les sièges feutrés des parlementaires. Parmi eux Hugo, 21 ans. Cravate au cou et cheveux gominés, l’apprenti boucher écoute attentivement un cours express sur le fonctionnement du Sénat. « Ca m’apporte en culture générale », se réjouit le jeune homme.
« Ca m’a donné envie de transmettre à mon tour »
Hugo a soif d’apprendre et veut combattre le préjugé selon lequel les métiers de l’artisanat sont faciles à exercer et ne demandent aucune connaissance : « On a l’image du boucher qui coupe sa viande toute la journée, avec son tablier dégueulasse, alors qu’il y a tellement à apprendre que même en deux ans d’apprentissage c’est dur de tout voir ! » Lorsqu’il est en entreprise, il travaille six jours sur sept, deux semaines par mois. Un dur labeur qui lui a permi d’obtenir le 1er prix au concours régional du meilleur apprenti de France (MAF) et le 11e sur vingt-six candidats au niveau national.
Grâce à l’apprentissage, Hugo assure avoir trouvé sa voie : « Enfant, je voulais être footballeur. Aujourd’hui je suis boucher et j’ai découvert une passion. » Il s’imagine déjà dans quelques années, à son compte, et avec des apprentis à ses côtés. « Ca m’a donné envie de transmettre à mon tour », confie t-il.
Hugo, 21 ans, se destine à être boucher
Alice Bardo
« Je prends plaisir à me former »
Amélie, elle, a 28 ans. Cela fait bientôt trois ans qu’elle est apprentie au centre de formation d’apprentis (CFA) Ernest Meyer à Metz, dans l’objectif d’obtenir son Bac pro Electrotechnique. Une totale reconversion professionnelle pour cette ancienne téléconseillère : « Après mon deuxième enfant, j’ai postulé chez EDF et comme il n’y avait pas de poste disponible, ils m’ont redirigé vers un poste technique, explique-t-elle timidement. Mais il fallait passer par l’apprentissage pour se former aux gestes du métier. » Elle s’est lancée et, aujourd’hui, elle n’a pas une once de regret.
« Le rythme est soutenu, mais je prends plaisir à me former et je suis sûre que j’ai fait le bon choix. » Dans le cadre de son apprentissage, elle dispose de cinq jours de congés payés, qu’elle peut poser sur les jours où elle est en entreprise, deux semaines par mois, y compris pendant les vacances scolaires. Une aubaine pour cette jeune maman.
Amélie, au perchoir de l'hémicycle du Sénat
Alice Bardo
« On a l’image de jeunes qui ne réussissent pas à l’école »
Assise au dernier rang de la salle Clémenceau, au Sénat, Marie s’apprête à écouter le discours introductif de Gérard Larcher. L’apprentissage lui a redonné le goût d’apprendre et confiance en l’avenir. « J’avais décroché de mon cursus, je voulais entrer dans la vie active », confie cette apprentie en communication visuelle, âgée de seulement 19 ans. La Mission de lutte contre le décrochage scolaire l’a orientée vers l’apprentissage et, désormais, elle assure apprendre « beaucoup plus vite ».
« On a l’image de jeunes qui ne réussissent pas à l’école, qu’on essaie de caser dans la vie professionnelle. Alors que moi j’ai vraiment fait ça par envie », assure la jeune femme.
« Etre payé au SMIC serait injuste vis-à-vis d’un ouvrier »
Plus qu’une envie, c’est une véritable passion pour le métier de boulanger qui a conduit Steven, 20 ans, à opter pour l’apprentissage. « C’est la seule voie qu’on a, explique t-il. Mais on y arrive très bien comme ça. » Alterner entre l’école et l’entreprise est un rythme qui lui convient parfaitement : « L’école c’est bien car ça permet de couper, de voir autre chose, comme voir mes amis qui travaillent dans d’autre pâtisseries. »
Steven est apprenti chez Cassel, une prestigieuse pâtisserie, à Fontainebleau. Il est payé entre 800 et 900 euros. « Ca me va car je vis encore chez mes parents. Mais quand tu vis à Paris et que tu dois payer un loyer à 600 euros, c’est dur de vivre. » Certains de ses amis sont dans cette situation. Pourtant, il reste perplexe sur la question de la revalorisation des salaires d’apprentis. « Si on était payé au SMIC, ce serait injuste vis-à-vis d’un ouvrier par exemple. »
Steven, jeune apprenti en patisserie
Alice Bardo
L’apprentissage a permis à Hugo, Amélie, Steven et Marie de trouver leur métier et ils sont fiers de pouvoir en parler pendant cette journée qui leur est consacrée. « On ne nous met pas assez en valeur », déplore Marie. D’autant qu’ils font face à de nombreux clichés : « Pour beaucoup de gens, un pâtissier c’est simplet », lance Steven. Amélie, elle, confie avoir entendu que l’apprentissage, « ce n’est pas pour les gens intelligents. Hugo confirme : « J’ai des amis qui voulaient faire de l’apprentissage, mais leurs parents ne voulaient pas car ils avaient « une trop bonne moyenne » ». Pour ce futur pâtissier, même les journées comme celles-ci « ne suffiront pas à changer les clichés tant ils sont installés ».
Au soir de l’acte IV des lycéens, le ministre Edouard Geffray a annoncé un « plan d’urgence » pour remplacer les enseignants absents en réaffectant 3 000 titulaires « dans les heures ou les jours qui viennent ». Les sénateurs interrogent la faisabilité de cette mesure.
Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.
Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.
Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.