Rénovation urbaine : « L’État ne met plus d’argent » dénonce Marie Noëlle Lienemann
La sénatrice socialiste, invitée de Territoires d'Infos, a critiqué la baisse des aides personnelles au logement (APL). Selon elle, l'État « fragilise » les bailleurs sociaux en leur faisant porter le coût de cette réduction. 

Rénovation urbaine : « L’État ne met plus d’argent » dénonce Marie Noëlle Lienemann

La sénatrice socialiste, invitée de Territoires d'Infos, a critiqué la baisse des aides personnelles au logement (APL). Selon elle, l'État « fragilise » les bailleurs sociaux en leur faisant porter le coût de cette réduction. 
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Aucun des allocataires ne va payer moins » s’agace Marie-Noëlle Lienemann. La mesure d’Emmanuel Macron concernant la baisse des APL ne passe pas pour la sénatrice socialiste. Invitée de Territoires d’Infos ce vendredi, elle reproche au gouvernement de « faire des grandes annonces » sans en assumer le coût. Portée dans le projet de loi de finances 2018, la baisse des aides personnalisées au logement sera compensée par les bailleurs du parc social. Une mesure qui a déclenché la colère des acteurs du logement social. Au Congrès des HLM, fin septembre, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard et son secrétaire d’État, Julien Denormandie avaient été hués. Remontée contre le gouvernement, l’Union sociale pour l’habitat a récemment demandé un moratoire sur la baisse des APL. En écho, Marie-Noëlle Lienemann dénonce le fait qu’on « demande aux HLM de payer la note » qui s’élève à « 1,7 milliard. » Selon elle « aucun des allocataires ne va payer moins. »

« Sur la question des quartiers l’État ne met plus d’argent. L’argent qu’on nous annonce, les 10 milliards (pour la rénovation urbaine NDLR) c’est essentiellement ce qu’on appelle le 1 % logement et les bailleurs sociaux  plus les collectivités locales. »

La sénatrice socialiste de Paris entend casser le mythe des « dodus dormants » - une partie des organismes HLM qui engrangeraient de l’argent sans le réinvestir dans la construction – qu’elle qualifie de « pipeau. » Pour elle, l’argument selon lequel « il y a de l’argent caché dans les caisses » des organismes d’HLM ne tient pas. Pour la sénatrice socialiste, l’argent des HLM « sert à investir pour rénover, pour faire du renouvellement urbain l’ANRU etc. »

 « Il y a de l’argent dans les poches des HLM pour trois raisons. La première c’est qu’ils sont considérablement endettés puisqu’évidemment les logements sont construits de l’endettement » explique-t-elle. « Les HLM ne peuvent pas faire comme l’État » à savoir « s’endetter en se disant un jour on augmentera les impôts » développe Marie-Noëlle Lienemann.  « Les HLM n’ont pas d’autres leviers que celui des loyers donc on ne peut pas transformer le système qui a servi de financement comme ça en cours de route ou alors c’est les fragiliser absolument» poursuit-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le