Report des régionales après 2022 : « Plusieurs personnes me l’ont demandé et pas forcément au sein de l’exécutif », affirme Jean-Louis Debré
Après avoir affirmé que l’exécutif, qui lui avait confié un rapport sur les régionales, voulait « reporter » le scrutin « après l’élection présidentielle », Jean-Louis Debré se fait aujourd’hui moins affirmatif. « J’ai accepté cette mission sans consigne », assure-t-il.

Report des régionales après 2022 : « Plusieurs personnes me l’ont demandé et pas forcément au sein de l’exécutif », affirme Jean-Louis Debré

Après avoir affirmé que l’exécutif, qui lui avait confié un rapport sur les régionales, voulait « reporter » le scrutin « après l’élection présidentielle », Jean-Louis Debré se fait aujourd’hui moins affirmatif. « J’ai accepté cette mission sans consigne », assure-t-il.
Public Sénat

Par F.V.

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Ses propos, tenus il y a près de deux semaines devant les sénateurs, avaient créé la polémique. Comme publicsenat.fr l’avait relevé, Jean-Louis Debré avait affirmé que « ceux qui étaient à l’origine de la réflexion » de sa mission sur le report des régionales, à savoir l’exécutif, voulaient « reporter ces élections après l’élection présidentielle ». « On voulait que j’arrive à la conclusion qu’il fallait que l’on reporte tout après la présidentielle », avait lâché l’ancien président du Conseil constitutionnel. Suite à la publication de notre article, le premier ministre avait « démenti catégoriquement avoir eu cette intention », Matignon soulignant que « la réflexion de reporter les élections (avait) été soulevée par beaucoup de gens ».

« J’ai un certain âge et je n’ai plus la mémoire des noms »

Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi matin, Jean-Louis Debré se fait beaucoup moins affirmatif. Il est maintenant plus flou et donne presque l’impression, par moment, de faire machine arrière… « Je n’ai désigné personne » assure-t-il, alors que ses propos du 13 janvier ne laissaient pas de place au doute. « Non, on ne m’a pas demandé » un report après la présidentielle. « On m’a dit que ce serait bien que ça se fasse plus tard » dit-il, rappelant qu’« il y avait plusieurs thèses » défendues, entre un maintien en mars, un report en juin ou septembre et ceux, « de droite comme de gauche, disant « faisons cela après la présidentielle » ».

Mais quelqu’un, au sein de l’exécutif, lui a-t-il fait cette demande ? Pas de chance, le chiraquien a la mémoire qui flanche… « J’ai un certain âge et je n’ai plus la mémoire des noms. Et plusieurs personnes me l’ont demandé et pas forcément au sein de l’exécutif. Certains, dans les départements, auraient été très heureux d’une prolongation », répond Jean-Louis Debré, qui semble botter en touche sur l’origine précise des demandes. Et d’insister : « J’ai accepté cette mission sans consigne. J’ai entendu, de l’extrême droite à l’extrême gauche, entre 70 et 80 personnes. Quand vous parlez entre quatre yeux, vous voyez très bien que certains disent "si vous arrivez à faire plus tard, ce ne sera pas plus mal pour moi" ».

« On est tombés dans la politique spectacle, dans la communication »

S’il semble aujourd’hui ménager un peu l’exécutif au sujet de son rapport sur les régionales, Jean-Louis Debré regrette en revanche l’excès de projets de loi actuel. « Le grand drame d’aujourd’hui, c’est la multiplication des lois » dit-il. Exemple avec l’idée du chef de l’Etat d’organiser un référendum pour modifier la Constitution et y introduire la lutte contre le réchauffement climatique. « Dans la Charte de l’environnement, (adoptée en 2005 sous Jacques Chirac, ndlr), il y a tout » note Jean-Louis Debré. « On s’interroge sur les régionales, mais on annonce un référendum en plus. Donc on pourrait avoir trois élections avant la présidentielle. Tout ça, c’est de la com' et les Français s’en rendent compte » lance-t-il. « Vous êtes contents, ça va vous faire des débats. En réalité, on est tombés dans la politique spectacle. On est dans la communication ».

Quant au Beauvau de la sécurité, il n’y voit qu’un « comité Théodule ». « On fait durer car on fait de la com’. Aujourd’hui, le grand problème de la loi, c’est que c’est devenu un objet de communication politique », dénonce Jean-Louis Debré. Vite, un rapport sur le sujet. ​​​​​

 

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