Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »
Quatre directeurs de festivals majeurs en France étaient auditionnés ce matin au Sénat. L’objectif ? Proposer des adaptations à la crise sanitaire pour une reprise de leurs activités cet été. Réserver l’accès aux festivaliers vaccinés ou présentant un test négatif est la solution privilégiée.

Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »

Quatre directeurs de festivals majeurs en France étaient auditionnés ce matin au Sénat. L’objectif ? Proposer des adaptations à la crise sanitaire pour une reprise de leurs activités cet été. Réserver l’accès aux festivaliers vaccinés ou présentant un test négatif est la solution privilégiée.
Public Sénat

Par Antoine Comte

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Quand pourra-t-on à nouveau se déhancher dans la fosse d’un concert ou applaudir les comédiens lors d’une pièce de théâtre ? C’est à cette question épineuse que les directeurs de festivals, auditionnés ce matin par la mission d’information pour mesurer les effets du confinement et des restrictions de libertés, ont tenté de répondre pour s’adapter à la crise sanitaire.

Avec un constat édifiant en tête : la suppression des festivals en France lors de l’été 2020 aurait généré une perte estimée entre 2,3 et 5,8 millions d’euros, selon une récente étude de France festivals.

« Les spectateurs ne peuvent pas être transformés en Playmobil »

Ils étaient donc quatre ce matin au Sénat : Jean-Paul Roland pour Les Eurockéennes de Belfort, Jérôme Tréhorel pour Les Vieilles Charrues, Paul Rodin du Festival d’Avignon et Aurélie de Lanlay des Rencontres d’Arles.

Et tous ont interpellé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et logiquement demandé qu’un cap soit enfin fixé par le gouvernement pour le monde culturel, et en particulier pour la tenue des festivals estivaux.

« Comment fait-on pour assumer le fait qu’un droit des citoyens français d’accès à la culture ait été mis de côté ? Qui nous répondra ? Nous ne sommes pas des naïfs ! Nous voulons maintenant que le Président de la République et le gouvernement dans son entier nous écoutent enfin ! », a réagi au micro de Public Sénat Paul Rodin, le directeur délégué du Festival d’Avignon à la sortie de la table ronde.

« Les festivaliers comme nous, ont besoin de se projeter vers un avenir plus radieux. Nous ne voulons pas que les spectateurs soient transformés en « Playmobil » en étant assis », a ajouté à son tour le directeur des Eurockéennes de Belfort, Jean-Paul Roland.

De quoi donner la couleur de ce que pense le monde culturel de la proposition de Roselyne Bachelot d’autoriser l’organisation des festivals d’été « avec une jauge maximale de 5 000 spectateurs assis et en plein air ».

Autre inquiétude dans les rangs des organisateurs de grands festivals : « Le risque de ne pas avoir le temps de mettre en place de nouvelles mesures, si nous n’en avons pas connaissance suffisamment à l’avance », dixit Aurélie de Lanlay, la directrice adjointe des Rencontres d’Arles.

Le couvre-feu critiqué

Mais en parallèle des craintes et des critiques, ces quatre professionnels du spectacle étaient surtout attendus par les sénateurs sur leurs propositions pour s’adapter à la crise sanitaire. Jauges réduites, projections en plein air, digitalisation des files d’attente, QR code… Les quatre directeurs de théâtre se sont dits « prêts » à reprendre leurs activités estivales, tout en garantissant aux sénateurs leurs capacités à faire respecter les principales mesures sanitaires à la lettre.

« On s’engage à adapter nos événements en créant de nouveaux formats. Nous souhaitons en effet transformer le festival habituel en dix soirées-concerts, tout en respectant les gestes barrières », a assuré Jérôme Tréhorel, le patron des Vieilles Charrues, qui a enregistré 1,8 million d’euros de pertes en 2020.

Aurélie de Lanlay des Rencontres d’Arles a également proposé de « consacrer l’ensemble des actions du festival sur la journée ».

Le couvre-feu en soirée, c’est justement un point très épineux levé par le rapporteur Roger Karoutchi, et il a très largement fait réagir les intervenants de cette table ronde organisée au Sénat.

« Monsieur le sénateur, il faut qu’on respecte ce qui fait le sel de nos manifestations destinées à la jeunesse », a taclé, à propos du couvre-feu actuel, Jean-Paul Roland des Eurockéennes de Belfort.

« Le vaccin ou le test négatif est la seule solution »

Mais là où le débat s’est davantage animé, c’est lorsque les sénateurs ont questionné les directeurs de festivals sur la possibilité pour un spectateur d’avoir accès à un festival avec un test négatif ou un certificat vaccinal.

Pour les responsables des festivals d’Avignon et des Eurockéennes, c’est un grand oui, car « c’est la seule solution pour que les festivals puissent un jour reprendre ».

Jean-Paul Roland : "Les Eurockéennes sont pour la réservation de tests pour les festivaliers"
01:14

 

« L’aspect éthique nous pose problème »

Jérôme Tréhorel, le directeur des Vieilles Charrues s’est en revanche montré beaucoup plus perplexe.

« C’est un sujet très délicat. L’aspect éthique, voire discriminatoire se pose. Nous n’y sommes pas du tout favorables », a-t-il confié, vindicatif.

Une inquiétude que le sénateur Bernard Jomier dit ne pas avoir ressenti ce matin. « J’ai entendu des responsables de festivals ouverts à cette solution d’accès aux festivals en étant vaccinés ou en présentant un test négatif », confie-t-il à notre micro à l’issue de la table ronde.

Pour le président de la mission d’information, « les festivals sont en danger, et il est urgent de considérer que la reprise de la vie culturelle doit se faire, et dans le respect des gestes barrières les plus stricts ».

Bernard Jomier : "Les responsables de festivals sont ouverts à la solution des vaccins ou des tests"
02:00

 

Prochaines étapes pour les sénateurs et le monde culturel : mardi 23 mars prochain avec l’audition de responsables de musées italiens, belges ou encore suisses pour comprendre comment nos voisins européens ont pu rouvrir certains de leurs lieux culturels ces derniers mois, et l’audition très attendue de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, jeudi 25 mars.

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Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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