Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »
Quatre directeurs de festivals majeurs en France étaient auditionnés ce matin au Sénat. L’objectif ? Proposer des adaptations à la crise sanitaire pour une reprise de leurs activités cet été. Réserver l’accès aux festivaliers vaccinés ou présentant un test négatif est la solution privilégiée.

Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »

Quatre directeurs de festivals majeurs en France étaient auditionnés ce matin au Sénat. L’objectif ? Proposer des adaptations à la crise sanitaire pour une reprise de leurs activités cet été. Réserver l’accès aux festivaliers vaccinés ou présentant un test négatif est la solution privilégiée.
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Quand pourra-t-on à nouveau se déhancher dans la fosse d’un concert ou applaudir les comédiens lors d’une pièce de théâtre ? C’est à cette question épineuse que les directeurs de festivals, auditionnés ce matin par la mission d’information pour mesurer les effets du confinement et des restrictions de libertés, ont tenté de répondre pour s’adapter à la crise sanitaire.

Avec un constat édifiant en tête : la suppression des festivals en France lors de l’été 2020 aurait généré une perte estimée entre 2,3 et 5,8 millions d’euros, selon une récente étude de France festivals.

« Les spectateurs ne peuvent pas être transformés en Playmobil »

Ils étaient donc quatre ce matin au Sénat : Jean-Paul Roland pour Les Eurockéennes de Belfort, Jérôme Tréhorel pour Les Vieilles Charrues, Paul Rodin du Festival d’Avignon et Aurélie de Lanlay des Rencontres d’Arles.

Et tous ont interpellé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et logiquement demandé qu’un cap soit enfin fixé par le gouvernement pour le monde culturel, et en particulier pour la tenue des festivals estivaux.

« Comment fait-on pour assumer le fait qu’un droit des citoyens français d’accès à la culture ait été mis de côté ? Qui nous répondra ? Nous ne sommes pas des naïfs ! Nous voulons maintenant que le Président de la République et le gouvernement dans son entier nous écoutent enfin ! », a réagi au micro de Public Sénat Paul Rodin, le directeur délégué du Festival d’Avignon à la sortie de la table ronde.

« Les festivaliers comme nous, ont besoin de se projeter vers un avenir plus radieux. Nous ne voulons pas que les spectateurs soient transformés en « Playmobil » en étant assis », a ajouté à son tour le directeur des Eurockéennes de Belfort, Jean-Paul Roland.

De quoi donner la couleur de ce que pense le monde culturel de la proposition de Roselyne Bachelot d’autoriser l’organisation des festivals d’été « avec une jauge maximale de 5 000 spectateurs assis et en plein air ».

Autre inquiétude dans les rangs des organisateurs de grands festivals : « Le risque de ne pas avoir le temps de mettre en place de nouvelles mesures, si nous n’en avons pas connaissance suffisamment à l’avance », dixit Aurélie de Lanlay, la directrice adjointe des Rencontres d’Arles.

Le couvre-feu critiqué

Mais en parallèle des craintes et des critiques, ces quatre professionnels du spectacle étaient surtout attendus par les sénateurs sur leurs propositions pour s’adapter à la crise sanitaire. Jauges réduites, projections en plein air, digitalisation des files d’attente, QR code… Les quatre directeurs de théâtre se sont dits « prêts » à reprendre leurs activités estivales, tout en garantissant aux sénateurs leurs capacités à faire respecter les principales mesures sanitaires à la lettre.

« On s’engage à adapter nos événements en créant de nouveaux formats. Nous souhaitons en effet transformer le festival habituel en dix soirées-concerts, tout en respectant les gestes barrières », a assuré Jérôme Tréhorel, le patron des Vieilles Charrues, qui a enregistré 1,8 million d’euros de pertes en 2020.

Aurélie de Lanlay des Rencontres d’Arles a également proposé de « consacrer l’ensemble des actions du festival sur la journée ».

Le couvre-feu en soirée, c’est justement un point très épineux levé par le rapporteur Roger Karoutchi, et il a très largement fait réagir les intervenants de cette table ronde organisée au Sénat.

« Monsieur le sénateur, il faut qu’on respecte ce qui fait le sel de nos manifestations destinées à la jeunesse », a taclé, à propos du couvre-feu actuel, Jean-Paul Roland des Eurockéennes de Belfort.

« Le vaccin ou le test négatif est la seule solution »

Mais là où le débat s’est davantage animé, c’est lorsque les sénateurs ont questionné les directeurs de festivals sur la possibilité pour un spectateur d’avoir accès à un festival avec un test négatif ou un certificat vaccinal.

Pour les responsables des festivals d’Avignon et des Eurockéennes, c’est un grand oui, car « c’est la seule solution pour que les festivals puissent un jour reprendre ».

Jean-Paul Roland : "Les Eurockéennes sont pour la réservation de tests pour les festivaliers"
01:14

 

« L’aspect éthique nous pose problème »

Jérôme Tréhorel, le directeur des Vieilles Charrues s’est en revanche montré beaucoup plus perplexe.

« C’est un sujet très délicat. L’aspect éthique, voire discriminatoire se pose. Nous n’y sommes pas du tout favorables », a-t-il confié, vindicatif.

Une inquiétude que le sénateur Bernard Jomier dit ne pas avoir ressenti ce matin. « J’ai entendu des responsables de festivals ouverts à cette solution d’accès aux festivals en étant vaccinés ou en présentant un test négatif », confie-t-il à notre micro à l’issue de la table ronde.

Pour le président de la mission d’information, « les festivals sont en danger, et il est urgent de considérer que la reprise de la vie culturelle doit se faire, et dans le respect des gestes barrières les plus stricts ».

Bernard Jomier : "Les responsables de festivals sont ouverts à la solution des vaccins ou des tests"
02:00

 

Prochaines étapes pour les sénateurs et le monde culturel : mardi 23 mars prochain avec l’audition de responsables de musées italiens, belges ou encore suisses pour comprendre comment nos voisins européens ont pu rouvrir certains de leurs lieux culturels ces derniers mois, et l’audition très attendue de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, jeudi 25 mars.

Partager cet article

Dans la même thématique

Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Reprise des festivals cet été : « Le vaccin ou le test négatif des festivaliers est la seule solution »
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le