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Reprise du chantier de l’A69 : « Une injustice territoriale qui va être réparée », se félicite le sénateur Philippe Folliot

Après trois mois d’arrêt, le chantier de l’autoroute A69, Toulouse-Castres, contesté par les écologistes, va reprendre suite à une décision de la Cour administrative d’appel de Toulouse. Une décision qui intervient quelques jours avant l’examen par les députés de la proposition de loi » relative à la raison impérative d’intérêt public majeur de la liaison autoroutière entre Castres et Toulouse », du sénateur Philippe Folliot.
Simon Barbarit

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« Une très bonne nouvelle pour le Tarn, pour le pays », s’est félicité le sénateur Union centriste du Tarn Philippe Folliot, quelques heures après la décision de la Cour administrative de Toulouse qui se prononçait sur un recours en urgence déposé par l’Etat, visant à redémarrer le chantier de 53 kilomètres de l’autoroute A69, Toulouse-Castres.

« La décision de reprise des travaux constitue un véritable soulagement », a affirmé le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans un communiqué, en disant souhaiter que « la reprise des travaux se fasse au plus vite tout en restant vigilants […] sur la prise en compte des enjeux de protection de l’environnement ».

Loi visant à reconnaître « l’intérêt public majeur » de cette autoroute

Le 27 février, en première instance, le tribunal administratif de Toulouse avait ordonné l’arrêt du chantier de l’autoroute A69, en déclarant illégale l’autorisation environnementale reçue par le projet en 2023, faute de « raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) » justifiant les atteintes à l’environnement causées par l’A69. La cour administrative d’appel de Toulouse a prononcé le sursis à l’exécution du jugement. Cette décision intervient cinq jours avant le vote à l’Assemblée nationale de la proposition de loi de Philippe Folliot adoptée au Sénat à une large majorité par 252 voix pour et 33 voix contre. Ce texte dit de « validation », contesté par les opposants qui le jugent contraire à la constitution, prévoit d’autoriser la poursuite du chantier, sans attendre que la cour d’appel administrative se prononce sur le fond en visant à reconnaître « l’intérêt public majeur » de cette autoroute (lire notre article). « Cette loi est plus que jamais nécessaire avant le jugement de fond qui interviendra dans un an », rappelle Philippe Folliot.

Le 21 mai, lors de l’audience devant la cour administrative d’appel, le rapporteur public, magistrat dont les avis sont en général suivis, s’était dit favorable à une reprise du chantier, estimant que l’importance des villes de Castres, Mazamet et Toulouse, justifiait « par nature qu’elles soient reliées par des infrastructures routières rapides ».

Nouvelle mobilisation prévue en juillet

« Castres-Mazamet est la seule agglomération de 100 000 habitants au niveau national à ne disposer ni d’autoroute, ni de gare TGV, ni d’aéroport international. Avec la reprise du chantier, cette injustice territoriale va être réparée », appuie le sénateur pour quoi ce projet « est une bonne nouvelle pour le pays mais aussi pour l’écologie » en raison des « travaux de compensation » prévus dans le projet.

Julie Rover, une des avocates des opposants à l’A69, s’est, quant à elle, dite « stupéfaite » et « surprise » par « l’absence de motivations » dans la décision de la cour administrative d’appel.

Pour les opposants, ce bassin n’est, en effet, pas enclavé et, même s’il l’était, une autoroute ne serait certainement pas une garantie de désenclavement, fustigent-ils.

Depuis le début des travaux en mars 2023, des militants écologistes de la Voie est libre, ont occupé des arbres pour éviter leur abattage, tenté d’installer des ZAD (« zones à défendre ») sur le tracé ou organisé des rassemblements de milliers de personnes, parfois émaillés d’incidents violents avec les forces de l’ordre. Ils ont appelé à une nouvelle mobilisation les 4, 5 et 6 juillet, ainsi qu’à des rassemblements devant les préfectures mercredi à 18 h 30 pour « laisser éclater leur colère ».

L’A69 devait initialement être mise en service fin 2025, selon la société Atosca, en charge des travaux. Une reprise qui sera de toute façon progressive, Atosca devant rapatrier dans le Tarn un millier de salariés et de nombreux engins de chantier.

 

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