Réquisitions contre Marine Le Pen : « J’attends avec impatience le jugement, parce qu’on veut savoir comment va se dérouler notre élection présidentielle », déclare Laurent Jacobelli

Quatre ans de prison, dont un ferme aménageable, et cinq ans d'inéligibilité ont été requis mardi contre Marine Le Pen dans le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN. En revanche, à l’inverse de la condamnation de première instance, aucune exécution provisoire n’a été demandée par le parquet. « Ça prouve que tout ce que l'on disait lors de la première étape du procès était réaliste », estime Laurent Jacobelli, député et porte-parole du RN.
Théodore Azouze

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Marine Le Pen face au réquisitoire du parquet. Depuis début janvier, la cheffe de file des députés RN à l’Assemblée nationale est prévenue lors de son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN. Quatre ans de prison, dont un ferme aménageable, et cinq ans d’inéligibilité ont été demandés mardi par les avocats généraux contre l’ex-candidate à la présidentielle. En revanche, contrairement à sa condamnation en première instance, aucune exécution provisoire de la peine d’inéligibilité n’a été requise. 

Candidature présidentielle toujours mise à mal

Après la décision initiale du tribunal correctionnel de Paris au mois de mars, Marine Le Pen avait dénoncé ce point du jugement, qui mettrait à mal ses ambitions présidentielles en 2027. L’absence d’exécution provisoire dans le réquisitoire constitue donc « une bonne nouvelle » pour le RN, réagit le porte-parole du RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi 4 février. « Ça prouve que tout ce que l’on disait lors de la première étape du procès était réaliste », estime le député de Moselle. « On voit bien que cet axe de défense était juste. »

Malgré cet aspect jugé positif par le parti d’extrême-droite, Marine Le Pen, poursuivie pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ces faits, demeure en bien mauvaise posture pour se présenter à l’élection présidentielle. « Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée » de concourir, a d’ailleurs concédé l’intéressée, mardi, auprès de TF1-LCI. Pour Laurent Jacobelli, « ce qui compte, c’est l’étape d’après », c’est-à-dire la décision des juges du siège, attendue d’ici à l’été prochain.

En fonction de cette condamnation ou non, Marine Le Pen pourrait saisir la Cour de cassation pour contester le jugement en appel. Un nouveau recours qui mettrait néanmoins à mal la capacité de Marine Le Pen à lancer sa campagne dans les temps. « J’attends avec confiance, sérénité et impatience le jugement, parce qu’on veut savoir comment va se dérouler notre élection présidentielle », souligne Laurent Jacobelli.

Jordan Bardella en alternative

L’ex-présidente du RN annoncera son intention de maintenir ou non sa candidature présidentielle après l’annonce de la décision d’appel. « En tout cas, on n’attendra pas l’éventuel recours au Conseil constitutionnel, quelques semaines avant l’élection présidentielle », précise Laurent Jacobelli. « Une campagne présidentielle ne se fait pas en deux semaines. » Marine Le Pen a répété à plusieurs reprises sa volonté de ne pas lancer « au dernier moment » son éventuelle entrée dans la course à l’Elysée. 

Depuis plusieurs mois, le RN prépare donc une alternative si sa « candidate naturelle » ne pouvait finalement pas briguer la plus haute fonction de l’Etat. L’actuel président du parti, Jordan Bardella, se tient ainsi prêt à se présenter en cas de besoin. L’actuel eurodéputé « a l’étoffe, la capacité, la résilience, les épaules pour être demain président de la République », assure Laurent Jacobelli. « Mais il se définit lui-même aujourd’hui comme le premier soutien de Marine Le Pen. » Le député met en avant « le duo » formé selon lui par les deux principales figures du RN, qui « travaillent sur le même projet, ensemble, avec les mêmes équipes ».

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