Réquisitions contre Marine Le Pen : « Même sans exécution provisoire, ça reste une manière d’influencer sur l’élection présidentielle », dénonce Christopher Szczurek

Mardi, le parquet général a requis quatre ans de prison et cinq années d’inéligibilité, sans exécution provisoire, à l’encontre de Marine Le Pen, dans le cadre du procès en appel des assistants FN. Si la cour suivait les réquisitions, la présidente du RN ne pourrait se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Aglaée Marchand

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Trois semaines après l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen, et de dix autres prévenus, dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, le parquet général a présenté ses réquisitions mardi. La patronne du RN encourt une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme, ainsi que cinq années d’inéligibilité, sans exécution provisoire. La décision de la cour d’appel, attendue d’ici cet été, viendra sceller le futur de Marine Le Pen dans la course à l’élection présidentielle. Un pourvoi en cassation pourrait lui permettre de rester juridiquement candidate, mais une telle démarche se révélerait politiquement complexe.

Vers une candidature de Jordan Bardella ?

Pas de quoi ternir totalement l’optimisme de ses troupes, qui maintiennent l’absence de toute culpabilité : « On en est encore au stade des réquisitions, on peut très bien avoir un jugement qui infirme ces réquisitions. Et, encore une fois, l’objectif de ce procès, pour nous, il n’est pas uniquement d’obtenir une peine qui n’entre pas en contradiction avec la campagne présidentielle. Il est surtout de faire valoir notre innocence et le fait, qu’encore une fois, il n’y a pas de système d’une part, et d’autre part, que nos collaborateurs ont travaillé bien évidemment », indique le sénateur RN Christopher Szczurek. Reste qu’une condamnation de Marine Le Pen, par la cour d’appel, d’ici l’été, amènerait Jordan Bardella à prendre le relais.

Ne pourrait-elle pas se maintenir en cas de recours auprès de la Cour de cassation ? « Elle a elle-même avancé le fait que ça rendrait la chose extrêmement compliquée », rapporte le sénateur, « parce que même si la question de l’exécution provisoire n’est a priori plus dans les tuyaux, ça reste une manière d’influencer sur l’élection présidentielle et son déroulement. Donc, bien évidemment, ce ne serait pas la meilleure configuration ».

« On accuse le coup », confie Christopher Szczurek

L’élu du Pas-de-Calais, lui-même « collaborateur parlementaire », sur la période de 2004 à 2016, affirme avoir vu « les fameuses personnes concernées […] travailler dans le cadre des activités européennes ». Et d’ajouter : « Je pense surtout qu’il existe une méconnaissance de ce qu’est le travail parlementaire d’une manière générale, et que cette méconnaissance arrange bien certains juges ».

« On accuse le coup, […] on a un sentiment d’injustice », reconnaît-il tout de même, alors que le parti à la flamme accuse les juges de vouloir « peser d’une manière ou d’une autre sur l’élection présidentielle ». « C’est un doute qui persiste chez nous », insiste Christopher Szczurek.

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