Restreindre le droit d’amendement : les sénateurs dénoncent « l’audace sans limite » du gouvernement
D’une même voix, Jean-Yves Leconte (PS) et Gérard Longuet torpillent le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement. Pour accélérer les travaux parlementaires, l’exécutif entend restreindre le droit d’amendement des parlementaires. Un déni de démocratie « scandaleux » pour les sénateurs.

Restreindre le droit d’amendement : les sénateurs dénoncent « l’audace sans limite » du gouvernement

D’une même voix, Jean-Yves Leconte (PS) et Gérard Longuet torpillent le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement. Pour accélérer les travaux parlementaires, l’exécutif entend restreindre le droit d’amendement des parlementaires. Un déni de démocratie « scandaleux » pour les sénateurs.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Branle-bas de combat autour de la révision constitutionnelle. Les sénateurs sont vent debout contre une réforme « absolument scandaleuse » qui transformerait les parlementaires en  « pions au service de chacun des groupes (politiques) », d’après le sénateur socialiste Jean-Yves Leconte. Afin d’accélérer les travaux parlementaires, le gouvernement entend en effet restreindre le droit d’amendement et généraliser les votes en commission. Hors de question pour les sénateurs de droite et de gauche. « Pour une fois je suis en accord total avec mon collègue », ironise même Gérard Longuet.

« On s’attendait bien à ce que la réforme constitutionnelle, ce soit finalement une réforme pour un petit Parlement au service de l’exécutif, mais on ne s’attendait pas à ce qu’ils aillent jusque-là », s’insurge le sénateur socialiste qui comme ses confrères pointe le risque d’une concentration des pouvoirs entre les mains du président. La France « n’est pas une monarchie présidentielle, il faudrait quand même l’accepter une bonne fois pour toutes », abonde Gérard Longuet. Il se dit atterré par l’argument d’efficacité avancé par l’exécutif. « Quand on voit les milliards engagés, quand on voit les millions de Français concernés par un texte, est-ce que cela ne vaut pas la peine de passer une, deux, trois nuits » à débattre, s’interroge-t-il.

Pour le sénateur socialiste, Jean-Yves Leconte, cette réforme révèle « l’audace sans limite » du gouvernement. « On s’attaque un des fondements de la Constitution : la liberté du parlementaire », selon lui. Jean-Yves prévient : « limiter le droit d’amendement » rognera la liberté des parlementaires qui risqueront de voir leurs amendements contrôlés par les groupes politiques auxquels ils appartiennent. « On remplace les individus membres et parlementaires par des pions qui seront au service de chacun des groupes (politiques) », fulmine Jean-Yves Leconte. Gérard Longuet voit, lui, en l’initiative du gouvernement « une perte de sang-froid » et « une désinvolture à l’égard de la vie parlementaire ».   

Cette semaine, le Premier ministre reçoit les présidents des groupes parlementaires pour leur présenter la réforme. Alors que le président de la République et le président du Sénat campent sur leurs positions, une issue peine à se dessiner.

Partager cet article

Dans la même thématique

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le