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Restrictions de circulation lors des JO : l’annonce d’un QR code pour se déplacer provoque un tollé au Sénat

Ce 29 novembre, le préfet de police de Paris Laurent Nuñez a dévoilé de nouvelles mesures de sécurité en amont des JO de Paris 2024. Autour des sites olympiques et paralympiques, la circulation sera interdite et des QR codes seront nécessaires pour accéder à certains périmètres. Des restrictions jamais votées au Parlement, ce que dénoncent vivement plusieurs sénateurs.
Rose Amélie Becel

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« Les plans de circulation seront hardcore » durant les JO de Paris, avait prévenu Clément Beaune mi-novembre. Les annonces faites par le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, en avant-première auprès du Parisien ce 29 novembre matin avant une conférence de presse prévue dans l’après-midi, confirment la mise en garde du ministre délégué aux Transports.

Quelles sont les annonces du préfet ?

Quatre périmètres de sécurité différents seront mis en place autour de l’ensemble des sites d’Ile-de-France où auront lieu les épreuves olympiques et paralympiques, mais aussi autour du village des athlètes de Saint-Denis, du centre des médias et de « lieux de célébration ». À proximité immédiate de ces sites, un périmètre « organisateur » sera mis en place pour ne laisser entrer « que les gens accrédités ou munis d’un billet ». Un second périmètre, plus large, ne sera accessible aux piétons qu’après une fouille. « Ce périmètre n’englobe en général pas de riverains, sauf pour la cérémonie d’ouverture et de manière limitée pour quelques sites », indique Laurent Nuñez au Parisien.

Les deux autres périmètres ne donneront pas lieu à des restrictions pour les piétons, mais seulement pour les voitures. Dans la zone « rouge », « le principe est l’interdiction de circulation, sauf dérogation, en raison du flux piétonnier important et des risques d’attaque à la voiture-bélier », annonce le préfet de police de Paris. La zone « bleue », plus étendue, sera interdite aux « circulations de transit », seules les voitures des riverains ou de ceux qui doivent se rendre sur leur lieu de travail ou accéder à un commerce seront autorisées. Des cartes précisant tous ces périmètres, « seront mises en ligne ».

Ces restrictions ne seront pas continues, mais « activées sur le temps des compétitions, 2h30 avant le début des épreuves et jusqu’à une heure après », explique le préfet, tout en indiquant que dans Paris Centre (Concorde, Invalides, Grand Palais, Champs-de-Mars et Trocadéro) ces restrictions « pourraient être effectives de 6h30 à minuit ». Lors de la cérémonie d’ouverture des JO, prévue le 26 juillet, les restrictions d’accès pour les piétons et les automobilistes seront élargies.

« Ce sont des mesures extrêmement attentatoires aux libertés »

Pour circuler dans les zones « rouges », les « résidents disposant de parkings ou de places de stationnement » et les « personnes chargées de visiter des personnes vulnérables » pourront obtenir des dérogations. Après inscription sur une plateforme en ligne pour « fournir des justificatifs », ils disposeront d’un QR code qu’ils devront présenter lors de contrôles.

« Le préfet indique que si on invite des gens pour voir la cérémonie d’ouverture depuis notre balcon, on devra les déclarer sur une plateforme. Ce sont des mesures extrêmement attentatoires aux libertés », dénonce vivement la sénatrice centriste Nathalie Goulet. « L’utilisation du QR code nécessite la création d’un outil informatique pour les générer et les vérifier, mais aussi la collecte dans un fichier d’informations déclaratives qui ne sont pas neutres », abonde le sénateur centriste Loïc Hervé. L’élu précise avoir immédiatement saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), dont il est membre, ainsi que le ministère de l’Intérieur.

« Il y a encore des gens qui font la loi dans ce pays, et ce n’est pas le préfet »

Les sénateurs critiquent un contournement du Parlement qui, malgré l’adoption de nombreuses mesures de sécurisation dans le cadre de la loi « JOP » en mai 2023, n’ont ici pas été consultés. « Je suis très surpris que ce type d’information nous arrive par voie de presse, je crois que le Parlement mérite d’être respecté. Il y a encore des gens qui font la loi dans ce pays, et ce n’est pas le préfet, le préfet il l’applique ! », s’indigne Loïc Hervé. « Il n’est pas question de renier les mesures de sécurité, mais de les encadrer de façon légale pour être sûr qu’il n’y ait pas de violations des libertés », ajoute de son côté Nathalie Goulet.

Au Sénat, ces nouvelles annonces suscitent une indignation telle que trois élus – dont Loïc Hervé et Nathalie Goulet – ont pris la parole dans l’hémicycle, en plein examen du budget 2024, pour demander une réaction du gouvernement. Le sénateur centriste Philippe Bonnecarrère a dénoncé de son côté des dispositions « typiques d’un état d’urgence », « dans une situation qui a vocation à être heureuse pour le pays et le monde ».

Demain soir, la chambre haute examinera la mission sécurité du budget 2024, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sera donc présent dans l’hémicycle. « J’espère que le ministre pourra s’expliquer », souhaite Nathalie Goulet. Le même jour, la mission de suivi de la sécurisation des JO auditionnera également le préfet de police de Paris à huis clos, un rendez-vous « bienvenu » pour la sénatrice LR Agnès Canayer, qui préside cette mission de suivi.

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