Résultats des législatives : LFI dénonce un « tripatouillage »
Bataille de chiffres. Les représentants de la Nupes affirment être arrivés devant la majorité présidentielle lors des législatives, dénonçant un « tripatouillage » du ministère de l’Intérieur pour « arranger les résultats ». Les comptes de Beauvau divergent en effet de ceux du journal Le Monde. Selon le quotidien du soir, la NUPES arrive en tête avec 26,10 % des voix contre 25,81 % pour la majorité. Le ministre de l’Intérieur se défend de toutes manipulations.

Résultats des législatives : LFI dénonce un « tripatouillage »

Bataille de chiffres. Les représentants de la Nupes affirment être arrivés devant la majorité présidentielle lors des législatives, dénonçant un « tripatouillage » du ministère de l’Intérieur pour « arranger les résultats ». Les comptes de Beauvau divergent en effet de ceux du journal Le Monde. Selon le quotidien du soir, la NUPES arrive en tête avec 26,10 % des voix contre 25,81 % pour la majorité. Le ministre de l’Intérieur se défend de toutes manipulations.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

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Les chiffres ne sont pas bons, clament depuis hier les représentants de la Nupes qui revendiquent être arrivés en tête du premier tour des législatives. « Il y a une espèce de tripatouillage pour essayer d’arranger les résultats. De manière très simple, il y a des candidats qui ne sont pas comptabilisés dans la NUPES alors qu’ils sont soutenus par la NUPES depuis le début », s’agace le député LFI de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel.

Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis s’étonnait également « qu’à l’inverse, il y a des dissidents En marche qui sont comptabilisés dès le départ dans le score d’En marche » (voir la vidéo en tête d’article). Il assure pour autant qu’au recours ne sera déposé devant le Conseil d’Etat.

Entre Le Monde et Beauvau : une différence d’étiquetage

Selon le ministère de l’Intérieur, la NUPES se place en seconde position avec 25,66 % des suffrages exprimés, derrière la coalition présidentielle (25,75 %). Mais le décompte du journal Le Monde place, lui, la coalition de gauche en tête 26,10 %, devant la majorité présidentielle (25,81 %).

« Cela tient à l’étiquetage des candidats que nous avons retenu, lequel peut différer légèrement de celui du ministère. Ainsi, à la Réunion, par exemple, nous avons placé sous l’étiquette Nupes certains candidats de gauche, ce qui n’est pas le cas du ministère », détaille le quotidien.

« On ne peut pas avoir des mœurs de République bananières en France », lance Jean-Luc Mélenchon

« Il y a maintenant un doute sur ce que fait Monsieur Darmanin avec les résultats », a affirmé Jean-Luc Mélenchon, ce lundi. Le leader de la France insoumise accuse le ministre de l’Intérieur de manipuler « les résultats en cours de route » et tance : « On ne peut pas avoir des mœurs de République bananières en France ».

Manuel Bompard, l’ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dénonce sur son compte Twitter une « nouvelle manipulation » : « Alors que la NUPES réalise 6 101 968 voix (soit 26,8 %), le ministère de l’intérieur ne lui attribue que 5 836 202 voix (soit 25,7 %) pour faire apparaître artificiellement le parti de Macron en tête ». Et d’en appeler au Conseil d’Etat.

« Si nous remportons une majorité des suffrages ce dimanche 19 juin, nous mettrons en place une véritable autorité électorale indépendante, débarrassée des pratiques malhonnêtes du ministre Darmanin », ajoute la France insoumise par voie de communiqué tout en appelant les médias à faire leur propre comptabilité comme Le Monde.

Le Conseil d’Etat est déjà intervenu pour contraindre le ministère de l’Intérieur de comptabiliser la NUPES comme une tendance politique unique après un recours (lire notre article). En effet, le juge des référés du Conseil d’État estimait que « comptabiliser les partis politiques de cette coalition séparément pouvait porter atteinte à la sincérité de la présentation des résultats des législatives ».

Christophe Castaner taxe la LFI de complotistes

Mais de son côté, la majorité rejette les accusations de tripatouillage. « Un classique de la théorie du complot », « de la culture complotiste chez la France insoumise » pour l’ancien ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner qui s’exprimait sur France info.

Reste que la classification du ministère pose un certain nombre de questions. Les candidats NUPES des Outre-mer n’ont, par exemple, pas été étiquetés sous cette bannière. C’est notamment le cas du député LFI sortant Jean-Hugues Ratenon à La Réunion. En Guadeloupe, les quatre candidats qui se revendiquent de la NUPES n’ont pas non plus été comptabilisés dans la coalition et la situation est la même pour les autres départements d’outre-mer. La députée communiste de la 2e circonscription de La Réunion, Karine Lebon, s’est aussi fendue d’un tweet réclamant d’être comptabilisés dans la NUPES.

Le ministère de l’Intérieur rejette les accusations de la NUPES

« C’est la direction de campagne de Nupes qui, par un mail adressé au ministère de l’intérieur le 8 juin 2022, a listé l’ensemble des candidats à qui il conviendra d’attribuer la nuance « Nupes ». Dans cette liste pourtant très complète ne figurait aucun candidat outre-mer. Ces candidats ne figurent pas non plus sur leur site officiel », rétorque le ministère de l’Intérieur à Public Sénat. La France insoumise soutient, elle, que les candidats investis ou soutenus officiellement par leur alliance ont été « dûment signalés au ministère de l’Intérieur ».

Les accords de la NUPES ne concernent que la France métropolitaine et les circonscriptions des Français de l’étranger.

Le ministère de l’Intérieur répond également sur trois candidatures, celle d’Hervé Saulignac dans la 1re circonscription de l’Ardèche, celle Dominique Potier dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, et celle Joël Aviragnet dans la 8e circonscription de Haute-Garonne. « 3 candidats initialement investis par la NUPES, mais qui avaient déclaré vouloir renoncer à cette investiture ont été comptabilisés en divers gauche », s’explique le ministère.

Le ministère de l’Intérieur assure réserver le même traitement aux camps politiques de la coalition gouvernementale et en veut pour preuve le fait que Damien Abad « dont on peut légitimement penser qu’il est soutenu par Ensemble », est comptabilisé en Divers Droite.

Le débat est cependant loin d’être fini et devrait être réactivé à l’occasion du second tour des législatives.

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