Alors que la participation pourrait être un peu plus faible que ce qu’annonçaient les sondeurs avant le vote (56 % en fin de journée d’après l’estimation de notre partenaire Ipsos BVA), les Français semblent tout de même intéressés par ces élections municipales.
Dans l’enquête Ipsos BVA CESI Ecole d’ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN, 76 % des sondés se déclarent intéressés par le scrutin, en hausse par rapport aux dernières élections municipales de 2020 (74 %). Seuls 6 % des sondés se déclarent « pas du tout intéressés », contre 34 % qui se disent « très intéressés » par cette échéance électorale.
L’intérêt semble plus prononcé chez les électeurs qui se sentent proches de la France Insoumise (86 %), ainsi que des partis de droite avec un fort ancrage local comme Les Républicains (84 %) ou Horizons (94 %), qui jouent gros dans ces municipales. Sans surprise, l’intérêt est plus faible chez les sondés qui ne déclarent pas de proximité partisane (54 %).
En termes géographiques, les habitants des grandes villes se disent davantage intéressés par les élections municipales que les habitants des petites communes : l’intérêt déclaré est de 80 % dans les villes de 30 000 à 100 000 habitants, de 79 % dans les villes de plus de 100 000 habitants, contre 71 % dans les communes de moins de 1 000 habitants.
65 % des sondés satisfaits du bilan de leur maire sortant
La proportion des Français qui considèrent que la municipalité sortante peut se targuer d’un bon bilan a en revanche diminué depuis 2020. Deux tiers (65 %) des sondés estiment que l’équipe sortante a un excellent ou bon bilan, contre 71 % en 2020. L’opinion sur le bilan municipal est par ailleurs fortement corrélée à la taille de la ville, avec 55 % des habitants des villes de plus de 100 000 habitants satisfaits du bilan de leur maire, contre 69 % des habitants des communes de moins de 1 000 habitants.
De même, si 31 % des sondés estiment que la qualité de vie s’est détériorée dans leur commune, ce chiffre atteint 43 % dans les villes de plus de 100 000 habitants, et descend à 21 % dans les communes de moins de 1 000 habitants. La proportion des sondés qui estiment que leur qualité de vie s’est améliorée (17 %) ne semble en revanche pas varier en fonction de la taille des villes et oscille entre 15 % et 18 %.
Les électeurs de LFI et du RN ont une perception plus nationale du scrutin
Sans surprise, la situation politique locale est plus déterminante dans le vote des sondés que la situation politique nationale (81 % contre 19 %). Encore une fois, la situation n’est pas la même dans les grands centres urbains où les élections municipales sont une actualité nationale, et les petites communes. Plus les électeurs habitent dans une grande ville, plus ils estiment que la situation politique nationale est déterminante dans leur vote (25 % pour les habitants d’une commune de plus de 100 000 habitants, contre 15 % pour les habitants d’une commune de moins de 3 500 habitants).
À noter, les électeurs de LFI et du RN ont une vision beaucoup plus nationale de ce scrutin. Ils sont ainsi respectivement 60 % et 59 % à exprimer leur rejet d’Emmanuel Macron par leur vote, pour seulement 18 % des électeurs socialistes, 23 % des électeurs écologistes et 17 % des électeurs LR. La perspective de la présidentielle en 2027 et la situation internationale ne sont cités comme facteurs déterminants du vote que par 26 % et 17 % des sondés. À l’inverse, la sécurité (39 %), les commerces de proximité (32 %) ou l’accès aux soins (30 %) sont évoqués comme des priorités par les sondés.