Alors que certains instituts de sondage annonçaient une participation record, en hausse par rapport à 2020, et même 2014, celle-ci devrait plutôt atteindre les 56 %, d’après l’estimation de notre partenaire Ipsos BVA – une abstention relativement importante pour un scrutin qui attire d’habitude plutôt les électeurs.
Des résultats connus d’avance dans les petites villes où une seule liste est présente
Pour l’heure, les abstentionnistes sondés dans l’enquête Ipsos bva CESI Ecole d’ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN déclarent trois raisons principales de leur abstention : ils pensent que ces élections ne changeront rien à leur vie quotidienne (31 %), que les résultats sont connus d’avance dans leur commune et que leur vote n’y changera rien (31 %) et qu’aucun candidat ne leur plaît (29 %). Cette enquête a été réalisée entre le 12 et le 14 mars sur un échantillon de 2000 personnes inscrites sur les listes électorales, parmi lesquelles Ipsos a ensuite interrogé les abstentionnistes.
À noter, le fait que les résultats soient connus d’avance est davantage cité par les abstentionnistes habitant les petites communes (49 % dans les communes de moins de 1 000 habitants contre 24 % dans les villes de plus de 100 000 habitants). Une partie de l’abstention pourrait ainsi être expliquée par la modification du scrutin dans les villes de moins de 1 000 habitants (voir notre article sur la fin du panachage), où les candidats doivent dorénavant former une liste en bonne et due forme, ce qui a conduit 68 % des communes à n’avoir qu’une seule liste présente au premier tour.
Des motivations politiques à l’abstention
Plus qu’une dépolitisation, cette enquête pointe une résignation des abstentionnistes. Ainsi seuls 17 % d’entre eux expliquent leur abstention par un désintérêt pour la politique de manière générale et seuls 6 % affirment ne jamais voter.
Certains abstentionnistes mettent même en avant des motivations assez politiques : 16 % disent s’abstenir pour manifester leur mécontentement à l’égard des hommes politiques en général et 14 % pour manifester leur mécontentement à l’égard d’Emmanuel Macron en particulier.