Jordan Bardella : Presentation projet RN pour les europeennes
Jordan Bardella, president du Rassemblement national et portrait de Marine Le Pen. . Presentation du projet du Rassemblement National pour les elections europeennes au siege du parti ce jeudi 25 avril 2025. . Paris, FRANCE - Le 25.04.2024. Photographie de Chang Martin/Sipa Press. _ Presentation of the Rassemblement National party project for the European elections at the party headquarters this Thursday, April 25, 2025. . Paris, FRANCE - April 25, 2024. Photograph by Chang Martin/Sipa Press.//CHANGMARTIN_chang.0005/Credit:Chang Martin/SIPA/2404260702

Résultats du RN aux élections législatives : « Peut-être que l’on a surestimé l’effet Bardella », estime Jean-Yves Camus

Annoncés proches d’une majorité absolue de sièges à l’Assemblée nationale, le RN et ses alliés, victimes du front républicain, sont balayés aux portes du pouvoir. Un échec majeur alors même que plusieurs projections donnaient une majorité absolue pour le RN après les résultats du premier tour.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Selon les résultats provisoires du ministère de l’intérieur, le RN et ses alliés récoltent environ 10,6 millions de voix soit environ autant qu’au premier tour, symptomatique de l’échec du Rassemblement national à mobiliser son électorat, enjeu clé des élections législatives. En effet, malgré l’apport d’une partie des LR avec Éric Ciotti, le parti à la flamme ne parvient pas à atteindre son record de voix sur une élection qui culmine à une peu plus de 13 millions, lors du second tour de l’élection présidentielle. « Ce que l’on peut dire c’est que s’il leur manque, effectivement 2 millions de voix, il y a une raison, peut-être que l’on a surestimé l’effet Bardella. Il est clair que le RN n’a pas assez de militants sur le terrain pour mobiliser en vue du deuxième tour. A priori, ils n’ont pas réussi à mobiliser davantage qu’au premier tour, ils restent loin du score de Marine Le Pen au second tour en 2022 », juge Jean-Yves Camus, Codirecteur de l’Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès. 

« Il y a sûrement eu un excès de confiance de la part du RN » 

Bien qu’arrivé en tête dans une grande majorité de circonscriptions, le RN n’a pas réussi à concrétiser son avance, dans un entre-deux tours marqué par les désistements. « Il y a sûrement eu un excès de confiance de la part du RN après les européennes, les révélations de l’entre-deux tours sur les candidats n’ont pas non plus aidé à mobiliser. Par ailleurs, il y a toujours un problème d’image et un manque de crédibilité », estime Jean-Yves Camus. A travers ce dernier point, c’est l’absence de formation du personnel politique du RN qui semble être exposée. « On avait un vote seulement sur étiquette, qui ne s’appuyait que sur la personnalité de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Des candidats affichaient uniquement ces deux visages sur leurs tracts », rappelle Jean-Yves Camus qui pointe la difficulté à mobiliser dans 577 circonscriptions dans ces conditions. 

Par ailleurs, certains facteurs de la faiblesse historique du RN à l’Assemblée nationale restent vrais, notamment le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. « Le scrutin majoritaire à deux tours reste un frein majeur pour le RN qui subit un barrage républicain qui avait déjà donné des signes de force dès le premier tour avec le taux de participation le plus élevé depuis 1981 ou encore le nombre de procurations records », confirme Jean-Yves Camus.

L’échec de l’alliance avec Éric Ciotti

Autre enseignement de cet échec de la stratégie de Marine Le Pen, l’union des extrêmes droites n’a pas fonctionné malgré le débauchage d’Éric Ciotti, alors président de LR. L’élu des Alpes-Maritimes n’avait pas réussi à entraîner un nombre conséquent de cadres de LR avec lui. « LR s’en sort bien ce qui est quand même la preuve que le parti tient debout, malgré la tentative de Ciotti qui a d’ailleurs totalement échoué. La parole des cadres de LR est encore écoutée », note Jean-Yves Camus, insistant sur le rejet d’une partie importante de l’électorat LR pour les idées de Marine Le Pen.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Résultats du RN aux élections législatives : « Peut-être que l’on a surestimé l’effet Bardella », estime Jean-Yves Camus
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le