(240630) -- LE TOUQUET, June 30, 2024 (Xinhua) -- French President Emmanuel Macron (2nd L) leaves after casting his ballot at a polling station in Le Touquet, northern France, June 30, 2024. The first round of France's snap legislative elections kicks off Sunday in Metropolitan France for voters to elect 577 members for the National Assembly out of over 4,000 candidates. (Photo by Frank Bonham/Xinhua) - Frank Bonham -//CHINENOUVELLE_1306.10844/Credit:CHINE NOUVELLE/SIPA/2406301744
Résultats législatives : 44 % des électeurs ont voulu exprimer leur rejet de la politique d’Emmanuel Macron
Après les résultats du premier tour des élections législatives, l’enquête Ipsos / Talan pour France Télévisions - Radio France détaille les motivations du vote. La logique de barrage domine ainsi que le rejet de la politique d’Emmanuel Macron.
Selon l’enquête Ipsos / Talan pour Radio France et France Télévisions sur les motivations du vote, l’une des principales motivations du vote apparaît comme l’opposition à Emmanuel Macron. En effet, 44 % des électeurs souhaitent en priorité, à travers leur vote, s’opposer à Emmanuel Macron. Parmi les électeurs du RN, cette proportion s’élève à 69 %.
Autres raisons du vote : la logique de barrage est au cœur de ces élections législatives, alors même que le nombre de triangulaires s’annonce historique. Parmi les électeurs de la majorité sortante, Ensemble, 44 % affirment voter en priorité pour faire barrage et 56 % par soutien à la coalition. Par ailleurs, seulement 14 % des personnes interrogées affirment voter par soutien au Président de la République. 65 % des électeurs macronistes entendent faire barrage, en priorité au Rassemblement national contre 35 % pour le Nouveau Front Populaire. Les électeurs LR apparaissent également divisés entre leur volonté de faire barrage au NFP et au RN (46 % pour chacune des formations). Sur l’ensemble des sondés souhaitant faire barrage en priorité, 65 % veulent stopper la progression du RN et 62 % contre le NFP.
Le pouvoir d’achat, principale motivation du vote
Sans surprise, le pouvoir d’achat est considéré comme l’un des sujets les plus importants par 59 % des sondés, dont 30 % jugent qu’il est le sujet le plus important. Le sujet apparaît également en tête des priorités de chacun des trois blocs (69 % pour le RN, 57 % pour le NFP et 46 % pour Ensemble). L’immigration est perçue comme le deuxième sujet le plus important (sujet majeur pour 38 % des sondés), suivi de la santé (32 %). L’environnement, sujet peu traité durant la campagne arrive néanmoins en 5e position.
L’abstention en recul
L’abstention, en fort recul par rapport aux dernières élections de 2022, atteint son plus faible niveau pour des législatives au XXIè siècle. Cependant, pour 27 % des abstentionnistes sondés, aucun candidat ne correspondait à leurs idées, expliquant ainsi leur abstention. Un niveau en augmentation de 9 points par rapport à 2022. 24 % des abstentionnistes estiment que les candidats ne parlent pas assez des sujets qu’ils jugent prioritaires, une baisse de 2 points par rapport à 2022.
De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?
La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.
À l’approche du second tour, les équilibres restent fragiles dans plusieurs grandes villes. Entre triangulaires, alliances contestées et reports de voix incertains, les dernières enquêtes d’opinion confirment une chose : rien n’est encore joué. Paris, Le Havre et Toulouse sont les trois premières villes à avoir été sondées avant le deuxième tour.
Les élections municipales sont marquées par un décalage entre les principes énoncés par les partis et la réalité. Les accords PS/LFI renvoient les deux formations à leurs propres contradictions. Chez LR, Bruno Retailleau veut faire « battre » le RN, mais joue l’ambiguïté à Nice, face à Eric Ciotti, allié du RN. Renaissance est plus au clair sur les alliances, mais ferme les yeux quand les LR, à qui ils sont alliés, peuvent profiter des voix d’extrême droite, comme celles de Sarah Knafo à Paris.