Bruno RETAILLEAU.Seance de Questions au Gouvernement, Assemblee Nationale, Paris, France, le 19 Novembre 2024.Weekly session of Questions to the French Government by MP'''s, Assemblee Nationale, Paris, France, on November 19, 2024.//04NICOLASMESSYASZ_2024_11_26b_781a/Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/2411262113
Retailleau, Dati, Saint-Martin… ces ministres qui pourraient rester au gouvernement
Pour la troisième fois en un an, un nouveau gouvernement est en passe d’être nommé. Après à peine 3 mois aux responsabilités certains ministres démissionnaires pourraient être reconduits à leurs postes ou rester au gouvernement.
Ça en deviendrait presque lassant. Comme en septembre et en janvier, l’attente va peut-être s’avérer longue avant qu’un nouveau gouvernement soit nommé. Un évènement politique qu’Emmanuel Macron a pris l’habitude de faire durer. L’absence de majorité et la tripartition de l’Assemblée depuis les législatives anticipées de juillet, ont conduit le chef de l’Etat à mener des entretiens avec les responsables des différents groupes et formations politiques, sans garantie de stabilité politique pour autant. Michel Barnier peut en témoigner.
Même si son gouvernement est le plus éphémère de la Ve République, certains ministres démissionnaires pourraient bien rester au sein de l’exécutif.
Bruno Retailleau
Très actif pendant ces trois mois, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a été l’un des seuls noms à émerger dans l’opinion. Bruno Retailleau a été frustré de ne disposer que de quelques semaines pour montrer ce que LR était en mesure de faire à Beauvau. Il en veut particulièrement au RN d’avoir voté la censure de son gouvernement et l’accuse de « mélenchonisation ». Il fait l’objet d’un intense lobbying de la part de ses amis LR qui souhaitent son maintien en poste et pourquoi pas succéder à Michel Barnier à Matignon. De quoi pousser le Vendéen à poser ses conditions. « La droite ne pourra faire aucun compromis avec la gauche qui a trahi Blum et Clemenceau », a-t-il prévenu, vendredi, sur X.
Crédits photo : The National Assembly s Law Commission hears Bruno Retailleau, french Minister of the Interior. He arriving at the National Assembly by the garden. National Assembly, Paris, France. Wednesday 2nd October 2024.//ACCORSINIJEANNE_BR.SIPA.009/Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2410021841
Sébastien Lecornu
Sur le papier, le ministre des Armées et des Anciens combattants coche toutes les cases pour succéder à Michel Barnier. C’est un fidèle d’Emmanuel Macron, membre de tous les gouvernements depuis 2017. Il a l’avantage de pouvoir ménager, au moins pendant un temps, le Rassemblement national. Selon les informations de Libération, il avait rencontré au printemps dernier, lors d’un dîner, la cheffe de file du parti d’extrême droite en compagnie de Thierry Solère, conseiller politique à l’Elysée. S’il n’accède pas à Matignon, avec la multiplication des crises internationales, une loi de programmation militaire à respecter, on imagine mal Sébastien Lecornu être remercié.
Crédits photo : Sebastien Lecornu, ministre des Armees, donnait une conference de presse ce mardi 26 mars 2024, a Balard sur la strategie d'armement pour la France et en soutien a l'Ukraine. . Paris, France - Le 26.03.2024. Photographie de Chang Martin/Sipa Press. _ Sebastien Lecornu, Minister of the Armed Forces, gave a press conference this Tuesday March 26, 2024 in Balard, on the arms strategy for France and in support of Ukraine. . Paris, France - March 26, 2024. Photograph by Chang Martin/Sipa Press.//CHANGMARTIN_chang.0040/Credit:Chang Martin/SIPA/2403261636
Jean-Noël Barrot
Lui aussi pourrait bénéficier des crises internationales, et de la dernière en date, en Syrie. Dans ce contexte, le ministère des Affaires étrangères a besoin de stabilité. Ce qui pourrait assurer le maintien en poste de Jean-Noël Barrot qui a multiplié les déplacements à l’étranger ces trois derniers mois. Vice-président du Modem, sa place serait d’autant plus assurée si François Bayrou est nommé Premier ministre.
Crédits photo : France'''s Minister for Europe and Foreign Affairs Jean-Noël Barrot listens as he is greeted by British Foreign Secretary David Lammy, not pictured, in London, England, Friday Nov. 22, 2024. (Carl Court/Pool Photo via AP)/elm207/24327484249445/POOL PHOTO/2411221645
Laurent Saint-Martin
Le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin n’a pas ménagé sa peine pour défendre, dans les deux assemblées, un budget aussi contesté. Respectueux des parlementaires, se revendiquant de la gauche sociale-démocrate, « marcheur » de la première heure mais solidaire d’un Premier ministre de droite, Laurent Saint-Martin a fait un sans-faute. Après la censure, le ministre a eu la tâche de préparer une loi spéciale pour permettre à l’appareil d’État de fonctionner en l’absence de budget. « Il suffit de réunir le Conseil des ministres pour qu’elle soit présentée », a-t-il indiqué sur TF1.
Crédits photo : Laurent SAINT-MARTIN, ministre du Budget et des Comptes publics. Debate and vote on the censure motion following the Prime Minister'''s decision to use Article 49.3 of the Constitution on the Social Security Finance Bill (PLFSS) and weekly question session to the government at the National Assembly in Paris, December 4, 2024. Photo : Olivier Juszczak / Sipa. Debat et vote sur la motion de censure apres la decision du Premier ministre d utiliser l article 49.3 de la Constitution sur le projet de loi de finance de la Securite sociale (PLFSS) et seance hebdomadaire de questions au gouvernement a l AssemblÃ'''e nationale a Paris, le 4 decembre 2024.//JUSZCZAKOLIVIER_olivier1921/Credit:OLIVIER JUSZCZAK/SIPA/2412042115
Rachida Dati
La ministre de la Culture avait déjà sauvé sa tête lors du dernier remaniement. Malgré une mise en examen pour « corruption passive » et « trafic d’influence passif », Rachida Dati conserve les faveurs du couple présidentiel et garde des contacts avec son ancienne famille politique LR. La ministre avait annoncé aux sénateurs une rallonge de 300 millions d’euros pour le budget afin de faire « du patrimoine la grande priorité de ce gouvernement ». Elle également lancé un pavé dans la mare en plaidant en faveur d’une idée qu’elle juge « innovante », à savoir pratiquer des tarifs différenciés à l’entrée de Notre-Dame de Paris.
Crédits photo : French Culture Minister Rachida Dati attends the official ceremony at the festival hall. In Nontron, January 22, 2024. //AMEZUGO_DATI-38/Credit:UGO AMEZ/SIPA/2401221818
Catherine Vautrin
Comme en 2022, son nom est aussi cité parmi « les premiers ministrables ». Jusqu’au dernier moment, elle avait cru être la prochaine Première ministre, avant que ne lui soit préférée Elisabeth Borne. Nommée ministre du Travail, de la Santé et des solidarités dans le gouvernement Attal, en janvier, Catherine Vautrin a conservé un gros portefeuille dans le gouvernement Barnier, celui de ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation. Elle a pour elle d’avoir conservé des liens avec la droite, son ancienne famille politique, et sa fidélité au chef de l’Etat.
Crédits photo : French Minister for Territorial Partnerships and Decentralization, Catherine Vautrin leaving Elysee palace after a meeting in Paris, on November 27, 2024//01JACQUESWITT_choix032/Credit:Jacques Witt/SIPA/2411271433
Malgré la protestation de la gauche et de certains élus de la majorité sénatoriale, le Sénat n’a pas touché au coup de rabot prévu par le gouvernement sur le Fonds Vert, qui sert à financer la transition écologique des collectivités. De 2,5 milliards en 2024, le budget du Fonds Vert est donc passé à 650 millions en 2026.
Alors que Nicolas Sarkozy n’appellera pas au front républicain et que Bruno Retailleau défend l’union des droites « par les urnes », la question d’un possible rapprochement des LR avec le RN divise encore. La ligne reste au rejet de tout accord d’appareils, plusieurs parlementaires craignant pour « la survie » des LR en cas de fusion-absorption avec le RN. Mais certains sont prêts à se laisser tenter.
Alors que se tiendra demain le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale, la poursuite de la procédure législative semble incertaine. L’option du dernier mot, que le gouvernement pourrait choisir d’accorder aux députés, ne fait pas l’unanimité au sein des constitutionnalistes.
Dans son ouvrage écrit en prison, Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’appellera pas au front républicain et soutient pour la droite le « rassemblement le plus large possible, sans exclusive ». Beaucoup y voient une défense de l’union des droites. Mais l’entourage de l’ex-chef de l’Etat dément. « Nicolas Sarkozy a toujours dit qu’il fallait parler aux électeurs du RN, mais absolument pas s’allier au parti », soutient-on.
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