Retailleau (LR) veut interdire les « listes communautaristes », des soutiens de divers bords
Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau va déposer une proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes" aux...

Retailleau (LR) veut interdire les « listes communautaristes », des soutiens de divers bords

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau va déposer une proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes" aux...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau va déposer une proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes" aux élections, afin de "contrer ce qui est une forme de sécession", une idée soutenue par divers responsables politiques mais écartée a priori par le gouvernement.

"Après avoir présenté une liste aux européennes, l'Union des démocrates musulmans français veut maintenant en présenter aux municipales", justifie l'élu de Vendée au Journal du Dimanche. Créée en 2012, l'UDMF a recueilli moins de 29.000 voix aux européennes, avec cependant des pics dans quelques communes en région parisienne.

Les listes "communautaristes" veulent "privilégier une partie de la population alors que notre République est +indivisible +", critique le président du groupe LR au Sénat.

Il propose "d'interdire tout financement public d'un mouvement communautariste qui ne respecterait pas les principes de souveraineté nationale et de laïcité, et de prohiber, sous le contrôle du juge administratif, les candidatures et la propagande électorale communautaristes".

Cela impliquera "l'interdiction de signes religieux comme le voile sur les affiches ou les professions de foi" et "nous souhaitons aussi que les élus, dans l'exercice de leur mandat, soient désormais tenus à une stricte neutralité", poursuit M. Retailleau.

Aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour de Cassation n'élargit pas aux conseillers municipaux le devoir de neutralité religieuse des agents publics.

- "Boîtes de Pandore" -

La présidente du RN Marine Le Pen s'est dite en "accord" dimanche avec cette idée d'interdire les listes communautaires, "dont les candidats répondent à un certain nombre de critères religieux ou d'origine". Mais une telle interdiction serait insuffisante, a-t-elle jugé sur RTL-LCI-Le Figaro, appelant à un "plan de lutte contre le fondamentalisme islamiste".

Le député européen EELV Yannick Jadot a aussi jugé sur France 3 qu'il faut "interdire" des listes "effectivement" communautaristes: "Pour moi, le champ de la politique, du pacte républicain, la religion n'a rien à y faire".

L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve s'est déclaré pour sa part "tout à fait hostile à des listes communautaires". Mais "j'ai suffisamment confiance dans la République et la démocratie pour être convaincu que dans un combat politique ceux qui prétendent remettre en cause un certain nombre de principes auxquels nous tenons seront, devant le suffrage universel, battus", a-t-il affirmé sur CNews.

L'eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) est "par définition contre toute forme de liste communautaire", mais "comment on définit cette liste ?" : "On ouvre des boîtes de Pandore (…) Il faut faire extrêmement attention", a-t-il mis en garde sur France Inter-Le Monde-franceinfo.

L'ex-ministre de la Justice Rachida Dati (LR), qui estime qu'"on a laissé prospérer un communautarisme par laxisme", a également soutenu la proposition de M. Retailleau.

Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) a mis la question de ces listes sur la table mi-septembre, demandant au gouvernement de prendre les dispositions pour les municipales de mars.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a alors appelé à "ne pas faire des déclarations à l'emporte-pièce": "il n'existe pas de listes communautaires, personne ne se revendique ainsi". Cependant, si dans une campagne "il y a le moindre acte, la moindre parole qui mette en cause les fondements de la République, je serai le premier à interdire" la liste en cause, a-t-il assuré.

Le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a appelé cette semaine à "des fronts républicains locaux" pour faire barrage à d'éventuelles listes communautaires lors des municipales. "Il s'agit davantage d'une bataille politique plus que juridique qu'il nous faut mener", considère aussi le numéro un de LREM Stanislas Guérini.

M. Retailleau juge que "l'islam politique tente de construire une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine" et que "face à cela, Emmanuel Macron est d'une formidable ambiguïté".

Le sénateur estime en outre que "si la révision constitutionnelle arrive à son terme, il faudra aussi préciser notre définition de la laïcité".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

Retailleau (LR) veut interdire les « listes communautaristes », des soutiens de divers bords
6min

Politique

Elections sénatoriales en Gironde : la droite favorite, le RN veut créer la surprise 

En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.

Le

Election 2026 Republicans
7min

Politique

« Ça s’appelle de la corruption civile » : Donald Trump tente-t-il d’acheter ses électeurs en promettant des « dividendes » de 5000 dollars ?

À Dallas, ce mercredi 9 septembre, Donald Trump, le président américain promet 5 000 dollars à chaque adulte si son parti conserve la Chambre des représentants et le Sénat à l’issu des élections de mi-mandat. Une annonce spectaculaire, dont le financement reste flou et qui soulève des questions sur les limites entre promesse politique, incitation électorale et intégrité du scrutin.

Le