Retard dans la vaccination : « Le gouvernement a cédé à la peur »
Réuni ce mercredi pour analyser le début de la campagne vaccinale contre la Covid-19, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques estime que le gouvernement a été trop prudent avec la vaccination dans les Ehpad.

Retard dans la vaccination : « Le gouvernement a cédé à la peur »

Réuni ce mercredi pour analyser le début de la campagne vaccinale contre la Covid-19, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques estime que le gouvernement a été trop prudent avec la vaccination dans les Ehpad.
Alexandre Poussart

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Pourquoi la France est à la traîne dans la vaccination contre la Covid-19 en Europe ? Réunis ce mercredi, les sénateurs et députés membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) ont tenté de répondre à cette question.

Un excès de prudence

Ils pointent d’abord une trop grande prudence des autorités dans le protocole de vaccination dans les Ehpad. Pour Gérard Longuet, sénateur (Les Républicains) et président de l’OPECST, « le gouvernement cède à la peur judiciaire après l’affaire du sang contaminé ». Pour rappel, 3 anciens ministres avaient été jugés dans une affaire de contamination de produits sanguins par le virus du sida au milieu des années 1980. Cette prudence du gouvernement « déclenche des protocoles de vaccination insupportables », estime Gérard Longuet. Dans les Ehpad, « le dossier de consentement gros de 48 pages est grotesque. Il faut se déclarer en état d’urgence vaccinal et accélérer les process. »

Des failles dans l’organisation logistique

Les parlementaires pointent également des failles dans l’organisation logistique de cette campagne vaccinale. « Pour réussir cette campagne, avec le vaccin Pfizer qui doit être conservé à -80 degrés, il faut une logistique parfaite, quasi militaire », rappelle Sonia de la Provôté, sénatrice centriste, chargée du rapport de l’Office parlementaire sur la vaccination contre la Covid-19, publié à la mi-décembre. « On a voulu avancer d’une semaine le lancement de la vaccination (fin décembre), mais la logistique n’était pas prête », pointe la sénatrice. « En Allemagne, où plus de 300 000 personnes ont déjà été vaccinées (contre 20 000 en France), la logistique a été préparée bien en amont et les centres de vaccination étaient déjà identifiés. »

Des disparités selon les départements

Certains départements ne sont toujours pas prêts pour vacciner les Ehpad. « Chez moi dans le Calvados, la vaccination dans les Ehpad ne va commencer que le 13 janvier », assure Sonia de la Provôté. « Dans ma région Grand Est », témoigne Gérard Longuet, « il faut que les acteurs de terrain comme les médecins d’Ehpad, les pharmaciens soient davantage mobilisés pour combler le retard. »

Le refus des vaccinodromes : une stratégie à la française

Les parlementaires ne sont pas très critiques sur la stratégie du gouvernement de ne pas ouvrir de grands centres de vaccination pour la population, des vaccinodromes, dans des gymnases par exemple. Une stratégie à la française qui privilégie une vaccination à proximité de la personne, avec le médecin généraliste au centre du dispositif. « Voir les gens se précipiter à 5 heures du matin devant des vaccinodromes n’est pas la bonne solution » assure Gérard Longuet, « en tout cas le gouvernement doit mieux expliquer sa stratégie d’acheminer le vaccin vers les personnes et pas l’inverse. » Néanmoins, pour organiser une campagne massive dans les prochains mois, les parlementaires jugent opportuns des centres de vaccinations ouverts, gérés par les collectivités locales, pour venir en complément des cabinets médicaux.

Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran sera auditionné mardi prochain au Sénat sur cette campagne vaccinale, les sénateurs de l’OPECST attendent du gouvernement des chiffres précis sur l’évolution de la vaccination dans chaque territoire.

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