Retraites : 64 % des Français tiendraient le gouvernement pour responsable en cas de blocage du pays, selon notre baromètre Odoxa
Selon le dernier baromètre politique d’Odoxa, réalisé pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, la popularité d’Emmanuel Macron et d’Élisabeth Borne décroche en janvier, lourdement plombée par la réforme des retraites.

Retraites : 64 % des Français tiendraient le gouvernement pour responsable en cas de blocage du pays, selon notre baromètre Odoxa

Selon le dernier baromètre politique d’Odoxa, réalisé pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, la popularité d’Emmanuel Macron et d’Élisabeth Borne décroche en janvier, lourdement plombée par la réforme des retraites.
Guillaume Jacquot

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le fossé se creuse entre l’exécutif et l’opinion publique. En cette deuxième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, le baromètre politique d’Odoxa, réalité pour Public Sénat et les journaux de la presse quotidienne régionale, montre combien le couple exécutif pâtit de son projet de loi. Seulement 36 % des personnes interrogées considèrent qu’Emmanuel Macron est un bon président de la République, une chute de cinq points en un mois, qui ramène sa popularité au niveau du printemps 2020. Le recul s’observe dans toutes les familles d’électeurs, sauf chez les partisans des Républicains. Chez eux, le chef de l’Etat bénéficie de 44 % de bonnes opinions, un rebond de 6 points par rapport à décembre.

En première ligne dans cette réforme, Élisabeth Borne trébuche tout aussi lourdement dans l’étude, sa popularité cédant cinq points, pour tomber à un niveau encore plus, à 31 %. Son prédécesseur Jean Castex n’avait pas touché ce niveau. Quant à Edouard Philippe, sa popularité se situait à 35 % au moment de la présentation de la précédente réforme des retraites, en décembre 2019.

La proportion de Français faisant du gouvernement le responsable, en cas de blocages, progresse

Déjà affaibli par un texte dont l’examen vient à peine de débuter en commission à l’Assemblée nationale, l’exécutif n’aurait d’ailleurs pas intérêt à parier sur un pourrissement du mouvement social. En effet, selon le baromètre Odoxa, si le pays devait connaître des blocages importants du fait de la mobilisation contre la réforme des retraites, 64 % des Français tiendraient le gouvernement pour responsable. C’est une progression de trois points, par rapport à un précédent sondage mené juste avant la première journée de grève du 19 janvier. Seulement 35 % des personnes interrogées imputeraient la responsabilité d’éventuels blocages aux organisations syndicales (1 % de l’échantillon ne se prononce pas).

L’Elysée et Matignon ne sont pas les seuls à connaître un mois de janvier difficile. La grogne impacte d’autres responsables favorables aux dispositions de la réforme des retraites. La cote d’adhésion de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe recule de 6 points (36 %), celle du porte-parole du gouvernement Olivier Véran de 5 points (24 %), tout comme celle du président des Républicains Éric Ciotti (12 %). La cote du ministre de l’Economie et des finances Bruno Le Maire subit elle aussi un recul marqué de quatre points (26 %).

La popularité des oppositions ne progresse pas

Ce contexte difficile pour la majorité mais également les alliés potentiels de la réforme, ne bénéficie toutefois pas aux grandes figures de l’opposition. La cote d’adhésion de Marine Le Pen est stable en janvier (à 23 %). Celle de Jean-Luc Mélenchon (23 %), d’Olivier Faure (11 %) ou encore la nouvelle patronne des écologistes Marine Tondelier (7 %) reculent même de 1 %. Dans ce palmarès de 23 personnalités politiques, seules deux personnes ont progressé en janvier : Jordan Bardella (24 %, +2 points) et Sandrine Rousseau (12 %, +2 points).

En réalité, malgré l’impopularité de la réforme et le soutien majoritaire de l’opinion aux mobilisations, tous les principaux acteurs de cette bataille sont perçus négativement par les Français. Si l’exécutif enregistre dans ce dossier des niveaux importants de mauvaises opinions (66 % pour Emmanuel Macron, 69 % pour Élisabeth Borne et même 71 % pour le ministre du Travail Olivier Dussopt), les organisations syndicales ont elles aussi une mauvaise image. Ainsi, selon l’enquête, 67 % des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Le rejet est moins important chez les autres leaders mais reste cependant majoritaire : 60 % pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger, et 58 % pour les autres syndicats engagés dans le mouvement social (FO, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et FSU).

Méthodologie : L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 004 Français interrogés par Internet les 25 et 26 janvier 2023. L’échantillon est représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: David Lisnard Cloture Congres des Maires 2025
11min

Politique

« Le congrès des maires de France ne peut pas devenir un temps de la présidentielle » : avec David Lisnard contesté, il se passe quelque chose… à l’AMF

Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».

Le

Orleans: Closing Ceremony of the Rassemblement National Rally’s Campaign Kickoff Event presidential
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le débat sur l’inéligibilité de Marine Le Pen relancé

La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications

Le

FRA – SENAT – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT 2
5min

Politique

« Le racisme ne naît pas de nulle part » : Les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à interdire la théorie du grand remplacement

Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».

Le

BLOCAGE LYCEE SAINT SERNIN
4min

Politique

Mouvement lycéen : où en est-on des blocus ?

Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.

Le