"Injuste". Un "enfumage". "Des perdants à tous les étages". L'opposition s'est levée comme un seul homme mercredi pour descendre en flammes la réforme des retraites présentée par le Premier ministre Edouard Philippe.
Le député LFI Eric Coquerel, le 7 mai 2019, à l'Assemblée nationale à Paris
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Les critiques les plus vives sont venues de la gauche, en pointe dans les manifestations ces derniers jours et dont certaines composantes se sont retrouvées en meeting commun mercredi soir. Pour le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, "les retraites des grands patrons et les privilèges des assurances privées sont maintenus. Injuste et inéquitable".
"Je dis aux gens il faut se bouger, si vous faites les moutons vous serez tondus", a ajouté sur BFMTV M. Mélenchon qui ira "bien sûr" manifester jeudi.
"C'est bien une grande régression civilisationnelle qui nous est proposée", "ils cassent le système par répartition", a complété le député LFI Eric Coquerel.
Le chef de file d'EELV Yannick Jadot s'est montré tout aussi cinglant: "Le gouvernement a donc choisi de fracturer un peu plus le pays. D'attaquer sa cohésion sociale". Pour l'eurodéputé, en principe pas opposé à un système par points, "reculer les échéances ne masque en rien l'injustice flagrante de la réforme proposée".
"Le gouvernement est resté un gouvernement droit dans ses bottes qui n'a pas évolué et aujourd'hui c'est un gouvernement minoritaire qui n'a plus le soutien que de l'unique Medef" et des députés LREM, a déclaré pour sa part à l'AFP le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, appelant "à de nouvelles mobilisations.
"Le président de la République et son gouvernement sont restés sourds aux revendications des Français", a estimé dans un communiqué Martine Aubry, maire PS de Lille, dénonçant "l'injustice et l'inéquité" de cette réforme.
Pour le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, "le PM confirme le pire".
Guillaume Peltier, député et vice-président des Républicains (LR), aux journées parlementaires de son parti le 20 septembre 2018 à Divonne-les-Bains (Ain).
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La levée des boucliers a été immédiate à droite aussi. "Donc si on comprend bien, nous avons eu débats et blocages pour rien, puisque la réforme des retraites est reportée entre 2037 pour la génération 1975 et 2064 pour la génération 2004. Emmanuel Macron, c'est le brouillard et l'enfumage: nos retraites vont baisser!", a tweeté le numéro deux du parti Les Républicains Guillaume Peltier.
- "La grande reculade" -
Le parti est opposé à un système par points et prône un allongement de la durée de cotisations qui entraînerait un report de l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans.
"C'est la grande reculade! Le Président de la République n'a plus l'audace réformatrice qu’il avait promis aux Français. Au déficit qui va exploser, s'est ajoutée la complexité des exceptions, a déclaré sur Europe 1 le chef des députés LR, Damien Abad.
Le président de la Commission des Finances et député LR de l'Oise, Eric Woerth, a estimé que l'âge pivot à 64 ans était "ni plus ni moins le rééquilibrage financier par la baisse des pensions", ironisant par ailleurs sur l'invention par le gouvernement d'un "nouveau concept: la transition à rallonge".
Le porte-parole du Rassemblement National (RN) Sébastien Chenu (à droite), assiste à une session de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale à Paris, aux côtés de la présidente du parti Marine Le Pen en novembre 2018.
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"Jamais probablement un gouvernement n'aura présenté avec des mots aussi enjolivés une réforme aussi terrible", a réagi pour sa part la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, réclamant une nouvelle fois un référendum sur la question. Elle a prédit "un possible durcissement" du mouvement de grève, en marge d'un déplacement à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), fief du RN.
"C'est très inquiétant. Il y a des perdants à tous les étages, les enseignants et demain peut être les policiers ou les personnels hospitaliers", a abondé Sébastien Chenu, porte-parole du parti qui plaide pour la retraite à 60 ans.
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2017, a pour sa part jugé que la réforme était "une usine à gaz". Mais "heureusement, elle ne s'appliquera qu'à partir de 2025" et que par conséquent "un des enjeux de la présidentielle de 2022 sera d'annuler cette réforme injuste", a-t-il ajouté.
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