Retraites agricoles : le gouvernement maintient le vote bloqué
Dans une opposition unanime au gouvernement, les sénateurs ont dénoncé toute la soirée le recours au vote bloqué du gouvernement lors de l’examen de la proposition de loi du groupe communiste visant à augmenter les retraites agricoles. Agnès Buzyn, comme lors du précédent examen du texte, a  subi les foudres des sénateurs.

Retraites agricoles : le gouvernement maintient le vote bloqué

Dans une opposition unanime au gouvernement, les sénateurs ont dénoncé toute la soirée le recours au vote bloqué du gouvernement lors de l’examen de la proposition de loi du groupe communiste visant à augmenter les retraites agricoles. Agnès Buzyn, comme lors du précédent examen du texte, a  subi les foudres des sénateurs.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Tout ça pour ça…. C’était, ce soir, le sentiment général de l’ensemble des sénateurs, tous partis confondus (excepté le groupe LAREM) lors du deuxième examen d’une proposition de loi visant à augmenter les retraites agricoles, dès cette année. Le texte du groupe communiste relevait les pensions à  85% du Smic agricole net (987 euros par mois) contre 75% actuellement (871 euros par mois).  Mais,comme le 7 mars dernier, le gouvernement a utilisé la procédure du « vote bloqué », à savoir l’article 44.3 de la Constitution, qui oblige l’assemblée saisie à se prononcer sur le texte en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le gouvernement. (voir notre article).

Principal amendement du gouvernement : remplacer l’année 2018 à l’année 2020. « Comme vous le savez, un débat va s’engager sur la réforme systémique de nos régimes des retraites (…) cette question concernera l’ensemble des assurés sociaux. Il n’est donc pas opportun de procéder à la  modification de paramètres aussi majeurs que celui de minima de pensions de façon sectorielle et en amont de la réforme (des retraites). C’est donc le sens de cet amendement » a justifié la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn.

Retraites agricoles: Agnès Buzyn une nouvelle fois chahutée au Sénat
01:22

Une ministre qui aura subi, toute la soirée, les foudres des sénateurs de tous partis.  « Ce qui est certain, c’est que soir, vous et votre gouvernement, avez le monopole de la sécheresse du cœur » lui a lancé le sénateur socialiste, Eric Kerrouche. « Vous n’aimez pas les agriculteurs et surtout les plus faibles » a complété sa collègue PS, Nicole Bonnefoy. Le sénateur communiste, Eric Bocquet a, quant à lui, comparé le coût de la proposition de loi, 400 millions d’euros, à ce que rapporte l’exit tax, bientôt supprimée « En mai, le président de la République a annoncé la suppression de l’exit tax. Cette taxe représente deux fois les 400 millions pour financer la revalorisation des retraites agricoles ».

« Pourquoi avoir reporté ce débat de quelques mois pour finalement aboutir au même résultat ? C’est vraiment quelque chose que nous ne comprenons pas » a déclaré la sénatrice centriste Élisabeth Doineau, traduisant le sentiment général.

Le seul soutien apporté à l’exécutif est venu du sénateur LAREM des Yvelines, Martin Lévrier. «  À l’inverse d’un certain nombre d’entre nous, la FNSEA a compris l’importance de patienter jusqu’en 2020 pour traiter le problème de manière pérenne » a-t-il assuré, « document » à l’appui.

Son intervention a été immédiatement contestée par le rapporteur communiste de la commission des affaires sociales, Dominique Watrin qui a cité dans l’hémicycle un communiqué de presse de la FNSEA : « L’objectif de revalorisation des retraites à 85% du SMIC est une urgence pour l’ensemble des retraités actuels et à venir de la métropole et d’outre-mer. Voilà ce que fit la FNSEA qui soutient pleinement cette proposition de loi »

Retraites agricoles: Dominique Watrin évoque le soutient de la FNSEA à la proposition de loi communiste
00:56

Le gouvernement avait toutefois glissé 2 autres amendements à la proposition de loi, dont un augmentant de 27 euros par mois la pension des conjoints des agriculteurs à l’horizon de 2020. « Une aumône » ont condamné de concert les élus communistes.

Sans surprise, faute de vote conforme avec l’Assemblée nationale qui avait adopté le texte en février 2017 pour un relèvement des pensions au 1er janvier de cette année, le Sénat a massivement rejeté le texte amendé par le gouvernement avec 252 voix contre et seulement 22 pour.

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le