Retraites : « C’est sur des points très précis qu’on va être très exigeants », promet Bruno Retailleau
La ressemblance frappante entre le projet du gouvernement et celui porté depuis des années par la droite sénatoriale, ne rassure pas totalement son président Bruno Retailleau. Le sénateur estime que l’extension aux retraités actuels d’un minimum de pension à 1 200 euros, en cas de carrière complète, n’est « pas du tout actée ».

Retraites : « C’est sur des points très précis qu’on va être très exigeants », promet Bruno Retailleau

La ressemblance frappante entre le projet du gouvernement et celui porté depuis des années par la droite sénatoriale, ne rassure pas totalement son président Bruno Retailleau. Le sénateur estime que l’extension aux retraités actuels d’un minimum de pension à 1 200 euros, en cas de carrière complète, n’est « pas du tout actée ».
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Cette réforme, c’est notre réforme. En réalité, c’est le gouvernement de Mme Élisabeth Borne qui propose à sa propre majorité de voter la réforme que nous avons ici rédigée puis votée depuis au moins quatre ans. » Depuis le début de la semaine, Bruno Retailleau ne se prive pas de rappeler la paternité de l’essentiel du contenu de la réforme des retraites, présentée la veille par le gouvernement. Chaque automne, au moment de l’examen du budget de la Sécurité sociale, la majorité sénatoriale de droite et du centre poussait pour un recul de l’âge légal de départ.

Malgré ces ressemblances évidentes entre la copie de Matignon et celle du Palais du Luxembourg, soulignées par la Première ministre elle-même lors de la conférence de presse, Bruno Retailleau demeure prudent ce 11 janvier, à quelques jours de la présentation du texte en Conseil des ministres. « C’est quelque chose de lourd, de technique, souvent le diable est dans les détails, et donc on va porter notre attention pour vérifier si ce qu’a dit Mme la Première ministre, est bien appliqué, bien réel, si ça va toucher beaucoup de Français ». Et d’ajouter : « C’est sur des points très précis qu’on va être très exigeants. »

« Pour l’instant, le mécanisme de revalorisation, ça n’est pas du tout acté »

En premier lieu, la question de la revalorisation à 1 200 euros des minimums de pension pour les carrières complètes mérite, selon le sénateur de Vendée, un « point d’éclaircissement ». Concernera-t-elle seulement les futurs pensionnés ou les personnes déjà en retraite ? Près de deux millions de retraités sont dans ce cas de figure. « Rien n’a été confirmé sur les petites retraites de celles et ceux qui sont déjà à la retraite […] Cet après-midi, elle n’a pas encore pris l’engagement », insiste-t-il.

Hier, Élisabeth Borne a pourtant donné un gage sur ce sujet, s’adressant aussi bien aux parlementaires de la majorité qu’aux élus LR. « Avec le Président de la République, nous avons décidé d’intégrer dans notre projet la revalorisation des pensions des retraités actuels, pour tous ceux qui ont une carrière complète au niveau du Smic », a-t-elle promis. Elle a cependant précisé qu’il fallait travailler sur ce dispositif dans les jours à venir, pour « pouvoir l’intégrer au projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 23 janvier ».

À cette heure, Bruno Retailleau préfère maintenir la pression, faisant de cette question une ligne rouge pour la suite. « Pour l’instant, le mécanisme de revalorisation, ça n’est pas du tout acté. » Le président du groupe LR promet également d’être vigilant sur le sort des retraites des femmes, et sur la valorisation des congés parentaux dans le calcul des droits.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le