4678923611_115b979cc0_ba

Retraites : ce qu’il faut savoir de la réforme Touraine, qui modifie la durée de cotisation

Promulguée en 2014, mais enclenchée en 2020, la réforme Touraine allonge progressivement le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une pension à taux plein. Sa trajectoire pourrait être l’un des paramètres potentiellement concernés par la réforme du gouvernement.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un nom qui risque de beaucoup revenir dans les prochains mois. La réforme Touraine est la dernière réforme des retraites à avoir été adoptée par le Parlement, c’était le 18 décembre 2013. La loi « garantissant l’avenir et la justice du système de retraites », plus connue sous le nom de la ministre des Affaires sociales en poste à l’époque, Marisol Touraine (PS), a eu pour effet d’allonger la durée de cotisation nécessaire à l’obtention d’une retraite à taux plein. Promulgué le 20 janvier 2014, le texte est en réalité entré en vigueur le 1er janvier 2020. Elle est donc loin d’avoir produit tous ses effets. La durée de travail est allongée progressivement, à raison d’un trimestre tous les trois ans de 2020 à 2035. À terme, l’objectif est donc de porter le nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein à 172 (soit 43 années), pour les personnes nées en 1973 et les suivantes. Le principal effet de la réforme Touraine est de reporter les départs en retraite, pour éviter une décote de la pension, ce qui relève de facto l’âge de départ effectif. À lire aussi >> Retraites : les contours de la réforme du gouvernement se précisent Concrètement, le nombre de trimestres durant lesquels un salarié a cotisé à l’assurance retraite varie donc en fonction de son année de naissance, selon le rythme suivant : • Générations 1955, 1956 et 1957 : 166 trimestres nécessaires (41 ans et 6 mois) • Générations 1958, 1959 et 1960 : 167 trimestres nécessaires (41 ans et 9 mois) • Générations 1961, 1962 et 1963 : 168 trimestres (42 ans) • Générations 1964, 1965 et 1966 : 169 trimestres (42 ans et 3 mois) • Générations 1967, 1968 et 1969 : 170 trimestres (42 ans et 6 mois) • Générations 1970, 1971 et 1972 : 171 trimestres (42 ans et 9 mois) • Générations à partir de 1973 : 172 trimestres (43 ans) Il existe un moyen très simple de connaître son relevé de carrière, et donc le nombre de trimestres déjà acquis. L’ensemble des périodes professionnelles est accessible à chacun sur le site Info-Retraite.

L’accélération de la réforme Touraine, une proposition portée par LR au Sénat

Depuis l’an dernier, le gouvernement n’a pas caché son intention de repousser l’âge légal de départ à la retraite. Il n’a pas non plus exclu de coupler un recul de l’âge légal à une accélération de la mise en œuvre de la réforme Touraine, pour parvenir plus vite aux 43 annuités, notamment dans le scénario d’un report de l’âge légal à 64 ans. Lors d’une conférence de presse à l’occasion d’un point d’étape dans les échanges avec les partenaires sociaux, le 15 décembre 2022, le ministre du Travail Olivier Dussopt s’était montré clair sur la stabilité de la durée de cotisation. « Il est sûr que nous n’irons pas au-delà des 43 annuités requises pour obtenir le taux plein », avait-il précisé. À lire aussi >> La réforme des retraites est-elle une nécessité pour « sécuriser le système » ? Cet automne, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, la majorité sénatoriale de droite et du centre avait également la réforme Touraine dans son viseur. Dans le scénario de la réforme des retraites imaginé par le rapporteur LR René-Paul Savary, le principe était de porter la durée d’assurance requise pour le taux plein à 43 annuités dès la génération 1967, au lieu d’attendre la génération 1973. Selon les calculs de la commission des affaires sociales du Sénat, cette accélération de la réforme Touraine aurait permis de dégager 2,9 milliards d’euros de recettes supplémentaires à l’horizon 2030. On connaîtra ce mardi la proposition du gouvernement concernant le rythme d’évolution de la durée de cotisation.

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites : ce qu’il faut savoir de la réforme Touraine, qui modifie la durée de cotisation
4min

Politique

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle » : malgré sa condamnation, Marine Le Pen se lance et se pourvoit en cassation

En dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics, la leader du RN annonce sa candidature à la présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation, ce qui rend suspensif la décision de la Cour d’appel, lui permettant de faire campagne sans bracelet électronique. Assurant former un « couple politique » avec Jordan Bardella, ils mèneront campagne « en binôme ».

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
7min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : une éventuelle candidature à la présidentielle attaquée sous l'angle de l'éthique, à gauche comme à droite

Le délibéré de la Cour d'appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN laisse le personnel politique dans l'expectative. Condamnée mais éligible, Marine Le Pen peut, en théorie, être candidate à l'élection présidentielle. À droite comme à gauche, on met en avant la dimension éthique et morale d'une potentielle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le