Retraites: « chenil » ou « tyrannie » le ton monte aussi sur le web entre certains députés
"Arrogance, mépris" venant du "chenil des marcheurs" dénoncés d'un côté, "tyrannie" et "simulacre de victimisation" de l'autre:...

Retraites: « chenil » ou « tyrannie » le ton monte aussi sur le web entre certains députés

"Arrogance, mépris" venant du "chenil des marcheurs" dénoncés d'un côté, "tyrannie" et "simulacre de victimisation" de l'autre:...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

"Arrogance, mépris" venant du "chenil des marcheurs" dénoncés d'un côté, "tyrannie" et "simulacre de victimisation" de l'autre: oppositions et majorité s'affrontent aussi par réseaux sociaux interposés sur la réforme des retraites, avec des répercussions jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée.

"Le débat se passe ici. Ce n'est ni les réseaux sociaux qui doivent intervenir dans cet hémicycle, ni l'extérieur qui doit intervenir dans cet hémicycle", a lancé jeudi Brigitte Bourguignon, présidente (LREM) de la commission spéciale retraites, au 4e jour d'un examen qui patine.

Un vif échange avait opposé plus tôt l'insoumise Clémentine Autain à Meyer Habib (UDI-Agir), après un tweet du député qualifiant de "petites connes" des élues de la gauche de la gauche ayant participé à la chorégraphie à succès "A cause de Macron", lundi soir, aux abords du palais Bourbon.

M. Habib a maintenu son expression "à cause des petites connes" dans l'hémicycle, s'attirant les foudres de Mme Autain qui a dénoncé des propos "sexistes et insultants".

Sur Twitter, le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon a jugé que Meyer Habib était "encouragé à la haine par les vociférations du chenil des marcheurs", autrement dit des députés LREM... Ambiance.

La majorité elle-même ne prend souvent pas de pincettes avec les oppositions de gauche sur les réseaux. "Tyrannie de la minorité" qui abuse de l'obstruction, "grandeur et décadence de la gauche française qui insulte ses anciens et son avenir", et encore "colère théâtralisée" ont été épinglés ces derniers jours.

En conférence des présidents de l'Assemblée jeudi, les chefs de file des groupes politiques ont convenu qu'il serait souhaitable d'éviter les grossièretés en séance, et que les réseaux sociaux ne devaient pas devenir l'objet du débat.

Et la vice-présidente Annie Genevard (LR) a réitéré sa demande de modifier le règlement interne pour interdire photos et vidéos par les députés eux-mêmes dans l'hémicycle.

C'est que certains ne se privent pas de saisir leurs opposants en pleine action, voire de prendre des images de conciliabules pendant les suspensions de séance.

"Ce matin nous avons de la chance! Nous avons François Ruffin qui vient finir le tournage de son prochain film dans l’hémicycle. Il ne se préoccupe absolument pas des Françaises et des Français, mais du buzz qu’il peut faire!", a tweeté Marie-Christine Verdier-Jouclas (LREM) au sujet de l'insoumis journaliste et réalisateur de profession. Eric Coquerel (LFI) a protesté en séance.

Souvent, le ton est cependant différent en ligne. A la plaisanterie quand Philippe Gosselin (LR) pointe l'absence de "risque d'excès de vitesse" dans les débats ou quand Anthony Cellier (LREM) note que "le jour où l’inventeur du copier-coller décède, la France insoumise et les communistes lui rendent hommage en appliquant le Ctrl+C / Ctrl+V sur tous leurs amendements".

Voire aux références littéraires: pour son collègue Jean-Marc Zulesi, "ce n'est plus un débat parlementaire, c'est du Proust. A la recherche du temps perdu, perdu pour les Français surtout".

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le