Retraites, contrat pour les jeunes : Castex détaille les priorités de la fin du quinquennat

Retraites, contrat pour les jeunes : Castex détaille les priorités de la fin du quinquennat

« 200 jours pour agir jusqu’au bout ». C’est le message de la communication gouvernementale, alors que tous les regards se tournent vers 2022. Le premier ministre a présenté le calendrier des dernières réformes, à l’issue d’un séminaire du gouvernement. Pour la réforme des retraites, « à ce jour, les conditions ne sont toujours pas réunies ».
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Tous les regards se tournent vers 2022, y compris chez LREM. Le parti présidentiel l’a démontré en début de semaine, pour ses journées parlementaires. Mais au sein de l’exécutif, on entend se montrer tourné vers l’action jusqu’au bout. « Le gouvernement est pleinement et totalement à la tâche », a assuré ce mercredi le premier ministre Jean Castex, à l’issue d’un séminaire gouvernemental de rentrée.

« 200 jours nous séparent des prochaines échéances démocratiques. […] 200 jours pour agir jusqu’au bout », dit-il. Surtout, ne pas donner l’impression de finir le quinquennat en roue libre. Quitte à exagérer le trait. « L’agenda des prochaines semaines et des prochains mois est finalement aussi intense que si nous étions au début d’un quinquennat », soutient Jean Castex, qui fait mine d’oublier que le Parlement termine ses travaux dès la fin février, pour laisser la place à la campagne présidentielle. Pas de quoi se lancer dans de grandes réformes, malgré ce que laisse entendre la communication gouvernementale. Mais le premier ministre a encore quelques cartouches dans sa besace. Pas de surprise, mais de quoi occuper le terrain quand les oppositions seront dans leurs bisbilles de candidats et de primaires…

  • Le revenu d’engagement pour les jeunes, « un contrat donnant-donnant »

C’était dans les cartons depuis des mois, ça se précise : le revenu d’engagement pour les jeunes sera dévoilé bientôt. Emmanuel Macron entend faire de la jeunesse l’un des axes de la fin du quinquennat. Jean Castex veut « un accompagnement exigeant, pour un contrat donnant-donnant, un vrai contrat d’engagement. Il ne s’agira pas d’un RSA jeune, mais d’encourager, de valoriser l’insertion professionnelle et l’activité ». Le « RSA jeune », c’est justement ce dont ne veut pas le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Au sein du gouvernement, deux visions s’opposent en réalité entre le locataire de Bercy et la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Cette dernière « poursuivra ses concertations, en lien avec les partenaires sociaux, pour présenter ce dispositif dans les prochaines semaines », précise Jean Castex.

Jean Castex annonce "un contrat d'engagement" pour les jeunes
01:31

Toujours côté emploi, le premier ministre recevra « les présidents de régions, sans doute lundi », pour aborder la question de la formation professionnelle. C’est l’une des compétences des régions. L’exécutif veut « renforcer la formation » des demandeurs d’emploi, alors que 300.000 emplois sont non pourvus. Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, à la tête des Hauts-de-France et de l’Ile-de-France, et accessoirement concurrents pour le leadership à droite pour 2022, devraient donc se retrouver autour de Jean Castex. Pas sûr qu’ils arrivent ensemble. Ils pourront toujours faire un bilan de compétence.

  • Réforme des retraites : « A ce jour, les conditions ne sont toujours pas réunies »

Réforme des retraites: "Aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies", affirme Jean Castex
01:34

Sujet de discorde au sein de la majorité présidentielle (lire ici), le séminaire a permis de faire le point sur les retraites. Y aura-t-il un retour de la réforme ou pas ? « Nécessité absolue », Jean Castex a rappelé les conditions de la reprise de la réforme, fixées en juillet par Emmanuel Macron : « Une pandémie sous contrôle et que la reprise économique soit suffisamment solide ». Au regard de la situation, on pourrait penser qu’on coche presque les cases. Mais pour Jean Castex, « à ce jour, ces conditions ne sont toujours pas réunies ». Il convient aussi de « favoriser au maximum l’unité du pays ». Ce qui va dans le sens des parlementaires LREM qui craignent le retour des blocages, juste avant la présidentielle…

  • Covid-19 : « Conserver la plus grande des prudences »

« L’épidémie n’est pas encore derrière nous et les variants doivent nous amener à conserver la plus grande des prudences », prévient Jean Castex, même si la situation s’améliore en métropole, avec une « vaccination (qui) nous a permis d’affronter la quatrième vague ». En Outre-mer, il a rappelé les « ravages » qu’a faits le virus cet été et encore aujourd’hui. Il a de nouveau appelé à « se faire vacciner » et souligne l’importance que les plus âgés et ceux à risque, encore non vaccinés, le fassent. « Il faut que la vaccination aille vers ces personnes », dit-il.

  • Le plan d’investissement « France 2030 » présenté début octobre

Jean Castex se réjouit du « rebond spectaculaire de notre économie. La reprise est là » avec une croissance de 6 % et un taux de chômage revenu à son niveau d’avant crise du covid-19. Pour aller plus loin, l’exécutif va présenter « au cours de la première quinzaine d’octobre » « un plan d’investissement pour bâtir la France de 2030 ».

Jean Castex note "un rebond spectaculaire de l'économie"
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« Il ne s’agit pas d’un plan de relance bis, mais d’un travail sur un plan plus long », qui visera notamment le numérique, les énergies vertes. Le gouvernement en fera une question « d’emploi, d’aménagement du territoire et aussi, et surtout, de souveraineté nationale ». Selon le Canard Enchaîné, les ministres ont dû revoir leur copie sur ce plan, Emmanuel Macron n’étant pas satisfait des mesures proposées.

  • Réforme de l’assurance chômage appliquée car « les conditions sont aujourd’hui différentes »

Réforme de l'Assurance chômage: "Nous devons mieux valoriser l'emploi" affirme Jean Castex
03:12

Face aux difficultés de recrutement, le gouvernement mise sur les discussions en cours sur les salaires au sein des branches professionnelles. Mais aussi sur la réforme de l’assurance chômage, qui avait été un temps suspendue face à la crise du covid-19 et la situation économique. « Les conditions sont aujourd’hui différentes », selon le premier ministre. Elle sera donc appliquée de façon « progressive », entre le 1er octobre et le 1er décembre. Le Conseil d’Etat avait suspendu en juin l’application des nouvelles règles, pointant l’« incertitude sur la situation économique ». Vivement dénoncée par les syndicats et les salariés, la réforme durcit les conditions d’ouverture de droits au chômage.

  • Plan pour les indépendants pour « améliorer leur protection sociale »

« Un plan pour les travailleurs indépendants, dont l’objectif sera de faciliter la conduite de leurs activités et d’améliorer leur protection sociale » est également prévu, ainsi qu’« un nouveau dispositif d’assurance récolte » pour les agriculteurs confrontés aux « événements climatiques extrêmes ».

  • Budget de la justice en hausse à nouveau de 8 %

Sur le plan régalien, « le Président va conclure la semaine prochaine le Beauvau de la sécurité » qui se traduira dans « le budget 2022 ». Il rappelle au passage que 10.000 postes de policiers ont déjà été créés. Côté justice, après une hausse « inédite » de 8 % de son budget l’an dernier, Jean Castex « annonce que le budget 2022 prévoit le renouvellement de cet effort de + 8 % en 2022 ». Il annonce également les états généraux de la justice, début octobre.

  • 19 milliards d’euros pour la phase 2 du Ségur de la Santé, entrée en vigueur de la PMA pour toute en « octobre »

Le gouvernement entend agir encore pour la santé. Après le « Ségur de la santé » et ses revalorisations salariales, la « phase 2 du Ségur, celle de l’investissement pour la modernisation de nos établissements de santé et de soin », prévoit « 19 milliards d’euros ».

« Nous allons dévoiler la carte des sites retenus », explique le premier ministre, qui ajoute au programme « les assises nationales de la santé mentale ». Quant à la réforme PMA pour toutes les femmes, définitivement adoptée par le Parlement, elle « entrera en vigueur à compter d’octobre prochain ».

  • Mesures sur « la prise en charge de la dépendance » des personnes âgées

Le dernier PLFSS du quinquennat, c’est-à-dire le budget de la Sécurité sociale, sera présenté « le 6 octobre en Conseil des ministres ». Il prévoira des « mesures pour renforcer la cinquième branche de la sécurité sociale, que nous avons créée l’an dernier, dans le champ de l’autonomie des personnes âgées et de la prise en charge de la dépendance ». Ce qui confirme que l’idée d’une grande loi sur le sujet est donc écartée.

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