Retraites : « Dans notre projet, quatre Français sur dix n’auront pas à travailler jusqu’à 64 ans », assure Élisabeth Borne
Au Sénat ce mercredi 8 février, la Première ministre a de nouveau défendu la nécessité d’un report de l’âge légal de départ à la retraite, évoquant « les déficits » qui menacent le système. Mais elle assure que près de la moitié des travailleurs pourront partir à la retraite avant 64 ans grâce aux aménagements prévus.

Retraites : « Dans notre projet, quatre Français sur dix n’auront pas à travailler jusqu’à 64 ans », assure Élisabeth Borne

Au Sénat ce mercredi 8 février, la Première ministre a de nouveau défendu la nécessité d’un report de l’âge légal de départ à la retraite, évoquant « les déficits » qui menacent le système. Mais elle assure que près de la moitié des travailleurs pourront partir à la retraite avant 64 ans grâce aux aménagements prévus.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Alors que l’Assemblée nationale est entrée mercredi dans sa troisième journée d’examen du projet de réforme des retraites, les esprits commencent aussi à s’échauffer sur les bancs du Sénat, où le texte devrait être déposé d’ici une dizaine de jours. Ce mercredi, à l’occasion de la séance des questions au gouvernement, le sénateur EELV Guillaume Gontard, président du groupe Écologiste - Solidarité et Territoires, a vivement interpellé la Première ministre Élisabeth Borne, lui demandant quand est-ce qu’elle allait « retirer ce projet de loi aussi inutile qu’injuste ». « Vous savez qu’on ne gouverne pas contre le peuple. Cessez d’appliquer une consigne que vous savez absurde, cessez de vouloir passer en force, cessez d’ignorer les syndicats, les parlementaires et le peuple, cessez d’ignorer une société qui change ! », lui a-t-il lancé.

« C’est vrai, nous demandons un effort aux Français, mais c’est le seul chemin »

La cheffe du gouvernement a de nouveau invoqué la soutenabilité du système par répartition pour lui répondre, argument décliné par l’exécutif depuis de longs moins pour justifier d’un report de l’âge de départ de 62 à 64 ans. « Le nombre de personnes qui travaillent et qui cotisent diminue par rapport au nombre de retraités. Si nous ne faisons rien, les déficits vont se creuser », a-t-elle assuré. Avant de concéder : « C’est vrai, nous demandons un effort aux Français, mais c’est le seul chemin pour assurer l’équilibre de nos retraites. »

« Ce chemin le Sénat ne le découvre pas », a poursuivi Élisabeth Borne. « Il y a de réelles convergences entre notre projet et les travaux de votre assemblée comme en témoigne votre adoption depuis plusieurs années d’un amendement repoussant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. » Un argument difficilement entendable pour l’écologiste Guillaume Gontard, et davantage adressé à la majorité sénatoriale de droite et du centre qui chaque automne, depuis plusieurs années, vote un allongement de la durée de travail lors de l’examen du projet de loi de finances.

« Sans cette réforme, ce sera toujours plus de chômage et moins de pouvoir d’achat »

Guillaume Gontard a encore reproché à Élisabeth Borne de précariser les plus fragiles, citant les cas de « Marie, infirmière ; Fouad, animateur ; Rosalie, vendeuse ; Thibaud, agent d’entretien », ou encore de « Florence, auxiliaire de vie », « qui étaient hier dans la rue, y seront samedi et les jours suivants parce qu’ils ne comprennent pas cet acharnement à leur prendre deux ans de leur vie. »

La Première ministre a reproché au sénateur de « multiplier les phrases définitives et les caricatures ». « Dans notre projet, quatre Français sur dix, ceux qui ont travaillé plus tôt ou exercent des métiers pénibles, n’auront pas à travailler jusqu’à 64 ans », a-t-elle assuré alors que les aménagements prévus autour de la réforme, notamment pour les carrières longues et les seniors, sont jugés insuffisants jusque dans les rangs de la droite. « Sans cette réforme, les plus riches auront toujours une retraite, en revanche, pour les classes moyennes et les plus modestes, ce sera toujours plus de chômage et moins de pouvoir d’achat », a-t-elle encore menacé.

« Notre projet n’est pas figé, il a déjà évolué grâce aux concertations, il évoluera et s’enrichira grâce aux débats parlementaires », a encore ajouté Élisabeth Borne, qui a déjà rappelé à plusieurs reprises que le recul de l’âge de départ, en revanche, n’était pas négociable.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le