Le calendrier de la réforme des retraites restait entouré du plus grand flou vendredi: le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a évoqué une concertation de près d'"un an", Edouard Philippe assurant ensuite que le projet de loi serait examiné au Parlement "dans les mois qui viennent".
"On va prendre un an, un petit peu moins d'un an de concertation avec la société, avec les avocats, avec les infirmières, avec les professeurs, tous ceux qui sont concernés", a assuré Gérald Darmanin sur RTL, laissant présager d'un examen du projet de loi bien après les élections municipales de mars 2020.
Comme on lui demandait si la déclaration de son ministre des Comptes publics laissait supposer un report de la réforme, Edouard Philippe a répondu: "Non, pas du tout".
"Ma détermination est totale, mais dans la méthode, nous voulons prendre le temps d'abord de partager sur un texte aussi important", a expliqué le Premier ministre lors d'un déplacement dans un lycée du Muy (Var).
Il sera tenu "compte de ce qui sera dit" lors de la vaste concertation annoncée "pour faire un projet de loi qui sera présenté au Parlement, comme je m'y suis engagé, dans les mois qui viennent", a-t-il poursuivi.
Les échéances se sont allongées autour de ce projet de loi qui initialement devait être présenté en Conseil des ministres avant la fin de l'année 2019.
Edouard Philippe en déplacement dans un lycée de Le Muy (Var), le 30 août 2019
AFP
Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye avait présenté mi-juillet un rapport préconisant la mise en place, à partir de 2025, d'un "système universel" de retraites par points fusionnant les 42 régimes existants. Il avait recommandé de fixer un "taux plein" à l'âge "pivot" de 64 ans pour tous, assorti d'un système de décote/surcote.
Le président Emmanuel Macron avait créé la surprise lundi en disant préférer "un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge" de départ, tout en affirmant que "rien" n'était "décidé" à ce stade. "Une ouverture faite notamment à la CFDT et à M. (Laurent) Berger", a confirmé Gérald Darmanin sur RTL.
Edouard Philippe lancera jeudi et vendredi à Matignon une nouvelle phase de concertation sur la base du rapport Delevoye, en recevant syndicats et patronat. Un processus de "concertation citoyenne" doit ensuite être lancé à l'automne.
"Lorsque j'aurai rencontré les organisations syndicales et patronales, il me reviendra de faire des annonces sur ce calendrier, sur ce rythme, sur cette méthode, mais ne croyez en rien que la détermination du gouvernement serait amoindrie", a insisté le chef du gouvernement vendredi.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, les courbes se croisent : le leader de La France insoumise gagne deux points et passe devant l'ancien Premier ministre. Au centre, Édouard Philippe, pourtant fragilisé, reste de loin le mieux placé face à Gabriel Attal.