Retraites: débat électrique entre Delevoye et Martinez à la Fête de l’Humanité
Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a défendu samedi le projet de réforme des retraites du gouvernement face au...

Retraites: débat électrique entre Delevoye et Martinez à la Fête de l’Humanité

Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a défendu samedi le projet de réforme des retraites du gouvernement face au...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a défendu samedi le projet de réforme des retraites du gouvernement face au patron de la CGT Philippe Martinez, au cours d'un débat tendu, à la Fête de l'Humanité.

L'un des modérateurs de la discussion, le directeur de la rédaction de L'Humanité Patrick Apel-Muller, a dû plusieurs fois tempérer les invectives et les huées d'une partie des centaines de personnes dans l'assistance, au lendemain d'une grève contre le projet de réforme très suivie à la RATP.

"C'est le premier ministre qui accepte de débattre avec la CGT", s'est félicité Philippe Martinez. Mais, a-t-il attaqué, "pas une seule des 132 pages de votre rapport (qui sert de base à la réforme du gouvernement, NDLR) ne reprend nos propositions".

"Nous avons 42 régimes de retraite, ce qui pose un problème d'équité", a expliqué M. Delevoye. "Nous avons immédiatement opté sur ce qui fait la richesse de ce pays, la répartition", mais en définissant les "mêmes règles pour tous, le même taux de cotisation, pour qu'à carrière identique, la retraite soit identique", a-t-il ajouté.

"Nos concitoyens jugent le système actuel injuste, illisible, nous travaillons à un système dans lequel la retraite sera le reflet du travail", a déclaré le haut-commissaire.

Philippe Martinez a déploré le système par points souhaité par le gouvernement. "Le président avait dit +un euro cotisé, un euro reversé+, ils ont modifié, un euro cotisé donnera un point. Mais qui va définir la valeur du point ? Ne pourra-t-il pas baisser au nom, par exemple, de la réduction des déficits ?"

Jean-Paul Delevoye lui a rétorqué : "Nous avons proposé d'indexer le point sur les salaires, mécaniquement sa valeur ne peut pas baisser". Mais, a-t-il convenu, "ce qui pose potentiellement problème, c'est la confiance, qui va déterminer la valeur du point. Ce sont les partenaires sociaux".

"Avec une telle gouvernance, sur l'injonction des marchés, des logiques d'austérité, la valeur du point baissera", s'est inquiété M. Martinez.

"Seules comptent deux choses : à quel âge je peux partir, et avec combien. Ne vous laissez pas embrouiller avec l'âge pivot, d'équilibre... ça, c'est ceux qui ne regardent qu'en termes de dépenses", a-t-il insisté.

La valeur et la gouvernance du point seront l'un des points-clés des consultations citoyennes lancées par le gouvernement entre septembre et décembre.

Si les deux hommes se sont accordés sur la nécessité de résoudre le problème de carrières de plus en plus heurtées et précaires, M. Delevoye a estimé que ce qu'il préconisait "va redistribuer des carrières ascendantes, longues, vers les précaires".

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipal elections in Toulouse : Francois Piquemal and Francois Briancon meeting the people of Toulouse
7min

Politique

Municipales : des fusions entre listes PS et LFI aux succès très limités

Les listes PS/LFI, dont les fusions se sont multipliées pour le second tour, ont connu un certain échec pour les municipales. A l’inverse, les candidats socialistes qui ont gardé leur distance avec LFI s’en sortent bien. De quoi relancer les débats qui travaillent le PS, sur la meilleure stratégie à suivre pour 2027.

Le

Ballot Paper Envelopes Elections France
7min

Politique

Paris reste à gauche, LR s’impose dans les villes moyennes, percée du RN … Les principaux enseignements des municipales 2026

Entre confirmation des ancrages locaux et bascules historiques, le bilan des municipales 2026 révèle une fracture droite-gauche entre les territoires et les grandes villes. Alors que le bloc central et LR s'emparent d’importants trophées comme Bordeaux ou Clermont-Ferrand, à gauche la stratégie d'alliance avec La France insoumise interroge après une série de revers pour le PS et les Écologistes. Néanmoins, Paris, Marseille et Lyon restent aux mains de la gauche.

Le