Retraites: des amendements symboliques et un incident de séance à l’Assemblée
Toujours au ralenti, l'Assemblée nationale a ajouté dimanche quelques objectifs symboliques à la réforme des retraites, comme la...

Retraites: des amendements symboliques et un incident de séance à l’Assemblée

Toujours au ralenti, l'Assemblée nationale a ajouté dimanche quelques objectifs symboliques à la réforme des retraites, comme la...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Toujours au ralenti, l'Assemblée nationale a ajouté dimanche quelques objectifs symboliques à la réforme des retraites, comme la garantie d'un "niveau de vie digne" pour les retraités, dans une journée marquée par un incident entre Olivier Faure (PS) et le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM).

La concorde le matin et la discorde le soir. Dans un rare moment d'harmonie sur ce projet de loi, les députés ont adopté durant la matinée un amendement gouvernemental fixant symboliquement un "objectif de garantie d'un niveau de vie satisfaisant et digne aux retraités" dans les principes généraux du système universel des retraites, objet de l'article 1 que les députés sont toujours en train d'examiner.

C'est le communiste Stéphane Peu qui avait plaidé au départ pour l'inscription symbolique du terme "digne" dans ces objectifs. Dans une "volonté de compromis et d'accélération de nos travaux", le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski a proposé d'allier "satisfaisant" et "digne" dans la formulation de l'amendement gouvernemental.

En fin d'après-midi, les députés ont repris deux amendements votés en commission. Le premier, à valeur symbolique, souligne le caractère "solidaire" des cotisations et contributions retraite. Le second, soutenu par la gauche, insiste sur la prise en compte "des gains de productivité" dans le pilotage du système des retraites.

Le soir, ils ont adopté un ultime amendement de Thierry Benoît (UDI), symbolique encore, pour se fixer "un objectif de confiance des jeunes générations dans la garantie de leurs droits à retraite futurs".

Des moments de tension ont aussi émaillé cette septième journée sur les retraites dans l'hémicycle.

Le plus important a opposé en fin de soirée le premier secrétaire du PS Olivier Faure au président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) au sujet de la commission d'enquête réclamée par le PS sur la "sincérité" de l'étude d'impact accompagnant la réforme.

A plusieurs reprises, Olivier Faure a pris la parole pour demander pourquoi la Garde des Sceaux Nicole Belloubet n'avait pas été saisie de cette demande de commission d'enquête, jusqu'à réclamer avec insistance à Richard Ferrand une copie du courrier adressé à Mme Belloubet.

"Croyez-vous que je vous mente? Tout de même, ça fait deux fois que je vous dit que ce foutu courrier est parti", a fini par rétorquer Richard Ferrand, en coupant le micro de M. Faure.

Olivier Faure s'est emporté hors micro et pendant la suspension de séance. "On est où là?", "c'est quoi ça?", ont réagi plusieurs députés dans l'hémicycle, pour protester contre le ton du dirigeant socialiste.

A la reprise des débats, M. Ferrand a transmis "la copie du courrier du 18 février", adressé à Mme Belloubet. "Je considère que l'incident est clos. (...) Mais vous devez à tout le moins des excuses au président de l'Assemblée nationale pour avoir mis en doute son honnêteté".

"Dont acte, l'incident est clos. Demain nous vérifierons auprès de Mme Belloubet quelles sont les raisons pour lesquelles elle n'a pas encore répondu", a réagi Olivier Faure.

Durant la journée, la majorité a encore reproché aux insoumis et aux communistes de "bloquer" l'Assemblée avec leurs milliers d'amendements, "une logorrhée antiparlementaire", selon le rapporteur Nicolas Turquois (MoDem).

"Vous voulez une opposition qui ne s'oppose pas? (...) Buvez un bon coup, respirez un bon coup, ça ira mieux après", a répondu Jean-Luc Mélenchon (LFI), en critiquant la tentation "autoritaire", voire "totalitaire" des LREM, pendant que le communiste Fabien Roussel accusait la majorité de vouloir "raser l'Assemblée".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le