Retraites : des élus de gauche remettent une lettre à l’Élysée pour demander le retrait de la réforme
Une délégation de députés et sénateurs communistes, accompagnés du député Bertrand Pancher (LIOT), s’est rendue ce 4 avril à l’Élysée. Reçus par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, ils lui ont communiqué une série de messages à transmettre au chef de l’État. En premier lieu : le retrait du texte sur la réforme des retraites.

Retraites : des élus de gauche remettent une lettre à l’Élysée pour demander le retrait de la réforme

Une délégation de députés et sénateurs communistes, accompagnés du député Bertrand Pancher (LIOT), s’est rendue ce 4 avril à l’Élysée. Reçus par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, ils lui ont communiqué une série de messages à transmettre au chef de l’État. En premier lieu : le retrait du texte sur la réforme des retraites.
Guillaume Jacquot

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Le courrier destiné à Emmanuel Macron a bien été remis, mais l’image ne ressemblait pas vraiment à ce que les parlementaires communistes avaient annoncé il y a cinq jours. Le « cortège républicain » de députés et de sénateurs de gauche, qui devait partir de l’Assemblée nationale pour parvenir jusqu’au palais de l’Élysée ce 4 mars a bien eu lieu, mais dans des proportions plus réduites. La « marche » vers la présidence de la République a consisté, en réalité, pour les élus présents à remonter les 400 mètres de l’avenue Gabriel, qui relie la Concorde à l’arrière de l’Élysée.

Seuls les élus communistes, accompagnés d’élus apparentés comme la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann (Gauche républicaine et socialiste), ont fait le fait le déplacement, tout comme le député Bertrand Pancher, le président du groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), au centre de la motion de censure transpartisane le mois dernier. Les représentants des groupes socialistes et écologistes, qui étaient attendus, ne se sont finalement pas présentés. Pas plus que les députés de la France insoumise, qui ont refusé de se joindre au mouvement.

« Nous vous demandons, une fois encore et solennellement, de renoncer à votre funeste projet »

Dépouillée des logos des différents groupes, la lettre remise ce mardi à l’Élysée précise néanmoins que cet appel solennel est collégial. « Sauf à prendre la responsabilité d’une fracture durable de notre société et de notre pacte social, nous, députées et députés, sénatrices et sénateurs des forces politiques de gauche et écologistes, vous demandons, une fois encore et solennellement, de renoncer à votre funeste projet en le retirant », peut-on lire sur la missive adressée à Emmanuel Macron. « Votre refus d’entendre le peuple attise sa colère et crée une crise sociale, politique et démocratique sans précédent », expriment-ils également.

C’est son directeur de cabinet en personne, Patrick Strzoda, qui a réceptionné le message écrit des parlementaires. Une petite délégation, principalement composée des présidents de groupe, s’est ensuite entretenue avec lui pendant une petite demi-heure. De l’avis de Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste, l’échange a été « très franc et très direct ». « Nous avons appelé à ce que le président de la République prenne des initiatives rapidement pour sortir de cette crise, notamment en redonnant la parole aux Français par l’intermédiaire d’un référendum », a précisé le député du Nord. Selon lui, le directeur de cabinet s’est « engagé à transmettre directement au président de la République et fidèlement ».

« Il faut saluer le fait que nous ayons été reçus », insiste Éliane Assassi, la présidente du groupe communiste au Sénat. « C’est aussi montrer en quoi des parlementaires peuvent être utiles au mouvement qui s’exprime dans le pays. » Bertrand Pancher a expliqué pour sa part, lors de l’entrevue, que le « feu couvait sous la cendre dans notre pays » et qu’il n’y avait « pas de déshonneur pour le président de la République à retirer la réforme ».

Aucune initiative de l’exécutif avant la décision du Conseil constitutionnel, selon Fabien Roussel

Les parlementaires sont ressortis de l’Élysée avec un horizon : la date du 14 avril, date à laquelle le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la réforme des retraites, mais aussi sur le projet de référendum d’initiative partagé, demandé par les oppositions de gauche. D’ici là, rien ne devrait bouger au sommet de l’État. « Le président de la République aurait bien conscience de la crise dans laquelle nous sommes mais il faut maintenant attendre la décision du Conseil constitutionnel pour qu’ensuite des initiatives soient prises par le gouvernement, le président de la République », relate Fabien Roussel. D’ici là, la délégation parlementaire appellera à « maintenir la mobilisation » et continuera de réclamer un retrait de la réforme et une consultation des Français par référendum.

Interrogé par Public Sénat sur l’absence des autres partenaires de gauche dans ce cortège, le sénateur écologiste Guy Benarroche met en avant les problèmes d’autorisation du cortège mais également des changements dans l’objet du courrier à remettre au président de la République. « Tout cela a entraîné des retraits de participations. À partir du moment où ça n’a plus fait consensus, ce n’était plus une initiative commune. On en a discuté, on a jugé que ça n’avait plus de sens », témoigne le sénateur des Bouches-du-Rhône, qui avait pourtant annoncé lui-même sa participation la veille.

Les groupes de la NUPES, en séminaire ce soir pour faire le bilan de leur stratégie commune, aborderont probablement la question.

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