Retraites : Emmanuel Macron a « cassé toute ligne de dialogue avec les syndicats », estime Stéphane Le Foll
Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll, le maire socialiste du Mans, pointe la fermeté affichée par le chef de l’Etat sur sa réforme des retraites, dans un contexte de vives tensions sociales. L’élu ne croit pas que la séquence de consultations avec les partenaires sociaux et le gouvernement, qui va s’ouvrir la semaine prochaine, puisse aboutir.

Retraites : Emmanuel Macron a « cassé toute ligne de dialogue avec les syndicats », estime Stéphane Le Foll

Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll, le maire socialiste du Mans, pointe la fermeté affichée par le chef de l’Etat sur sa réforme des retraites, dans un contexte de vives tensions sociales. L’élu ne croit pas que la séquence de consultations avec les partenaires sociaux et le gouvernement, qui va s’ouvrir la semaine prochaine, puisse aboutir.
Romain David

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Les syndicats seront reçus à Matignon à partir de lundi. De quoi laisser espérer un début de sortie de crise, après le passage en force du gouvernement sur la réforme des retraites, même si l’exécutif ne semble pas prêt à remettre sur la table l’épineuse question de l’allongement de la durée de travail. « Je ne crois pas que le dialogue soit possible, dans la mesure où l’intersyndicale veut rediscuter du report de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, et d’après ce que j’ai compris […] s’il y a quelque chose dont le gouvernement et le président de la République ne veulent pas discuter, c’est le report », a réagi ce jeudi 30 mars au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll, le maire PS du Mans. « Cela dit, le fait qu’Élisabeth Borne invite les syndicats et qu’ils s’y rendent, dans un contexte comme celui d’aujourd’hui, c’est mieux que d’être coupé de toute relation. »

Pour cet ancien ministre de François Hollande, « la responsabilité du président de la République est majeure ». Il reproche à Emmanuel Macron une absence d’ouverture dans un contexte de forte grogne sociale. « L’intervention post 49.3 du président de la République, cassant toute ligne de dialogue avec les syndicats, est un risque pour le dialogue social », estime l’élu. « Alors que pendant dix journées de manifestations ils ont mis des millions de gens dans la rue, leur dire qu’ils n’ont aucun débouché par rapport à ce qu’ils ont réussi à mobiliser est une faute. »

« Il y a quelque chose à revoir dans l’équilibre entre l’exécutif et le législatif »

« On a un vrai problème pour revenir à la social-démocratie, qui consiste à avoir un lien organique entre le syndicalisme et les forces de progrès », poursuit le socialiste. « Là, il n’y a aucun lien historique, mais en rajouter dans la fracture et la désorganisation du dialogue social, comme cela a été fait à l’occasion de cette réforme des retraites, est un risque pour notre démocratie. »

Pour Stéphane Le Foll, la crise sociale et politique qui s’est ouverte à l’occasion de la réforme des retraites trahit aussi une crise institutionnelle. « Les institutions sont totalement fragilisées. Trop de pouvoir sur un temps trop court conduit à vouloir décider vite, fort, quitte à se couper du reste et être incompris. Il y a quelque chose à revoir dans l’équilibre entre l’exécutif et le législatif », observe-t-il. « Il faut rééquilibrer les pouvoirs, le quinquennat a raccourci la durée de l’exercice présidentiel en gardant la totalité des pouvoirs du septennat, et là nous avons un problème. »

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