Retraites : « En l’état, je ne voterai pas la réforme », avertit le LR Jérôme Bascher qui demande un meilleur « équilibre social »
Les Républicains soutiennent le gouvernement sur la réforme des retraites, mais à leurs conditions. Invité ce jeudi 19 janvier de la matinale de Public Sénat, le sénateur LR Jérôme Bascher a laissé entendre que la droite sénatoriale ne votera le texte qu’après en avoir largement augmenté le volet social, jugé insuffisant au regard de l’effort demandé sur l’allongement de la durée de travail.

Retraites : « En l’état, je ne voterai pas la réforme », avertit le LR Jérôme Bascher qui demande un meilleur « équilibre social »

Les Républicains soutiennent le gouvernement sur la réforme des retraites, mais à leurs conditions. Invité ce jeudi 19 janvier de la matinale de Public Sénat, le sénateur LR Jérôme Bascher a laissé entendre que la droite sénatoriale ne votera le texte qu’après en avoir largement augmenté le volet social, jugé insuffisant au regard de l’effort demandé sur l’allongement de la durée de travail.
Romain David

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La pression sur le gouvernement s’accroît de toutes parts depuis la présentation de la réforme des retraites. À gauche d’abord, puisque ce jeudi 19 janvier, les organisations syndicales et les différentes composantes de la Nupes descendent dans la rue pour donner le coup d’envoi d’une mobilisation qu’ils espèrent inscrire dans la durée. Mais à droite également. Car si l’exécutif mise sur le rôle pivot des LR à l’Assemblée nationale, et leur poids politique au Sénat, pour emporter la bataille parlementaire, les intéressés, conscients du rôle qu’ils vont pouvoir jouer face à la majorité présidentielle, réclament des gages supplémentaires sur une réforme qu’ils ont pourtant appelé de leurs vœux pendant des années.

« A priori, deux-tiers des Français ne sont pas satisfaits de la réforme, et ça va croissant depuis qu’on la connaît », relève le sénateur LR Jérôme Bascher, secrétaire de la commission des finances. La faute selon lui au manque d’ambition du volet social de la réforme, qui « crée de l’inquiétude, plutôt que de l’envie et des aspirations. » S’il soutient le volet « comptable » du texte, qui reprend la ligne défendue par la majorité sénatoriale de droite et du centre depuis plusieurs années, à savoir un report de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, il estime que les mesures destinées à accompagner cet allongement ont plutôt été « maltraitées par le gouvernement ».

« On votera notre réforme, pas forcément celle du gouvernement »

« Avec LR et le Sénat, nous ferons attention à apporter un équilibre de justice pour les petites retraites et les carrières longues, mais aussi sur la pénibilité », explique l’élu de l’Oise, qui était invité ce jeudi matin de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Ces sujets-là ne sont pas assez bien traités. Le gouvernement ne dit pas tout à fait ses intentions et fait un peu trop de 'en même temps' sur la justice sociale », pointe-t-il. « En l’état je ne la voterai pas, car je veux aussi de l’équilibre social », lâche enfin Jérôme Bascher.

Une position partagée par plusieurs de ses confrères au Palais du Luxembourg, assure-t-il, tandis qu’à l’Assemblée nationale, le noyau des LR réfractaires à cette réforme gravite principalement autour du nouveau vice-président du parti, le député du Lot Aurélien Pradié. « On votera la nôtre [une version de la réforme amendée par le Sénat] et pas forcément celle du gouvernement », souligne encore Jérôme Bascher.

Plusieurs sujets d’amélioration

Parmi les points sur lesquels il attend des éclaircissements : la revalorisation à 1 200 euros des petites retraites, dont on ignore encore si cette hausse bénéficiera aussi - et sous quelles modalités ? - aux personnes qui n’ont pas de pension à taux plein. « Est-ce que ce sont ceux qui vont partir en retraite avec une carrière complète qui seront à 85 % du Smic net, où est-ce que c’est le stock ? », interroge le sénateur.

Autre grief : un manque d’ambition sur l’employabilité des seniors. Ce proche de Xavier Bertrand appelle le patronat à « changer de logiciel » et à intégrer le fait que la productivité d’un salarié âgé à tendance à diminuer en fin de carrière. « L’index seniors, ça ne marche pas, c’est une usine à gaz, un pis-aller ! », s’agace Jérôme Bacher. « Il faut aller plus loin pour que les entreprises, notamment les plus grandes, conservent les seniors », martèle-t-il, sans toutefois aller jusqu’à prôner la mise en place de mesures contraignantes pour les employeurs.

>> Lire notre article : Réforme des retraites : les grands ratés des dispositifs pour l’emploi des seniors

Enfin, Jérôme Bascher évoque la possibilité d’un départ progressif à la retraite pour adapter la pénibilité des carrières à l’allongement de la durée de travail. « Lorsqu’un professeur en fin de parcours se retrouve face à des gamins d’aujourd’hui, par rapport à ceux qu’il a connus il y a 40 ans, ça n’est plus la même chose et c’est parfois plus fatigant. On peut regarder ce qu’il y a à faire sur les retraites progressives. »

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