Retraites : « Il n’y a pas dans les tuyaux du gouvernement de procédure 49-3 », déclare Marc Fesneau
Le ministre chargé des Relations avec le Parlement a répété sa « confiance » dans les partenaires sociaux à dégager des solutions pour assurer l’équilibre à court terme du système de retraite. Il rappelle aussi que le Parlement jouera tout son rôle et a démenti toute idée de recours au 49-3.

Retraites : « Il n’y a pas dans les tuyaux du gouvernement de procédure 49-3 », déclare Marc Fesneau

Le ministre chargé des Relations avec le Parlement a répété sa « confiance » dans les partenaires sociaux à dégager des solutions pour assurer l’équilibre à court terme du système de retraite. Il rappelle aussi que le Parlement jouera tout son rôle et a démenti toute idée de recours au 49-3.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après son geste du week-end – le retrait provisoire de l’âge pivot pour la période 2022-2027 dans le projet de loi – le gouvernement compte désormais sur l’imagination des partenaires sociaux pour trouver d’autres solutions susceptibles d’assurer l’équilibre budgétaire à court terme du système de retraites. La marge de manœuvre est très étroite : le gouvernement ne veut pas toucher au niveau des pensions, le patronat refuse catégoriquement toute augmentation des cotisations.

Est-ce à dire que l’âge pivot fera son retour, une fois la conférence de financement achevée fin avril ? Marc Fesneau assure ce lundi 13 janvier que le gouvernement était de bonne foi. « On ne peut pas lancer ce débat-là et dire qu’on est prêt à dialoguer et commencer par dire : de toute façon on ira à l’âge pivot. Depuis le début, le Premier ministre a dit que l’âge pivot, c’était ouvert à la discussion », martèle le ministre chargé des Relations avec le Parlement, dans l’émission « Audition publique », de Public Sénat en partenariat avec LCP et Le Figaro Live. « Si on avait comme objet de définitivement mettre l’âge pivot, on n’aurait pas retiré l’âge pivot. Si on l’a retiré provisoirement, c’est bien avec la volonté qu’on trouve d’autres solutions. »

Marc Fesneau fait notamment « confiance » aux partenaires sociaux pour mettre sur la table des « cocktails de mesure », comme certains syndicats l’envisagent. Et « trouver des voies de compromis qui ne sont pas des compromissions ». « On n'a pas un totem autour de l'âge pivot. Notre obsession, c'est de faire en sorte que le système de retraite, pour être crédible, soit financé », répète-t-il.

Retraites : « On n'a pas un totem autour de l'âge pivot », martèle Marc Fesneau
03:08

En avril, « le Sénat pourra se saisir avec des éléments budgétaires »

Fidèle à ses fondamentaux, le discours du gouvernement n’a donc finalement pas beaucoup évolué, après 40 jours de grève. Concernant le calendrier législatif, la lettre du Premier ministre aux partenaires sociaux pose un problème : la conférence de financement, qui rendra ses conclusions à la fin du mois avril va se télescoper avec le débat avec le débat parlementaire. L’Assemblée nationale aura terminé sa première lecture, le Sénat sera, dans le meilleur des cas, en plein dedans.

« Le Parlement pourra délibérer valablement », tient à rassurer le ministre chargé de gérer l’agenda parlementaire. « Pour ce qui est du Sénat, la lecture étant fin avril, le Sénat pourra se saisir avec des éléments budgétaires. Quant à l’Assemblée nationale, il y aura une deuxième lecture. Probablement : je ne vois pas qu’il y a une commission mixte paritaire conclusive sur le sujet », explique-t-il.

Sur la méthode, le ministre tient à faire taire les rumeurs d’un éventuel recours au 49-3, ce point de la Constitution qui permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans débat. Selon le JDD, cette arme législative a été évoquée lors d’un dîner à l’Élysée mardi soir. « Il n’y a pas dans les tuyaux du gouvernement de procédure 49-3 », réagit Marc Fesneau, qui affirme ne « pas craindre » le débat. Ce haut responsable du MoDem ne voit en effet aucune raison sérieuse d’utiliser cette procédure : la majorité présidentielle « est très alignée sur les objectifs de la réforme et son mécanisme », selon lui. Et l’opposition ne lui semble pas se diriger vers une obstruction.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le