Retraites : « Ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat »
« Temps long », « confiance », « concertation », « responsabilité ». À la veille d’une très forte mobilisation de la RATP, Édouard Philippe n’a pas ménagé ses efforts pour présenter la future réforme des retraites de façon la plus apaisée possible. Le texte sera présenté au Parlement d’ici l’été prochain.

Retraites : « Ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat »

« Temps long », « confiance », « concertation », « responsabilité ». À la veille d’une très forte mobilisation de la RATP, Édouard Philippe n’a pas ménagé ses efforts pour présenter la future réforme des retraites de façon la plus apaisée possible. Le texte sera présenté au Parlement d’ici l’été prochain.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Sans doute pourrions-nous l’écrire dans nos bureaux. Ce serait une erreur et ce n’est pas comme ça que nous allons faire. J’ai demandé au Haut-Commissaire (aux retraites) de lancer dès la semaine prochaine un cycle de discussions et d’écriture ». Depuis le siège du Conseil économique social et environnemental (CESE), Édouard Philippe a donné le top départ d’un long processus législatif qui devrait aboutir à un vote du Parlement l’été prochain. Avant cela, l’avant-projet de loi fera l'objet de « consultations citoyennes » de fin septembre « jusqu'à la fin de l'année ».

« Plus d’écoute, plus de dialogue avec les corps intermédiaires »

Dans la lignée de sa dernière déclaration de politique générale, marquant le début de l’acte II du quinquennat, Édouard Philippe souhaite montrer qu’il a bien retenu la leçon de la crise des gilets jaunes, symbolisé selon le Premier ministre en juin dernier, par un sentiment « d’incompréhension et de dépossession » des Français. « La méthode que nous voulons utiliser pour ce grand projet (…) plus d’écoute, plus de dialogue avec les corps intermédiaires » a-t-il souligné.

« C’est une opération pour calmer le jeu car le gouvernement est en train de mesurer l’impopularité de la réforme. Édouard Philippe sait très bien que les Français sont hostiles au recul de l’âge de la retraite. Et c’est bien pour ça qu’ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat » observe la sénatrice communiste Laurence Cohen.

Des mobilisations pour défendre les régimes spéciaux

L’automne s’annonce, en effet, tendu pour le gouvernement. Vendredi, une grève à la RATP devrait toucher l’ensemble du réseau d’Ile-de-France. Une mobilisation destinée à sauver leur régime spécial de retraite, qui devrait être amené à disparaître avec la mise en place progressivement du « système universel » voulu par l’exécutif. Lundi, les avocats ont eux aussi annoncé une mobilisation « extrêmement forte » à Paris à laquelle pourraient se joindre des médecins, infirmières, kinésithérapeutes, pilotes de ligne, hôtesses et stewards. Force ouvrière (FO) prévoit pour sa part un rassemblement le 21 septembre à Paris. La Confédération générale du travail (CGT), Solidaires et SUD-Rail défileront ensemble le 24 septembre.

« L’idée de travailler plus longtemps n’était plus taboue »

Sur le fond de la réforme, Édouard Philippe a bien essayé de rassurer, en indiquant, par exemple, que les notions de pénibilité et de danger seraient intégrées dans le futur système. En ce qui concerne la transition des 42 régimes existants vers le futur système unique, le Premier ministre a évoqué la date de 2040. L’entrée dans le nouveau système ne concernera que les personnes nées après 1963, au plus tôt. Misant sur « le temps long et « un débat serein » guidé par des objectifs de « justice » et de « solidarité », il a néanmoins indiqué « que l’idée de travailler plus longtemps n’était plus taboue ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le