Retraites : « Ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat »
« Temps long », « confiance », « concertation », « responsabilité ». À la veille d’une très forte mobilisation de la RATP, Édouard Philippe n’a pas ménagé ses efforts pour présenter la future réforme des retraites de façon la plus apaisée possible. Le texte sera présenté au Parlement d’ici l’été prochain.

Retraites : « Ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat »

« Temps long », « confiance », « concertation », « responsabilité ». À la veille d’une très forte mobilisation de la RATP, Édouard Philippe n’a pas ménagé ses efforts pour présenter la future réforme des retraites de façon la plus apaisée possible. Le texte sera présenté au Parlement d’ici l’été prochain.
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« Sans doute pourrions-nous l’écrire dans nos bureaux. Ce serait une erreur et ce n’est pas comme ça que nous allons faire. J’ai demandé au Haut-Commissaire (aux retraites) de lancer dès la semaine prochaine un cycle de discussions et d’écriture ». Depuis le siège du Conseil économique social et environnemental (CESE), Édouard Philippe a donné le top départ d’un long processus législatif qui devrait aboutir à un vote du Parlement l’été prochain. Avant cela, l’avant-projet de loi fera l'objet de « consultations citoyennes » de fin septembre « jusqu'à la fin de l'année ».

« Plus d’écoute, plus de dialogue avec les corps intermédiaires »

Dans la lignée de sa dernière déclaration de politique générale, marquant le début de l’acte II du quinquennat, Édouard Philippe souhaite montrer qu’il a bien retenu la leçon de la crise des gilets jaunes, symbolisé selon le Premier ministre en juin dernier, par un sentiment « d’incompréhension et de dépossession » des Français. « La méthode que nous voulons utiliser pour ce grand projet (…) plus d’écoute, plus de dialogue avec les corps intermédiaires » a-t-il souligné.

« C’est une opération pour calmer le jeu car le gouvernement est en train de mesurer l’impopularité de la réforme. Édouard Philippe sait très bien que les Français sont hostiles au recul de l’âge de la retraite. Et c’est bien pour ça qu’ils sont en train de nous refaire le coup du grand débat » observe la sénatrice communiste Laurence Cohen.

Des mobilisations pour défendre les régimes spéciaux

L’automne s’annonce, en effet, tendu pour le gouvernement. Vendredi, une grève à la RATP devrait toucher l’ensemble du réseau d’Ile-de-France. Une mobilisation destinée à sauver leur régime spécial de retraite, qui devrait être amené à disparaître avec la mise en place progressivement du « système universel » voulu par l’exécutif. Lundi, les avocats ont eux aussi annoncé une mobilisation « extrêmement forte » à Paris à laquelle pourraient se joindre des médecins, infirmières, kinésithérapeutes, pilotes de ligne, hôtesses et stewards. Force ouvrière (FO) prévoit pour sa part un rassemblement le 21 septembre à Paris. La Confédération générale du travail (CGT), Solidaires et SUD-Rail défileront ensemble le 24 septembre.

« L’idée de travailler plus longtemps n’était plus taboue »

Sur le fond de la réforme, Édouard Philippe a bien essayé de rassurer, en indiquant, par exemple, que les notions de pénibilité et de danger seraient intégrées dans le futur système. En ce qui concerne la transition des 42 régimes existants vers le futur système unique, le Premier ministre a évoqué la date de 2040. L’entrée dans le nouveau système ne concernera que les personnes nées après 1963, au plus tôt. Misant sur « le temps long et « un débat serein » guidé par des objectifs de « justice » et de « solidarité », il a néanmoins indiqué « que l’idée de travailler plus longtemps n’était plus taboue ».

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