Retraites : Jérôme Guedj (PS) menace François Bayrou de censure, « si on n’est pas dans les conditions de pouvoir faire bouger l’âge légal »

Alors que le « conclave » des partenaires sociaux sur la réforme des retraites s’ouvre ce vendredi, Jérôme Guedj pose les conditions d’une censure des socialistes à la suite des négociations. Pour le député, la question de l’âge légal reste « la clé de voute » du débat. Si le Premier ministre ne propose pas au Parlement de revenir dessus, il risque la censure.
Rose-Amélie Bécel

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Après avoir échappé à une première motion de censure dans la journée de jeudi, le Premier ministre réunit ce 17 janvier les partenaires sociaux pour inaugurer son « conclave » sur la réforme des retraites. Une rencontre à haut risque, où patronat et syndicats pourraient s’opposer notamment sur la question de l’âge légal de départ. Au risque qu’aucun nouveau compromis ne soit ensuite examiné par les parlementaires ?

« Le Parlement aura, en tout état de cause, le dernier mot », a précisé François Bayrou dans un courrier adressé aux parlementaires socialistes. Une nouvelle avancée dont se réjouit le député socialiste Jérôme Guedj, sur le plateau de Parlement Hebdo : « François Bayrou a bien précisé que, dans tous les cas de figure, le Parlement aura le dernier mot. Je m’en félicite. C’est la raison pour laquelle, entre le discours de politique générale et le vote de la censure, nous avons continué la négociation. »

« Personne n’est propriétaire du rassemblement de la gauche », répond Jérôme Guedj à Jean-Luc Mélenchon

Malgré cette première victoire, les socialistes entendent bien maintenir la pression. Interrogé sur les conditions que posait son groupe à une censure du Premier ministre, Jérôme Guedj a bien précisé qu’elle pourrait bien être votée, « si nous ne sommes pas dans les conditions de pouvoir traiter, faire bouger, l’âge légal tel qu’il est aujourd’hui ». « L’âge légal, c’est la clé de voute, c’est ce qui a mobilisé les Français contre cette réforme injuste, mal préparée et adoptée par 49.3 », précise le député.

La censure, les autres groupes qui composent le Nouveau Front populaire l’ont déjà votée ce 16 janvier. Un choix qui attise les divisions entre le Parti socialiste et La France insoumise. « Ceux qui ne voteront pas la censure qui suivra le vote du budget seront avec le Gouvernement et non plus dans l’opposition », a déjà menacé Jean-Luc Mélenchon, dans un discours ce 16 janvier.

« Personne n’est propriétaire du rassemblement de la gauche et des écologistes », réagit Jérôme Guedj. « Nous avons un désaccord stratégique. La priorité des insoumis, c’est la destitution ou la démission du président. Notre priorité, c’est d’avoir des avancées concrètes pour les Français, de la stabilité », observe le député socialiste, tout en rappelant que son groupe reste « dans l’opposition ».

« Il faut aussi que la droite vote ce budget », alerte Olivier Paccaud

En attendant le retour des débats sur la réforme des retraites dans l’hémicycle, c’est le projet de loi de finances qui est de nouveau examiné au Sénat, après la suspension des débats en décembre suite à la censure du gouvernement Barnier. Ce samedi 18 janvier, le gouvernement défendra une modification importante de la copie du précédent Premier : l’annulation de la suppression de 4 000 postes d’enseignants.

Face à cette mesure très impopulaire, la commission des finances et la commission de la culture du Sénat était déjà parvenue au compromis au mois de décembre, en adoptant un amendement faisant passer ces suppressions de poste de 4 000 à 2 000. « Une mesure sage et surtout financée », souligne le rapporteur spécial de la commission des finances Olivier Paccaud. Si le sénateur Les Républicains n’est pas fermement opposé à l’annulation complète de ces suppressions de poste, il s’interroge : « Il faut voir comment François Bayrou finance. »

Globalement, le sénateur est plutôt réservé sur la copie budgétaire présentée par le Premier ministre. « C’est un budget qui peut plus satisfaire la gauche que la droite. Il n’y a pas assez d’économies visibles, concrètes », remarque Olivier Paccaud, « on oublie totalement qu’on est à plus de 3300 milliards de dettes ». Pour estimer la durée de vie d’un gouvernement Bayrou encore fragile, le sénateur rappelle que les regards ne doivent pas seulement se tourner vers la gauche : « Il faut aussi que la droite vote ce budget, je ne rigole pas ! »

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